LA PLAINE DE LA MITIDJA AVANT 1962
RAPIDE SURVOL DES COMMUNES DE LA MITIDJA

SOUMA

Georges Bouchet

mise sur site le 1-6-2011

87 Ko
retour
 

SOUMA

souma

Origine du nom : arabe ou berbère ? C'est le nom d'un lieu-dit, au pied du djebel Feroukha, qui a d'ailleurs été conservé après 1962.

Origine du centre : française.
Souma n'appartient pas officiellement aux villages dits de la " ceinture de Blida " ; mais il aurait pu en être car il est de la même époque, à deux ans près. Il a été créé en 1845 pour une trentaine de familles françaises, à 5km à l'est de Blida et à 7km au sud de Boufarik.

Le territoire communal est double : à moitié en plaine et à moitié en montagne. La montagne est l'Atlas blidéen avec le djebel Feroukha qui culmine à 1496m. Ce djebel est largement forestier sur les sommets ; mais les collines qui dominent directement la plaine de la Mitidja sont depuis longtemps défrichées, peuplées et cultivées. La plaine est en pente douce du sud (200m) au nord (moins de 100m à la limite de la commune de Boufarik). C'est une altitude suffisante pour que le drainage naturel ait évité la formation de marécages.

C'est une commune où les fermes sont rares et les mechtas très nombreuses ; et même groupées dans de vraies agglomérations lâches où maisons et terrains se côtoient dans une apparence de désordre qui ne gêne pas du tout les habitants. On en aperçoit nettement quatre sur la carte : deux près de la montagne ( Cherifia et Feroukha) et deux dans la plaine (Beni Kina et Halouiya).

Deux oueds limitent la commune ; à l'ouest l'oued el Khemis avec Dalmatie et à l'est l'oued Amroussa avec Bouinan. Au sud la limite suit la crête du djebel Feroukha qui prolonge vers l'est la crête du djebel Guerroumene où se trouve la station de ski de Chréa. En 1935 une bonne piste grimpait déjà jusqu'à cette crête et se poursuivait jusqu'à Chréa. Elle desservait aussi la maison forestière de Tarchat sur le versant sud du djebel.

La route nationale 29 de Blida à Palestro est dans la plaine mais longe le pied de la montagne. La départementale 112 allait à Boufarik. D'autres routes ou de bonnes pistes desservaient toutes les agglomérations indigènes de la plaine et la plupart des mechtas de la montagne.

Les activités étaient presque uniquement agricoles.

        

En plaine la vigne était présente, mais ne dominait pas vraiment car les colons étaient peu nombreux. De toute façon eux aussi cultivaient céréales, fruits et légumes pour les marchés proches de Boufarik et de Blida. Au nord des orangeraies prolongeaient celle de Boufarik.

   
         En montagne il n'y avait pas de fermes européennes. Mais, en dehors des forêts, les cultures étaient présentes sous la forme traditionnelle de polyculture vivrière avec petit élevage de chèvres. Beaucoup d'oliviers et de figuiers aussi.

Des activités minières sont signalées à partir de 1868 avec une éphémère mine de fer et trois carrières de pierre qui peuvent justifier l'existence de pistes en montagne plus nombreuses qu'ailleurs dans l'Atlas en bordure de la Mitidja. Elles employaient quelques dizaines d'ouvriers.

Un seul et modeste centre de colonisation : le village de Souma. Il est inclus dans un rectangle centré sur la RN qui est confondue avec la rue principale, et deux rues parallèles au nord et au sud. Une grande place, mais un peu décalée, située entre la RN et le boulevard sud. En 1935 le village disposait d'une gendarmerie et d'un dispensaire. Et il n'avait pas encore supprimé l'abreuvoir de ses débuts.

Vers 1950 il était desservi par les autobus d'une seule société, celle des cars blidéens. Il n'y a jamais eu de train car la guerre de 1914 a tué le projet du troisième réseau CFRA qui prévoyait un terminus à Souma pour des trains en provenance de Rovigo et de Bouinan.

Particularité : Il fut question en 1956 d'un jumelage Souma-Meaux. Un adjoint du maire fit même le voyage à la tête d'une délégation municipale. Mais ce projet, sûrement trop tardif, ne put aboutir. En 1956 l'insécurité était déjà grande dans cette commune qui était devenue un haut-lieu de la rébellion.

Population en 1954 : 12 095 dont 222 non musulmans (soit 1,84%). C'est le pourcentage le plus faible de toutes les communes de la Mitidja. A Souma le Français était plus rare qu'ailleurs dans la Mitidja. Et pourtant c'est à Beni-Mered, une commune limitrophe que le pourcentage des Européens était le plus élevé, 55 ! Etonnant rapprochement.

Population agglomérée en 1948 : 310.