mise sur site le 10-08-2003
-L'Algérie touristique : chapitre 1
DESCRIPTION
Cahiers du Centenaire de l'Algérie, n°V
Publications du Comité National Métropolitain du Centenaire de l'Algérie
Alger, février 1930

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CHAPITRE PREMIER

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I. - Les Côtes

-----La côte algérienne est à peine à 700 kilomètres des côtes de Provence. Cette distance est franchie facilement en 22 ou 26 heures, suivant le port où l'on s'embarque, celui où l'on débarque, le bateau que l'on prend et l'état de la mer.
-----Des frontières de la Tunisie aux confins du Maroc, la côte a un développement d'un millier de kilomètres. Cette côte n'offre pas de larges estuaires, entaillant profondément le continent et donnant naissance à de vastes ports naturels, pouvant abriter des flottes importantes. Il a donc fallu créer les abris nécessaires à la navigation. Pour cela on a utilisé les golfes, généralement peu profonds, que l'on trouve le long de la côte et on les a aménagés, en construisant des digues et des jetées. C'est ainsi que l'on a créé les ports de Bône, Philippeville, Bougie, Alger, Mostaganem et Oran.
-----Hors de ces baies, où l'homme a dû suppléer, par son travail, à l'œuvre insuffisante de la nature, la côte est presque partout droite, escarpée, montagneuse et d'une réelle beauté. Les parties basses sont très rares. Aussi, avant l'invention de la navigation à vapeur, les côtes de l'Algérie étaient-elles singulièrement redoutées des navigateurs. En effet, les vents du Nord, presque toujours vents de tempête (mistral), jetaient les navires contre les rochers et occasionnaient autant, sinon plus, de pertes que n'en causaient les pirates fameux des pays barbaresques.

-----Grâce à cette constitution rocheuse et montagneuse des côtes, la route longeant la mer ménage, à ceux qui la suivent, une série de spectacles impressionnants. Rien n'est plus beau que les grandes falaises entre Djidjelli et Bougie. D'autre part, la côte entre Bougie et le cap Carbon rappelle, en plusieurs endroits, les fiords de Norvège. Quant au trajet entre Alger et Oran, par Ténès et Mostaganem, c'est un perpétuel enchantement.

II. - Orographie

-----Le système orographique de l'Algérie, qui, au premier abord, paraît extrêmement compliqué, devient beaucoup plus simple, si l'on veut bien le schématiser. Il comprend essentiellement deux chaînes légèrement divergentes qui constituent l'Atlas. On donne généralement le nom de " Atlas Tellien " à la chaîne du Nord et celui de " Atlas Saharien " à la chaîne du Sud.
-----Au nord de l'Atlas Tellien et en bordure même de la mer, s'étend le Sahel. Entre les deux chaînons divergents de l'Atlas sont les Hauts-Plateaux. Enfin, au Sud de l'Atlas Saharien, se trouvent les immensités désertiques.

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a) Le Sahel. - Le Sahel, c'est la plaine, faiblement ondulée, que l'on voit, dans certaines parties de l'Algérie, sur les bords de la mer. Nous avons ainsi le Sahel de Bône, de Philippeville, de Bougie, d'Alger, de Mostaganem, d'Oran. Ces sahels constituent une véritable " Côte d'Azur " qui est rafraîchie par la brise maritime et par le vent du Nord. Elle est de plus protégée, contre les vents desséchants du Sud, par l'Atlas Tellien et par les monts du Sahel. La Côte d'Azur algérienne, que l'on appelle souvent la Côte de Turquoise, n'a rien à envier à la Côte de Provence.
Le Sahel est la partie la plus peuplée de l'Algérie, c'est la terre de prédilection des hiverneurs. C'est un véritable Eden, d'un charme singulièrement prenant, car il est fait de la beauté des sites, de l'azur de la mer, de la splendeur du ciel, de l'éclat particulier du soleil, de la transparence de l'atmosphère et de la douceur du climat.

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b) L'Atlas. - Si nous voulons étudier de près le système orographique de l'Algérie, nous le trouverons un peu plus confus que ne l'indique la définition schématique qui vient d'en être donnée, et qui, depuis longtemps, est classique.
-----En effet, l'Algérie orientale présente un ensemble orographique quelque peu compliqué. Les deux chaînons de l'Atlas sont constitués par des massifs très accidentés et assez compacts. Ils entrelacent leurs ramifications et finissent par se confondre en Tunisie. Leur altitude moyenne est assez forte. C'est là que nous trouvons les points les plus élevés de l'Algérie. L'un est le sommet de Lalla Khadidja (2.308 m.), dans le Djurdjura ; c'est ce massif que l'on aperçoit, en premier lieu, lorsque l'on vient de Marseille à Alger. Ses pics, couverts de neige pendant plusieurs mois de l'année, excitent l'intérêt et la curiosité des voyageurs. L'autre, le sommet culminant de l'Algérie, est le Ras Keltoum, dans le Djebel Chélia (massif de l'Aurès) ; il atteint 2.325 mètres.
-----Dans l'Algérie occidentale, le relief du sol est infiniment plus simple. En s'éloignant de la côte, on trouve, s'étendant parallèlement au rivage, les trois zones classiques de l'Atlas Tellien, des Hauts-Plateaux et de l'Atlas Saharien. Les hauteurs moyennes de l'Atlas Tellien vont en diminuant et la montagne s'affaisse peu à peu. Les Hauts-Plateaux s'étendent en remontant vers le Nord. Quant à l'Atlas Saharien, il se dirige vers l'Ouest, en restant d'abord sensiblement pareil à lui-même. Ce n'est qu'une fois arrivé au Maroc qu'il se redresse pour atteindre des altitudes de 4.500 mètres environ.
-----Pendant tout l'hiver, ces massifs montagneux sont recouverts de neige et cette neige, dans les années moyennes, bloque le col de Tirourda, en Grande-Kabylie, pendant près de six mois.

-----c) Hauts-Plateaux. - La physionomie des HautsPlateaux varie tout comme varie l'aspect des chaînes de l'Atlas qui les enserrent. Vers l'Est, la zone des HautsPlateaux va en se rétrécissant et finit même par disparaître. Au contraire, vers l'Ouest, cette zone s'élargit et s'étend, pour atteindre, en Oranie, son développement maximum. L'altitude de cette région oscille entre 500 et 1.200 mètres.
-----Certaines parties des Hauts-Plateaux se prêtent à la culture des céréales, notamment la plaine de Batna, la région de Sétif. et le fameux plateau du Sersou.
-----D'autres parties, au contraire, sont rebelles à toute culture et ne présentent que d'immenses steppes, absolument stériles, parsemées de lagunes et de lacs salés. Ces steppes se trouvent notamment entre Saïda et le Kreider. Dans cette partie des Hauts-Plateaux, les phénomènes de mirage sont particulièrement fréquents.

----d) Sahara. - Les pentes sud du chaînon méridional de l'Atlas s'affaissent brusquement dans une plaine immense qui constitue le Sahara et ce désert occupe la plus grande partie de l'Afrique septentrionale. Dans son ensemble, le Sahara est formé par un gigantesque plateau ondulé, découpé par des dépressions sableuses, mais son aspect n'est ni uniforme, ni monotone.
-----En quelques endroits, au pied de l'Aurès notamment, on trouve des couches d'humus d'une épaisseur considérable ; cette terre, qui n'a plus été cultivée depuis l'occupation romaine, est d'une fertilité extrême. Ce serait probablement la terre la plus féconde du globe, ei l'on pouvait l'arroser régulièrement. Les essais de culture, qui ont été tentés dans les environs de Zeribet-el-Oued (à une cinquantaine de kilomètres à l'Est de Biskra), ont permis d'obtenir, pour l'orge, des rendements allant jusqu'à 100 pour 1.
-----Ce que l'on rencontre le plus souvent, dans le Sahara, c'est la Hammada, vaste étendue de pierres et de galets, donnant à la région l'aspect désolé d'un paysage lunaire. C'est le pays de la sécheresse absolue, c'est le pays de
la soif, c'est la terre de désolation par excellence. Certains endroits, l'Oughoud-Shérifa, par exemple, restent plusieurs années sans recevoir une goutte de pluie.
-----Autour de la Hammada, s'étendent les dunes, ou Erg, véritable mer mouvante de sable, où, en bien des points, dans le Souf notamment, on ne trouve que de la silice pure. C'est dire que l'on n'y voit absolument aucune végétation, pas même un brin d'herbe.
-----Depuis quelques années, l'Erg semble avoir une tendance à envahir la Hammada. C'est ainsi que l'on voit disparaître peu à peu sous le sable, soit des mouvements de terrain, parfaitement connus et repérés, soit des ouvrages construits de main d'homme. L'enceinte crénelée du bordj de Hassi Inifel, sur les bords de l'Oued Mya, est presque entièrement recouverte de sable. Le jour semble proche où le bordj entier aura lui-même disparu.
-----Les dunes que l'on aperçoit sont souvent fort élevées. Dans le Grand-Erg, on trouve des montagnes de sable qui atteignent largement 300 mètres de hauteur.
-----De ci, de là, on rencontre quelques plaines parsemées de maigres arbrisseaux, tout ratatinés et tout rabougris. Enfin, de loin en loin, on découvre quelques îlots de verdure : ce sont les oasis. Plusieurs sont célèbres par leur richesse, leur fertilité et leur beauté. L'une des plus connues et des plus facilement accessibles est l'oasis
d'El-Goléa.
-----L'altitude du désert varie beaucoup. Elle s'abaisse jusqu'à 30 mètres au-dessous du niveau de la mer, dans la région des Chotts du sud constantinois.
----- -----Comme cette dépression se continue jusqu'en Tunisie, le commandant Roudaire avait eu l'idée, il y a une cinquantaine d'années. de creuser un canal, qui, partant du golfe de Gabès, aurait mis la région des Chotts en communication avec la Méditerranée et aurait ainsi permis la- création d'une mer intérieure. Cette idée, séduisante au premier abord, a dû être abandonnée, comme n'étant pas de réalisation pratique.
-----Si certaines parties du Sahara sont au-dessous du niveau de la mer, il en est d'autres, en revanche, qui atteignent des altitudes fort élevées. C'est ainsi que, dans les montagnes du Hoggar, on trouve des sommets s'élevant à près de 3.000 mètres.
-----On ne doit pas oublier que ces régions sahariennes ont été dédaigneusement abandonnées au Coq Gaulois, afin qu'il pût gratter le sable à son aise.
-----En grattant ce sable, le Coq Gaulois a fait jaillir quantités de sources artésiennes, qui ont permis la création de superbes palmeraies, tout le long de l'Oued R'hir notamment. Quand on fait le trajet de Biskra à Touggourt, par la voie ferrée, on peut se rendre compte de l'importance des résultats obtenus.
-----Le nombre des palmiers de cette région est passé de 300.000 à plus de 3 millions.

III. - Hydrographie

-----A part le Cheliff, il n'existe pas de véritable fleuve en Algérie. Il y a surtout des cours d'eau intermittents, ressemblant beaucoup plus à des torrents qu'à des rivières. Après une pluie d'orage, ou au moment de la fonte des neiges, ces torrents, prodigieusement gonflés, deviennent des agents d'érosion d'une puissance insoupçonnée. Roulant, à pleins bords, un volume d'eau considérable, ils entraînent des pierres énormes qui se transforment en autant de projectiles et modèlent le sol de façon souvent grandiose. Ce sont ces torrents qui ont creusé et façonné les fameuses gorges du Chabet-el-Akra, de Palestro, du Rümmel et de la Chiffa, pour ne citer que les plus connues. Deux chiffres indiqueront la puissance des crues. Le Chéliff, à l'étiage, ne débite que 1.500 litres à 'a seconde. Lors des grandes crues, il en débite mille fois plus, soit 1.500 mètres cubes.
-----Tous les cours d'eau du Tell se jettent dans la Méditerranée. Ceux des Hauts-Plateaux s'immobilisent, pour la plupart, dans les steppes où ils sont nés. Ils séjournent dans des fonds de cuvette, d'où ils ne sortent plus. Ils forment des lacs temporaires qui disparaissent pendant l'été, laissant à découvert des fondrières où il est imprudent de s'engager, si l'on ne connaît pas parfaitement les pistes qui permettent de les traverser.
-----Les cours d'eau qui descendent sur le versant méridional de l'Atlas Saharien, vont se perdre dans les sables du désert, après avoir sommeillé dans des chotts d'une importance souvent considérable (chott Melghir, etc...). Une fois sous le sable, toutes ces eaux d'infiltration se réunissent pour constituer un véritable réseau de rivières souterraines, qui sillonnent le Sahara. Le principal de ces cours d'eau souterrains est l'Igharghar, qui alimente les puits artésiens de l'Oued R'hir et fait vivre des millions de palmiers, dans une région, jusqu'ici, impropre à toute espèce de culture. C'est également aux eaux d'infiltration de l'Aurès qu'il faut attribuer l'existence du fameux puits artésien de Tolga.

IV. - Climat

-----Etant donné les diversités des zones qui constituent l'Algérie, leur différence d'altitude, leur proximité plus ou moins grande de la mer ou de l'Equateur, il est bien évident que le climat doit varier selon les régions considérées.
-----Dans le Tell, c'est-à-dire au bord même ou à proximité de la mer, le climat est tempéré et rappelle beaucoup celui de la Côte d'Azur française, tout en étant sensiblement plus doux. Pendant l'hiver, il est particulièrement agréable. La neige est tellement rare que l'on peut dire qu'elle ne se. montre presque jamais, à peine une fois tous les vingt-cinq ans.
-----Pendant l'été, la température n'est jamais très élevée; elle se tient aux environs de 31 à 32 degrés centigrades. Mais, sur toute la côte, il règne une humidité qui, à la longue, peut devenir gênante.
-----Le climat des Hauts-Plateaux est beaucoup plus rude. 11 y fait froid l'hiver et il y tombe parfois des quantités importantes de neige. En revanche, il y fait chaud l'été. La température est plus élevée que dans le Sahel ; mais, en général, les nuits sont fraîches ; de plus, l'air est très sec, ce qui permet aux habitants de supporter facilement la chaleur.
-----Dans l'Atlas, le climat est le climat normal des pays de montagnes. L'hiver, les sommets sont couverts d'une épaisse couche de neige. Mais on n'y trouve ni glaciers, ni neiges éternelles. En été, la température y est très agréable parce que les nuits sont toujours très fraîches. Il est donc facile d'organiser, en Algérie, des stations climatériques d'été. Il en existe déjà, notamment à Bugeaud, près de Bône, à Chréa, près de Blida, dans le Djurdjura, à Tikjeda, etc...
-----Enfin, dans le Sahara, on trouve des températures extrêmes. Pendant l'hiver, les nuits sont froides. Il y gèle fréquemment à - 6 ou - 8 degrés centigrades, alors que, au plein soleil de midi, le thermomètre monte aux environs de + 250 centigrades. L'écart entre la température minima de la nuit et la température maxima du jour atteint et dépasse parfois 30 degrés. En été, à El Oued, on voit des températures de + 54° à l'ombre, tandis que, la nuit, le thermomètre redescend à + 30°
-----Un phénomène assez fréquent et qui contribue à élever la température, de façon souvent excessive, c'est le " siroco ". Le siroco est un vent violent venant du Sud. Il est extrêmement chaud et sec. Il est, le plus souvent, chargé de particules de sable extrêmement ténues, qui pénètrent partout, même dans ,les boitiers de montre les mieux fermés. Il se produit en toute saison, mais il est beaucoup plus fréquent pendant le printemps, l'été et l'automne que pendant l'hiver. Ce vent dessèche la végétation et fatigue les hommes et les animaux lorsqu'il se prolonge.
-----Le régime des pluies est variable avec les régions. Dans les massifs montagneux et boisés de la Kabylie, les précipitations sont très abondantes. A Bougie, la quantité d'eau tombée dépasse largement, dans les années pluvieuses, 1.000 millimètres et atteint parfois 1.200 millimètres. A Alger, cette quantité est de 665. Elle n'est que de 340 à Oran. Sur les Hauts-Plateaux, elle oscille aux environs de .00 millimètres. Dans le Sahara, les précipitations pluviales sont insignifiantes : 163 à Laghouat, 67 à Ghardaïa, 83 à El Goléa...

V. - Population

-----D'après le recensement de 1926, la population totale de l'Algérie s'élève à tout près de 6 millions d'habitants (exactement 5.992.700). On compte environ 870.000 Européens et 5.130.000 Indigènes.
-----Cette population est répartie de façon très inégale entre les trois départements. Le département de Constantine est le plus peuplé, puis vient celui d'Alger, enfin celui d'Oran. Sous le rapport de la population, les trois départements sont entre eux, très sensiblement, comme les chiffres 5, 4 et 3. La population indigène est très vivace, très prolifique et elle a une tendance très nette à augmenter. Elle vient de doubler en moins de 25 ans. Elle comprend environ 70 % d'Arabes et 30 % de Berbères. Ces derniers sont vraisemblablement autochtones. En tout cas, ils constituent la population la plus ancienne de, l'Algérie. Ce furent eux qui eurent des contacts avec les Phéniciens et les Romains. Quant aux Arabes, ils ne vinrent que beaucoup plus tard en Algérie. Ils sont venus d'Orient au vile siècle après Jésus-Christ, avec Sidi Okba. Ils arrivèrent également en grand nombre' au xi" siècle, lors de l'invasion hilalienne. Ce sont eux qui ont été les propagateurs de la religion nouvelle " l'Islam ", devenue peu à peu la religion de tous les peuples de l'Afrique du Nord.
-----Les différences ethniques entre les Arabes et les Berbères sont peu sensibles. Ce qui les différencie surtout, c est la langue. Les dialectes berbères sont parlés par environ 29 % des indigènes. La langue berbère est utilisée par trois groupes principaux .: le groupe des Chaouïas de l'Aurès, le groupe kabyle du massif du Djurdjura et le groupe du Babor ; enfin, par un groupe disséminé dans l'Atlas Blidéen et dans l'Ouarsenis.
-----Quant aux populations de langue arabe, elles emploient l'arabe parlé, ou arabe vulgaire, importé par les immigrants d'Arabie.
-----D'une façon générale, le nomadisme est en honneur plus spécialement dans l'Algérie occidentale, tandis que, au contraire, dans l'Algérie orientale, les indigènes mènent plutôt une existence sédentaire. La vie sédentaire a pour conséquence naturelle une densité de population sensiblement plus considérable.
-----C'est pour celà que le département de Constantine est beaucoup plus peuplé que les deux autres. C'est surtout dans la Kabylie du Djurdjura que la population est le plus dense. Certaines communes comptent jusqu'à 300 habitants au kilomètre carré. La surface cultivable étant insuffisante pour nourrir cette population d'une extrême densité, les Kabyles sont amenés à pratiquer l'émigration temporaire. On les trouve partout, soit comme ouvriers agricoles, soit comme commerçants, soit comme colporteurs, soit comme ouvriers industriels, soit comme maneeuvres.
-----Depuis la dernière. guerre, ils viennent en nombre considérable dans les grands centres industriels de la Seine, du Nord, du Pas-de-Calais, du Rhône et des Bouches-du-Rhône.

VI. - Algérie antique

-----Indépendamment de ses beautés naturelles, qui sont disséminées dans tous les coins de la colonie, l'Algérie possède encore des souvenirs archéologiques d'un intérêt de tout premier ordre.
-----Cette terre d'Islam a connu, à travers les âges, les dominations les plus diverses et elle a conservé, de chacune d'elles, des traces ineffaçables. Selon l'heureuse expression de M. le Gouverneur général Steeg, elle est comme le Conservatoire des civilisations disparues.
-----Ces dominations si diverses ont laissé, sur le sol algérien, des traces ineffaçables, qui se juxtaposent ou s'entremêlent, à la grande joie des voyageurs, des touristes et des érudits. On y peut donc admirer les restes grandioses de la civilisation romaine, les tombeaux ou mausolées témoins de la domination berbère et les monuments de l'art musulman