CENTENAIRE
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  les cahiers du Centenaire
15-11-2010

Célébration du centenaire de l'Algérie française
Jacques Vidal Texte issu , avec autorisation, de la revue n°65, octobre 2010 d"A.F.N. Collections"http://afn.collections.free.fr/pages/bulletin.htm

nov. 2014
Alger a fêté solennellement le centenaire et le cinquantenaire de l'école laïque
Echo d'Alger du dimanche 21-6-1931 - Transmis par Francis Rambert:
9-10-2004 La vie quotidienne à Blida en 1930 par Georges-Pierre HOURANT
février 2018
La première des cérémonies organisées pour glorifier l'armée d'Afrique s'est déroulée hier matin devant la gare d'Alger - Avant la réception des drapeaux
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Echo 3-6-1930

mars 2018
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dans la rade d'Alger
mars 2018
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6 et 7-5-1930
avril 2018
Centenaire de la Légion Étrangère - 1931
   

CÉLÉBRATION DU CENTENAIRE DE L'ALGÉRIE FRANÇAISE

1930, voilà cent ans que l'Algérie fait partie intégrante de la France.

Cent ans, exactement le 13 juin 1830 que, sur la plage de Sidi-Ferruch nos troupes ont donné à notre pays, l'un des plus beaux fleurons de notre empire colonial.

Rappel des faits

Ce jour là, plus de cent bâtiments de la marine nationale et quatre cents navires de commerce ont accosté sur les côtes de Sidi-Ferruch. Les troupes du général Berthezène ont réduit au silence les armes turques et arabes.

C'est le maréchal de camp Poret de Morvan qui, à la tête de ses soldats foula le premier le sol algérien. Il fallut plusieurs jours pour que notre victoire fut complète, et ce n'est que dans les premiers jours de juillet que le général de Bourmont dicte un acte de reddition et le fait signer par le Bey d'Alger.

Le 5 juillet 1830 les troupes françaises entrent dans Alger.

Mise en place des préparatifs du centenaire.

Le gouvernement français décide qu'il fallait dignement commémorer le centenaire de notre présence en Algérie.

En 1929 un comité de propagande est créé pour mettre en place tous les préparatifs nécessaires, tant sur le plan financier, historique et d'information.

Parfois mal informés sur l'oeuvre de la France en Algérie, les métropolitains se devaient de connaître cette partie de notre histoire et honorer ces milliers d'hommes et de femmes qui ont tout donné à cette terre.

Combien de soldats ont remplacé leurs fusils par la pioche et la charrue pour défricher, planter, bâtir, mourant parfois d'épuisement et de maladies.

Des crédits furent votés. La presse informe le public par de larges échos, comme dans la belle revue mensuelle " L'Illustration ".

Douze numéros des " Cahiers du Centenaire de l'Algérie " ont été édités et largement diffusés aussi bien en Algérie qu'en Métropole, notamment dans les écoles pour être mis à la disposition des enseignants et des élèves.

Simultanément une grande exposition a été organisée à Paris, au Petit Palais, des documents, archives et tableaux relatant toute l'épopée algérienne, et visitée par de nombreux Parisiens.

Les grands peintres de l'Algérie, tels Delacroix, Fromentin, Horace Vernet et d'autres firent sensation !

Le voyage du Président Gaston Doumergue.

En ce début de mai 1930 de nombreux touristes embarquent au port de Marseille sur les courriers d'Alger ou sur " L'El-Goléa " à Port-Vendres.

Le 3 mai, le Président de la République, accompagné de plusieurs ministres et du Maréchal Franchet d'Espérey embarque sur le croiseur Duquesne à Toulon (Cent ans auparavant, le 3 mai 1830, c'est le duc d'Angoulême, représentant le R Charles X qui vint saluer le corps expéditionnaire à Toulon.)

En ce matin du 4 mai il régnait à Alger une grande effervescence.

L'arrivée du Président Doumergue en rade d'Alger était un moment inoubliable. Pour l'accueillir une grande partie des forces navales est déployée sur deux lignes : En tête, le bâtiment amiral " Provence ", commandé par le Vice-Amiral Durand-Viel, puis des croiseurs, torpilleurs, en tout quatre-vingts navires.

Ensuite se profilant à l'horizon, une division comprenant le " Duquesne " (bateau présidentiel) suivi par le " Colbert " et le " Suffren ".

Sur le quai, une foule immense, toutes communautés confondues, acclame l'arrivée des autorités.

Une escorte d'honneur, formée par un escadron de spahis a revêtu pour l'occasion leurs anciens uniformes : pantalons bleu-ciel, tunique et manteau rouge.

Dès son arrivée, le Président Doumergue rend hommage aux morts de la grande guerre en se rendant au Monument situé au Bd Laferrière.

En fin de matinée, direction le Palais d'Eté où il est reçu par les autorités civiles et militaires.

Après un repas pris en compagnie du Gouverneur général il se rend à l'Hippodrome du Caroubier où une foule immense l'attendait.

C'est alors le défilé tant attendu. Jamais un défilé ne fut aussi grandiose que celui-ci ! Digne d'une production hollywoodienne. La nouba et la musique de la Légion Etrangère ont accompagné ce spectacle.

En première partie on pouvait applaudir des détachements de Tirailleurs, puis caracolant sur leurs montures, les goumiers, les gendarmes ainsi que les méharistes.

La seconde partie du défilé se voulait une reconstitution de la légendaire armée d'Afrique de 1830.

Tout y était ! Les grenadiers, les voltigeurs, les chasseurs avec leurs shakos, les marins de l'amiral Duperré, les gendarmes et leurs bicornes et les zouaves.

C'est le Colonel Doury qui fut chargé de régler ce défilé.

Il était 19 heures lorsque le Président Doumergue rejoint l'hôtel de ville, invité par Mr Brunel, maire d'Alger.

Cette journée du 4 mai se termine au Palais d'été par un éblouissant feu d'artifice qui illumine toute la ville.

Le lendemain 5 mai, il visite Boufarik, la Mitidja et ses vignobles, les cultures de tabac.

Mr Froger, maire de Boufarik le reçut en grande pompe.

La visite se poursuivit à Sidi-Ferruch, une halte nécessaire pour visiter le monument commémorant le débarquement du 14 mai 1830.
Visite également à Kouba, puis retour à Alger.

Pendant dix jours le Président visite d'autres villes, ne ménageant pas sa fatigue, dormant parfois dans les trains.

Le 7 mai il est à Constantine, accueil triomphant des habitants et du député-maire, Mr. Morinaud.

Le cortège traverse la ville pour se rendre place Nemours où est érigé le monument des combattants.
C'est ensuite la visite du monument aux Morts qui se dresse au sommet du plateau de Sidi-M'Cid. Un immense piédestal face à l'infini !
Le 8 mai, toujours par chemin de fer, il rejoint Bône ; il y est reçu par le député Mr. Gaston Thomson. C'est toujours le même accueil chaleureux.

En fin de journée il embarque sur le Duquesne. Plein cap sur Alger.

Le 10 mai il assiste à Alger à une grande parade navale, apothéose des fêtes du Centenaire !

Le Président et sa suite embarquent sur le Duquesne qui appareille et vient mouiller à quelques mètres au Nord-Est du port.

De là, la délégation présidentielle assiste à un spectacle d'une beauté rarement atteinte. Les bâtiments forment trois colonnes :
La lère colonne est composée de trois cuirassés, le " Provence ", le " Bretagne " et le " Paris ", ainsi que du porte-avion " Béarn ".
En 2ème colonne, le " Jaguar " et des torpilleurs et enfin divers autres navires guerre.

Chaque unité se présente à la hauteur du " Duquesne ", salue le pavillon présidentiel et disparaît Cap-Nord.

Dans les airs évoluent des avions de plusieurs escadrilles.

Visite à Oran

Enfin et pour clore les fêtes du Centenaire, c'est l'Oranie qui vient saluer le Président de la République.
Partant d'Alger, par chemin de fer il visite plusieurs villes, Blida, Orléansville, Perrégaux et enfin Oran.
Venant des bourgades avoisinantes, plus de cent mille oranais accueillent Gaston Doumergue.
Le 13 mai réception à la mairie par Mr. Molle, maire d'Oran, visite de la ville, du po Santa-Cruz et de l'hôpital militaire.
Il se rend ensuite à l'exposition que la ville d'Oran a organisée pour fêter le centenaire.
Pour cette occasion Mers-el-Kébir avait rassemblé dans le port une partie de la flotte méditerranéenne.
Voilà ce périple terminé ! Le 14 mai il rejoint le palais de l'Elysée, la mémoire remplie de souvenirs et le coeur réchauffé par tant de chaleur humaine reçue tout au long de ces quelques jours passés en Algérie.
Fier de l'oeuvre réalisée par la France ces 100 premières années, peut-être pensait-il qu'un jour, dans 100 ans un de ses successeurs fêterait aussi dignement... 2030

Mais ceci est une autre histoire.

Jacques VIDAL

Crédit documentaire.
-L'illustration, n°4551, mai 1930.
-Le livre d'Or du Centenaire