sur site le 15/03/2002
-un criminel de guerre d'Algérie sur France Culture
"J'ai commandé Monsieur, et je sais que l'on trouve toujours un homme, pour n'importe quelle besogne". Napoléon à Hudson Lowe à Sainte Hélène.
pnha n°50 octobre 1994

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"J'ai commandé Monsieur, et je sais que l'on trouve toujours un homme, pour n'importe quelle besogne". Napoléon à Hudson Lowe à Sainte Hélène.
-------Stupéfaction, horreur, haine et douleur en ce samedi 25 juin 1994. "France Culture" à 19h... 32 ans après, presque jour pour jour, accueillait en seigneur le plus indigne des hommes de main Gaullien en Algérie, celui du 5 juillet 1962, à Oran, le "général pochette surprise" Joseph Katz. Certes me direz-vous, après avoir reçu à Paris et en héros un tueur comme Yacef Saadi, l'ignominie ne pouvait que se banaliser. Notons cependant avec curiosité, que ces criminels là ont droit à tous les égards, alors que 50 ans après on poursuit le moindre sous-secrétaire de sous-ordre, suspect durant la dernière guerre de... Mais il est vrai que cet individu ne couvrait que des assassins de Pieds-Noirs, or qu'est ce qu'un Pieds-Noirs au regard de ce résistant... eh oui voilà pourquoi "France Culture" lui accordait ses ondes, il venait parler de ses "mémoires de résistant". Et ce type a osé écrier des mémoire qui relatent aussi son "action" à Oran.
--- Il a été résistant... ceci explique beaucoup. Et voilà pourquoi aucun pieds-noirs n'a pu le rencontrer à l'assaut d'une plage de Provence ou du Monte Casino, aucun vrai militaire ne l'a eu dans ses effectifs, car il fut un militaire d'après la guerre !
---- Il a été nommé général par Chaban-Delmas, contre l'avis de l'Etat-Major nous explique-t-il, parce qu'il était enfant de l'assistance publique et n'avait pas fait d'études. Ce dernier point est confirmé par la pauvreté du langage, l'étroitesse des raisonnements et l'absence de références. On comprend effectivement qu'à une époque où l'"Armée" s'écrivait en majuscules, où les officiers généraux étaient soumis à des études sanctionnées, du plus haut niveau, où la carrière militaire était une vocation, où derrière les particules des noms brillaient encore des siècles au service ARME de la France, un tel parachutage, arbitraire, ait soulevé une opposition méprisante. On comprend aussi la jouissance de ce rejeté, imposé au plus haut niveau et avec TOUS LES POUVOIRS, lorsqu'il a pu faire une "affaire personnelle" de sa sale besogne en Algérie, se venger enfin de ces officiers, fidèles à leur parole et à l'honneur.
-------Notons au passage la perspicacité de Chaban-Delmas qui en imposant Général, ce "primaire non évolué" mettait en réserve un individu limité certes, mais définitivement lié, utilisable à tout moment pour n'importe quelle besogne. Napoléon nous a tout dit sur le sujet, mais Napoléon s'étudie en détail dans les grandes écoles de guerre.
-------La naïveté, la bêtise de ces aveux sur les ondes sont telles, que je me demande aujourd'hui si ce "type" a été quelques minutes seulement, conscient du rôle qu'il a joué à Oran, du rôle réel. Dans quel bain d'absurdité est-il trempé, pour penser que les Oranais l'ont oublié, qu'aucun ne serait à l'écoute ce soir là sur France Culture, et ignorer ce monstre, que le 5 Juillet 1962 par lui, est entré dans les dates les plus funestes, les plus lamentables et les plus déshonorantes de l'histoire coloniale Française. Oser publier des mémoires, lui dont le nom est à jamais lié à cette journée, mais pas seulement, à toutes celles qui ont précédé, lui dont il est écrit (entre autres) dans 1"'Imposture Algérienne" page 246
-------"Comble de l'horreur : en début de nuit, sur le réseau de commandement, l'un de nos radios nous apporte un message émanant de l'état-major de Katz intimant l'ordre à toutes les unités militaires d'Oran de renvoyer hors des casernements tous les civils survivants réfugiés dans nos postes. Il savait bien qu'il condamnait des milliers de Français au massacre auquel ils venaient d'échapper. Katz ,sera resté infâme jusqu'au bout, à la hauteur de l'inhumaine cruauté de son maître".
-------Lui, dont toute l'action, aux ordres de l'Elysée n'a consisté qu'à dresser les populations les unes contre les autres, pour empêcher tout "arrangement" à Oran ville calme.
--- Protéger et seconder les "barbouzes" envoyés de France (souvent des repris de justice) dans leurs enlèvements, assassinats, vols, faux attentats O.A.S., pillages, etc...
----Organiser les camps d'internement pour y parquer après perquisition et sans enquête, le moindre possesseur de drapeau Français à son domicile.
----Abriter derrière les soldats du contingent, terrorisés et honteux, s'excusant, les gardes mobiles (Képi à liseret rouge) et CRS qui pillaient, sous prétexte de perquisition, les économies de ceux qui s'apprêtaient à l'exil.
---- Assurer l'impunité des tueurs FLN en supprimant toute organisation de protection des populations Françaises, et en les désarmant.

------- Rien ne peut et ne doit lui être pardonné, il est LE RESPONSABLE de l'exécution des "nôtres". N°3 Ultra secret, à détruire après lecture".
-------Quant à la journée du 5 juillet, elle est maintenant bien inserrée dans les hontes Françaises, avec Katz bien centré en lettres de sang. On frémit à l'idée de ce que ce type a dû "couvrir" à partir de juin 1944, et on ne peut que prendre en dérision une justice qui enquête sur le moindre incident des années d'occupation, et qui laisse sans jugement les oeuvres d'un Katz.
-------J'étais là-bas, j'ai tout vu, y compris ces pauvres jeunes du contingent, humiliés de devoir protéger les exactions "gardes-mobiles" et répétant "c'est l'ordre, on comprend pas... c'est l'ordre". Je suis un rescapé du 5 juillet, et fier de dire que je le dois à des informateurs de l'OAS. Je ne veux rien oublier et surtout pas ce nom : Katz !
-------Aucun Oranais ne doit l'oublier et se priver de le pourfendre. Aucune grande maison d'édition n'a voulu de "ces mémoires", car on les retrouve, et ceci est aussi une preuve de l'état de réserve que suscite ce type, chez l'Harmattan !
-------Puisqu'il est encore vivant et qu'il ose s'en vanter, continuons le combat, par l'entremise des associations du souvenir des victimes de mars et juillet, ne lui permettons aucune liberté de promotion de son torchon, faisons quelque chose au nom de celles et de ceux qu'il a laissé vider de leur sang et pendre aux crocs des boucheries, au long des rues d'Oran !
-------Lorsqu'en 1970, à Canastel, je me suis entretenu avec un commandant du FLN qui me parlait de son mépris pour les communistes qui le cachaient à Paris et l'aidaient dans ses transports de fonds, mais qu'il flattait pour mieux s'en servir, et que je lui ai parlé de ce 5 Juillet 1962, il m'a dit ceci
"Ce pauvre type a été utilisé comme moi j'utilisais les communistes en France, et dans les deux camps il y a des gens dont nous devons avoir honte, mais je vous plains Monsieur, parce que vous en France, vous devez vivre avec...".
-------Bien sûr, mais nous devons aussi les empêcher de travestir NOTRE histoire !
-------Témoignez auprès de la future association "Souvenir du 5 Juillet"
c/o AOB
38 rue Phocéens
13002 Marseille