Alger - l'Algérie
BREVES MONOGRAPHIES COMMUNALES
Les quatre communes de la troisième ceinture du Fahs

Texte, illustrations : Georges Bouchet

o        ZÉRALDA

mise sur site le 27-4-2008

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o      ZÉRALDA


Historiquement ce village était inscrit dans la logique de la troisième ceinture de " l'obstacle continu " exposé par le Comte Guyot, Directeur de l'Intérieur et de la Colonisation, dans son plan daté du 12 mars 1842.

Malheureusement le nom de Zéralda ne figure pas dans la liste des villages à créer énumérés dans ce texte fondateur de la création des premiers villages de colonisation par décision d'état. Les quatre noms des futurs villages de cette troisième ceinture donnés par Guyot sont : Douéra, Mahelma, Boukandoura et El Hadjer. On pourrait imaginer que c'est seulement le nom d'El Hadjer qui a été remplacé par le toponyme Zéralda. Mais ce que Guyot écrit sur le futur El Hadjer " situé sur un plateau dominant le Mazafran " rend cette hypothèse insoutenable car Zéralda est dans la plaine et non sur le plateau.

Il semble que ce soit la distance entre les camps de Staouéli et de Koléa (19km) qui ait été jugée excessive et ait suscité le besoin d'une étape intermédiaire sur la route d'Alger à Koléa par le nord. Le projet d'El Hadjer situé sur un plateau à l'écart de la route déjà tracée dans la plaine littorale a été abandonné au profit du site de Zéralda plus commode. A vrai dire le choix définitif du site, un gué sur l'oued Mahelma, a placé le bivouac supplémentaire plus près de Staouéli (7km) que de Koléa (12km) vieille garnison turque entourée de murailles sise sur une colline et facile à défendre.

La création de Zéralda obéit donc d'abord, comme toutes les créations de village de l'époque, à un impératif stratégique. Le texte fondateur, un arrêté du Gouvernement Général, est du 13 septembre 1844 ; et le peuplement du village de 1845. A ce moment il y avait bien à Staouéli un camp ou un bivouac militaire, mais pas encore le village qui n'apparaît qu'en 1855. Entre les villages de Chéragas et de Zéralda, il y avait 13km.

Il s'agit au début d'un modeste village de 30 familles établies sur des concessions d'une dizaine d'hectares, ou un peu moins. Pour une fois les terres concédées, 300ha environ, n'ont été ni saisies, ni séquestrées, ni expropriées : elles ont été achetées à deux propriétaires anglais, le consul et un adjoint, qui avaient succédé, je ne sais dans quelles conditions, à un haut fonctionnaire ottoman.

La commune de Zéralda resta très longtemps dépendante ; de Koléa jusqu'en 1860, puis de Chéragas jusqu'en 1887, puis de Staouéli jusqu'en 1905. Cette dernière date, un peu tardive, permet de supposer un développement assez lent jusqu'à l'arrivée du chemin de fer en 1900.

Les premiers colons, comme partout dans le Sahel des années 1840 et 1850 cultivaient fourrages et céréales. La vigne fut plantée à la fin du siècle et élimina presque complètement les cultures précédentes. La voie ferrée a rapproché Zéralda d'Alger et permit le tout début de nouvelles activités appelées à se développer surtout après 1945, le maraîchage et le tourisme dominical balnéaire. Le train desservait non seulement le village de Zéralda, qu'il traversait au milieu de la rue principale, mais également une halte plus à l'ouest, dénommée Sidi Meunif (ou Sidi Ménif), près de laquelle furent bâties de grandes caves.

Après la défaite de 1940 la commune a retrouvé un rôle militaire dans sa partie forestière. En effet après l'armistice de Rethondes qui nous avait imposé la suppression du service militaire, on y avait installé un " Chantier de Jeunesse " pour les garçons de vingt ans comme succédané du service militaire. Cette institution, créée par Pétain (loi du 3 juillet 1940), reçut sa dénomination définitive en septembre.

Le débarquement américain de novembre 1942 mit fin aux Chantiers de Jeunesse et rétablit, en Afrique du nord seulement, la conscription. Pour les anciens des Chantiers, le temps qu'ils y ont passé sera validé comme service militaire. Le chantier de Zéralda devint centre d'Instruction du premier régiment de tirailleurs algériens, puis centre de préparation avant l'embarquement pour l'Indochine.

Avec les " événements " après 1954 ce camp devint un centre de repos pour un bataillon de parachutistes de la Légion (1er BEP), puis en 1957 centre de repos du premier régiment étranger (1er REP ; régiment étranger parachutiste). Ce sont les soldats de ce camp qui furent engagés dans la mésaventure dite du putsch des Généraux en avril 1961.

Quelques dates

1844 - 13 septembre ; arrêté de création de la commune de Zéralda, comme annexe de Koléa
1845 - Surveillance par l'Administration de la forêt des Planteurs
1860 - Rattachement de Zéralda à la commune de Chéragas
1875 - Consécration par Mgr Lavigerie de l'église Sainte Marie Madeleine
1887 - Rattachement de Zéralda à la commune de Staouéli
1898 - Création de l'harmonie " Avenir musical "
1900 - Ouverture de la voie ferrée (tronc commune des lignes d'Alger à Koléa et Castiglione)
1903 - Achèvement de la voie ferrée de Castiglione
1905 - Zéralda est promu CPE
Inauguration d'un nouveau groupe scolaire à 6 classes
1935 - Suppression du trafic ferroviaire
1936 - Lotissement balnéaire des Sables d'Or à Zéralda-Plage
1940 - Ouverture, dans la forêt, d'un chantier de jeunesse
1942 - Le chantier est reconverti en centre d'instruction du 1er régiment de tirailleurs
1945 - Ce centre regroupe les soldats désignés pour partir en Indochine
1950 - Ouverture d'un centre de vacances sur la plage des sables d'or
1955 - Ouverture du camp de repos du 1er BEP
1957 - Ce camp devient la base arrière et le camp de repos du 1er REP
1961 - Dissolution du 1er REP

Le territoire communal

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Territoire communal de Zéralda
Territoire communal de Zéralda

La commune de Zéralda est littorale avec 5 ou 6 km de plages de sable fin étirées entre un modeste oued à l'est (oued Lagaa plus connu sous le nom de Ravin des Voleurs) et une vraie rivière à l'ouest (le Mazafran). Sa superficie dépasse légèrement les 3000 ha.

On doit y distinguer quatre zones clairement distinctes, et par le relief, et par la végétation ou les cultures.

         Une longue plage bordée de dunes en partie fixées par des pins et tout à fait rectiligne. Le cordon dunaire est assez large pour gêner l'écoulement des eaux des petits oueds descendus des collines de Mahelma. Cette gêne explique qu'en 1840 les terres les plus basses étaient marécageuses en période de pluies. La région était paludéenne et difficile à mettre en culture. Il fallut drainer pour bonifier les terres : pour les points les plus humides on enterra sous les dunes une conduite qui permit d'évacuer vers la mer les eaux en excédent.

Cette plage est restée déserte jusqu'aux années 1930. Après cette date le lotissement des sables d'or a été créé, qui a connu un rapide essor après 1945, avec village de toiles, cabanons, belles villas, commerces et restaurants, dont un vietnamien dont je fus le client satisfait en 1957/1959. La clientèle venait d'Alger bien sûr, mais après 1940 et surtout après 1955 il s'y ajouta la clientèle des soldats cantonnés dans les camps militaires installés dans la forêt des Planteurs.

         La plaine derrière les dunes est en pente faible entre le bas des collines de Mahelma, à 100m d'altitude, et la route nationale 11 à 20 ou 30 m. A une échelle très réduite c'est une sorte de " plaine de piedmont " formée par les alluvions apportées par les ravins descendus des collines. Avec ses vignobles, ses parcelles de cultures maraîchères, la RN 11et le village, c'est le cœur de la commune. C'est là que se trouvaient l'essentiel des ressources et des habitants.

La vigne plantée après 1870 a régressé après 1930 au profit du maraîchage ; mais elle n'avait pas disparu, loin s'en faut. Il y avait des vignobles pour le chasselas à exporter en France, et des vignobles pour le vin.
La culture des primeurs était le fait de très petites exploitations (3 ou 4ha, contre 10 à12 pour les vignes à vin). Les champs étaient entourés de haies de roseaux et desservis par de nombreux chemins d'exploitation qui dessinent, sur la carte, un dense réseau orthogonal, au sud du village.

Les récoltes étaient destinées au marché métropolitain ; ce qui exigeait une présentation impeccable du produit. L'emballage et l'expédition étaient assurés par une dizaine d'entreprises spécialisées établies au village. Le contrôle de qualité final était aléatoire : ce sont des agents de l'OFALAC (Office algérien d'action économique et touristique) qui, sur le quai d'embarquement du port d'Alger, choisissaient un cageot ou une cagette au hasard. Si le cageot inspecté était rejeté, c'est tout le lot qui était renvoyé à l'expéditeur. Les principales récoltes étaient celles de tomates, de carottes et de pommes de terre. Ces dernières pouvaient être plantées dans les vignes en tant culture intercalaire.

L'essor du maraîchage a été favorisé ici, comme ailleurs sur la côte, par la douceur des hivers, la richesse de la nappe phréatique et la diminution de la durée du transport vers Marseille ou Paris, même si le recours à l'avion, parfois cité, ne pouvait être que très exceptionnel.

         La forêt des Planteurs
Sur la carte elle porte le nom étrange de forêt de Saint Ferdinand alors qu'elle n'empiète pas sur le territoire de cette commune voisine. Il devait y avoir des surfaces boisées dès l'époque ottomane, moitié forêt, moitié broussailles puisqu'un garde forestier paraît avoir été nommé dès la création du village, et que des textes de l'époque signalent la présence de bûcherons travaillant dans la commune. La rigueur géométrique des limites de cette forêt souligne le rôle prééminent de l'Administration des Eaux et forêts dans le paysage définitif. La forêt des Planteurs a été pour une large part " plantée ", notamment en pins dès le début et en eucalyptus plus tard. Les forestiers ont aussi tracé les layons qui ont permis aux promeneurs dominicaux de l'automne de cueillir champignons (sanguins et cèpes), et arbouses ; et à ceux du printemps de chercher des cyclamens

Cette forêt a exercé une double fonction récréative et militaire. Tout comme les forêts semblables de Baïnem (communes de Guyotville et de Bouzaréa) et de Sidi Ferruch (commune de Staouéli) la forêt des Planteurs a été parcourue par les promeneurs dominicaux et estivaux attirés par le calme et diverses cueillettes. Les records d'affluence de Pâques et de la Pentecôte rassemblaient les mangeurs de mouna venus en famille.

Ce rôle n'est apparu qu'assez tardivement, pas avant l'arrivée du train en 1900, et n'a connu un véritable essor qu'avec les voitures familiales.

La fonction militaire primitive était de protéger les routes d'Alger et de Mahelma. La route de Mahelma et de Douéra qui matérialisait la troisième ceinture du plan Guyot, traverse la forêt : deux redoutes de surveillance avaient été construites à proximité, encore indiquées sur la carte des années 1930.

A la fin de la période française, après 1940 et plus encore après 1954 la forêt a servi à l'implantation de camps militaires d'entraînement, de regroupement ou de repos. Le nom de Zéralda fut, à la fin, associé à celui de la Légion.

Large environ de 2km pour 2,5km de long, la forêt avait une superficie comprise entre 500 et 600ha.

         Les collines du sud-ouest sont peu élevées ; 170m au maximum près du hameau du grand domaine de l'haouch Moga, et 140m au-dessus de la large vallée du Mazafran.

C'était une zone de vignobles sur les parties en pente modéré, et de broussailles épaisses sur le versant dominant la large vallée à méandres du Mazafran.

Pour être complet il faudrait ajouter, sur la rive droite de la rivière, l'espace défriché et cultivé d'un lobe de rive convexe bien dessiné et plat. On voit sur la carte l'indication d'une ferme et d'une maison au bord ou au bout d'un chemin en impasse. Les champs de la rive gauche, nettement plus étendus, appartiennent à la commune de Douaouda

Le village centre

Son plan est le plan en damier classique de presque tous les villages de colonisation. Son originalité est d'avoir une rue principale, en fait la RN 11 (d'Alger à Oran par la côte), située à la limite nord de l'agglomération, et non au centre.

Le village n'est nullement bâti sur une colline, mais sur un espace plat situé à l'un des points les plus bas de la commune derrière un cordon de dunes très aplaties et à peine plus hautes. L'altitude, à l'entrée du village, est de 21m.

Il a été implanté près d'un gué sur l'oued Mahelma, et bâti entièrement sur la rive gauche de ce tout petit oued qui n'a que 7km de long entre ses sources près de Mahelma et la mer.

En 1962 Zéralda possédait de nombreux commerces et services qui ne se trouvaient pas dans la plupart des villages du Sahel : des médecins, des agences bancaires, une gendarmerie, des ateliers d'entretien et de réparation du matériel agricole et des voitures, une gendarmerie un abattoir et un stade. Si l'on ajoute une dizaine d'entreprises de conditionnement des légumes et du chasselas destinés à la Métropole, cela fait beaucoup d'emplois non directement agricoles. Dès la fin du XIXè siècle il y avait un hôtel-restaurant et des cafés pour lesquels le rôle de garnison de la forêt toute proche fut une aubaine.

La rue principale : en fait la RN 11
L'église Sainte Marie Madeleine consacrée en 1875
La rue principale : en fait la RN 11
Les rails posés en 1900 sont ceux d'une voie étroite
Des maisons à étage qui confèrent un aspect urbain à cet endroit du village. Des commerces au rez-de-chaussée.
L'église Sainte Marie Madeleine consacrée en 1875
Elle est dans une rue au paysage caractéristique de tous les villages de colonisation : des trottoirs aménagés, des arbres, des maisons basses.

Le lotissement des sables d'or

Il n'est pas figuré sur la carte de 1930, et je n'ai que très peu d'informations utilisables ; seulement des souvenirs des années 1955-1959. En sus des villas construites près de la plage, il y avait au moins une longue rue en arrière bordée de maisons avec au moins un bon restaurant, le vietnamien déjà cité. Il n'y avait aucune installation portuaire, contrairement à Guyotville et à Sidi Ferruch.

La desserte de la commune et du village de Zéralda a été assurée pendant 35 ans, de 1900 à 1935, par les trains à vapeur des CFRA (Chemins de Fer sur Routes d'Algérie). La voie qui traversait la commune et le village d'est en ouest, en suivant le tracé de la RN , était commune aux deux terminus de Koléa atteint dès 1900 et de Castiglione atteint plus tard en 1903.

Entre 1900 et 1914 le train a concurrencé et tué les transports antérieurs par diligence ; après 1914 c'est l'essor des transports par camions et par autobus qui a entraîné la fermeture de la ligne en 1935.

Ensuite trois sociétés de cars ont assuré la desserte du village et de la commune :

o La Société R. et A. Roques dont les cars ne dépassaient pas Castiglione
o La Société des Messageries du Littoral et Transports Mory dont les cars allaient jusqu'à Ténès
o La Société des Routes Nord-Africaines dont les cars montaient à Koléa ou continuaient le long de la côte jusqu'à Fouka. Cette dernière société est la seule à desservir les plages de Zéralda, Douaouda et Fouka.

Supplément sur les réseaux des trains à vapeur des CFRA dans le Sahel

réseaux
réseau réalisé et les lignes projetées mais jamais construites.
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J'utilise le pluriel " réseaux " pour accompagner la carte ci-jointe qui concerne le modeste réseau réalisé et les lignes projetées mais jamais construites. Mon ambition est de commenter cette carte.

         Le réseau réalisé à l'ouest d'Alger par les CFRA
L'Algérie a commencé en 1859 à se préoccuper de construire des lignes de chemins de fer d'intérêt général à écartement normal. Pour les lignes d'intérêt local il fallut attendre 1883 car ce n'est qu'en juillet 1883 que la loi métropolitaine du 11 juin 1880 sur les chemins de fer d'intérêt local a été rendue applicable en Algérie, dans le cadre départemental.

En 1885 le Préfet d'Alger demande aux maires intéressés de se mettre d'accord sur les projets, à commencer par les tracés et l'écartement des voies. On choisit vite l'écartement de 1,055m (appelé voie métrique à l'époque).

En juillet 1887 le Conseil Général d'Alger, chargé de la construction des infrastructures, choisit les solutions les plus économiques :

o Plate-forme posé sur le bas-côté d'une route entre les villages
o Voie posée au milieu de la rue dans la traversée des villages
o Voie unique, avec quelques créneaux de croisement peu nombreux

Les lignes d'Alger à Koléa et d'Alger à Douéra furent classées parmi les lignes à créer d'urgence. Mais seule celle de Koléa fut effectivement construite.

Pour leur exploitation les voies réalisées seront confiées à des sociétés privées. Malgré une convention signée en 1891 avec la société belge du banquier Edouard Empain qui gérait des lignes en France, Belgique et Espagne (et plus tard en Russie, Chine et Egypte), c'est finalement à la société anonyme des CFRA que fut, le 20 juillet 1894, confiée l'exploitation des lignes en construction.

La DUP (déclaration d'utilité publique) de la voie Alger-Koléa avec embranchement vers Castiglione, est du 16 janvier 1892. Les mises en exploitation sont du 4 décembre 1900 pour Alger-Koléa et du premier avril 1903 pour l'embranchement Mazafran-Castiglione. La voie est commune jusqu'à la traversée du Mazafran sur un pont métallique de 77m de long. Elle se scinde aussitôt après. L'antenne vers Castiglione suit la RN 11 jusqu'au bout. La ligne de Koléa remonte la large vallée du Mazafran jusqu'à la plaine de la Mitidja et ne grimpe qu'ensuite à Koléa. par une rampe posée à l'écart de la route trop raide, le dénivelé étant de 113m (de 13 à 126m).

En 1905 l'arrivée à Alger fut améliorée par le creusement d'un tunnel de 800 m sous le cap de l'Amirauté et la pointe d'El Kettani : les trains de marchandises purent ainsi accéder aux quais du port sans encombrer les voies urbaines saturées malgré leur électrification.

Le trafic a duré jusqu'en 1935, avec, pour les trains de voyageurs, trois aller et retour quotidiens.

      La DUP d'un second réseau est publiée le 7 mai 1914 et le réseau concédé aux CFRA. Ses lignes auraient dû relier Koléa à Oued el Alleug au milieu de la Mitidja, et à Marengo en suivant le pied des collines du Sahel jusqu'à Marengo, à l'extrémité occidentale de la Mitidja. Une autre ligne aurait dû prolonger celle de Castiglione jusqu'à Bérard.

La déclaration de guerre a tué ce projet : dès le 28 octobre 1914 il a été convenu de " surseoir à la construction en raison de la situation défavorable résultant des événements en cours ". Pourtant des terrains nécessaires avaient été expropriés et quelques travaux de terrassement engagés, notamment vers Bérard.

      Un troisième réseau, présenté par les CFRA avait été approuvé par le Conseil Général le 19 avril 1913. Il concernait le prolongement de la ligne de Bérard jusqu'au raccordement avec la ligne de Cherchell par Tipasa ; ainsi qu'une voie descendue de Kouba et longeant la limite du Sahel jusqu'aux quatre chemins en bas de Douéra. La ligne de Marengo à Cherchell, à voie normale, avait été inaugurée en 1905.

Mais rien ne fut entrepris car il n'y eut jamais de DUP et les CFRA demandèrent l'ajournement du projet jusqu'à la fin de la guerre. Après 1918 il n'en fut plus question.

En 1922 la société des CFRA était au bord de la faillite.

Lors de sa session de 1925 le Conseil Général d'Alger proposa au Gouverneur Général de rattacher ce réseau au réseau d'intérêt général des CFAE (Chemins de fer algériens de l'état) créés le 27 septembre 1912 pour gérer les lignes rachetées par l'état à partir de 1900. Le Gouverneur Violette accepta d'y réfléchir et soumit le projet aux Délégations Financières réunies en session extraordinaire. Le principe du rachat fut accepté et l'on parvint à un accord en décembre 1925 pour les seules lignes exploitées par des trains à vapeur.

La convention de rachat est signée le premier mars 1926.

La loi approuvant cette convention est promulguée le 3 mars 1928 après un vote favorable des députés et des sénateurs. Trois semaines plus tard l'ex réseau des CFRA à vapeur est rattaché au réseau d'intérêt général des CFAE.

Mais la concurrence de la route diminuait le trafic et augmentait les déficits d'exploitation. L'ancien réseau des CFRA fut liquidé entre 1933 et 1935.

Résumons l'essentiel : 1892 Publication de la DUP
  1900 et 1903 inaugurations des gares de Koléa et de Castiglione
  1922 La société des CFRA est menacée de faillite
  1928 Les CFRA sont rachetés par l'état et leur réseau confié aux CFAE
  1935 Arrêt définitif de l'exploitation

Vue de l'une des premières locomotives Decauville des
Le train traverse Guyotville.
Vue de l'une des premières locomotives Decauville des
CFRA. Modèle 021-T
Le train traverse Guyotville.
A droite, la poste

Le train en gare de Koléa. Le timbre de France (et non d'Algérie) prouve que la photo est antérieure à 1924
Le train en gare de Castiglione
Le train en gare de Koléa. Le timbre de France (et non d'Algérie) prouve que la photo est antérieure à 1924
Le train en gare de Castiglione