Texte de Jean Raspail
sur site le 4-3-2008

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Objet : : texte de Jean Raspail -

J'ai tourné autour de ce thème comme un maître-chien mis en présence d'un colis piégé. Difficile de l'aborder de front sans qu'il vous explose à la figure. Il y a péril de mort civile. C'est pourtant l'interrogation capitale. J'ai hésité. D'autant plus qu'en 1973, en publiant « Le Camp des saints », j'ai déjà à peu près tout dit là-dessus. Je n'ai pas grand-chose à ajouter, sinon que je crois que les carottes sont cuites. Car je suis persuadé que notre destin de Français est scellé, parce qu'ils sont chez eux chez nous (dixit Mitterrand), au sein d'une Europe dont les racines sont autant musulmanes que chrétiennes (dixit Chirac), parce que la situation est devenue irréversible jusqu'au basculement définitif des années 2050 qui verra les « Français de souche » se compter seulement la moitié – la plus âgée – de la population du pays.

Le reste étant composé d'africains, maghrébins ou noirs et d'asiatiques de toutes provenances, issus du réservoir inépuisable du tiers monde, avec force dominante de l'Islam, djihadistes et fondamentalistes compris. Cette danse-là ne faisant que commencer (pour ne donner qu'un exemple : le délicat imam de Vénissieux, en vertu du jus soli, a engendré à lui seul seize petits citoyens « français »).

La France n'est pas seule concernée. Toute l'Europe marche à la mort. Les avertissements ne manquent pas – rapport de l'ONU (qui s'en réjouit), travaux incontournables de Jean-Claude Chesnais et Jacques Dupâquier, notamment – mais ils sont systématiquement occultés et l'INED pousse à la désinformation. Le silence quasi sépulcral des médias, des gouvernements et des institutions communautaires sur le krach démographique de l'Europe est l'un des phénomènes les plus sidérants de notre époque.

Quand il y a une naissance dans ma famille ou chez mes amis, je ne puis regarder ce bébé de chez nous sans songer à ce qui se prépare pour lui dans l'incurie des « gouvernances » et qu'il lui faudra affronter dans son âge d'homme…

Sans compter que les « Français de souche » (FDS), matraqués par le tam-tam lancinant des droits de l'Homme, de « l'accueil à l' autre », du « partage » cher à nos évêques, etc., encadrés par tout un arsenal répressif de lois dites « antiracistes », conditionnés dès la petite enfance au « métissage »
culturel, comportemental et biologique, aux impératifs de la « France
plurielle » et à toutes les dérives de l'antique « charité chrétienne »,
n'auront plus d'autres ressources que de baisser la tête et les bras et de
se fondre sans moufter dans le nouveau moule « citoyen » du Français de
2050.

Ne désespérons tout de même pas ! Assurément, il subsistera ce qu'on appelle
en ethnologie des « isolats », de puissantes minorités, peut-être une
quinzaine de millions de Français – et pas nécessairement tous de race
blanche – qui parleront encore notre langue dans son intégrité à peu près
sauvée et s'obstineront à rester imprégnés de notre culture et de notre
histoire telles qu'elles nous ont été transmises de génération en
génération. Mais cela ne leur sera pas facile. Face aux différentes «
communautés » que l'on voit se former dès aujourd'hui sur les ruines de
l'intégration (ou plutôt sur son inversion progressive puisque c'est nous
qu'on intègre à « l'autre » à présent et non le contraire !) et qui, en
2050, seront définitivement et sans doute institutionnellement installées,
il s'agira en quelque sorte d'une communauté de la pérennité française.

Celle-ci s'appuiera sur ses familles, sa natalité, son endogamie de survie,
ses écoles, ses réseaux parallèles de solidarité, peut-être même ses zones
géographiques, ses portions de territoire, ses quartiers, voire ses places
de sûreté et, pourquoi pas, sa foi chrétienne et catholique, avec un peu de
chance si ce ciment-là tient encore. Mais cela ne plaira pas. Le clash
surviendra à un moment ou à un autre. Quelque chose comme l'élimination des
koulaks par des moyens légaux appropriés.

Et ensuite ? Ensuite la France ne sera plus peuplée, toutes origines
confondues, que par des « bernard-l'ermite » qui vivront dans des coquilles
abandonnées par les représentants d'une espèce à jamais disparue qui
s'appelait le « peuple français ». Il existe une seconde hypothèse que je ne
saurais formuler autrement qu'en privé et qui nécessiterait auparavant que
je consultasse mon avocat. C'est que les derniers isolats résistent jusqu'à
s'engager dans une sorte de reconquista sans doute différente de l'espagnole
mais s'inspirant des mêmes motifs. Il y aurait un roman périlleux à écrire
là-dessus. Ce n'est pas moi qui m'en chargerai, j'ai déjà donné. Son auteur
n'est probablement pas encore né, mais ce livre verra le jour à point nommé,
j'en suis sûr…

Ce que je ne parviens pas à comprendre et qui me plonge dans un abîme de
perplexité navrée, c'est pourquoi et comment tant de Français avertis et
tant d'hommes politiques français concourent sciemment, méthodiquement, je
n'ose dire cyniquement à l'immolation d'une certaine France (évitons le
qualificatif d' « éternelle » qui révulse les bonnes consciences) sur
l'autel de l'humanisme utopique exacerbé. .

Je me pose la même question à propos de toutes ces associations
omniprésentes de droits à ceci, de droits à cela et toutes ces ligues, ces
sociétés de pensée, ces officines subventionnées, ces réseaux de
manipulateurs infiltrés dans tous les rouages de l'Etat (éducation,
magistrature, partis politiques, syndicats, etc.), ces pétitionnaires
innombrables, ces médias correctement consensuels et tous ces intellectuels
qui, jour après jour et impunément inoculent leur substance anesthésiante
dans l'organisme encore sain de la nation française. Même si je peux, à la
limite, les créditer d'une part de sincérité, il m'arrive d'avoir de la
peine à admettre que ce sont mes compatriotes.

Je sens poindre le mot « renégat », mais il y a une autre explication : ils
confondent la France avec la République.

Les « valeurs républicaines » se déclinent à l'infini mais sans jamais faire
référence à la France. Or, la France est d'abord une patrie charnelle. En
revanche, la République, qui n'est qu'une forme de gouvernement, est
synonyme pour eux d'idéologie (idéologie avec un grand « I »), l'idéologie
majeure. Il me semble, en quelque sorte, qu'ils trahissent la première pour
la seconde.

Parmi le flot de références que j'accumule en épais dossiers à l'appui de ce
bilan, en voici une qui, sous des dehors bon enfant, éclaire bien l'étendue
des dégâts. Elle est extraite d'un discours de Laurent Fabius au congrès
socialiste de Dijon, le 17 mai 2003 : « Quand la Marianne de nos mairies
prendra le beau visage d'une jeune française issue de l'immigration, ce
jour-là, la France aura franchi un pas en faisant vivre pleinement les
valeurs de la République… » .

Puisque nous en sommes aux citations, en voici deux, pour conclure : « Aucun
nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz de marée constitué par
les millions d'êtres humains qui partiront un jour de la partie méridionale
et pauvre du monde pour faire irruption dans les espaces relativement
ouverts du riche hémisphère septentrional, en quête de survie » (Président
Boumediene, mars 1974). Et celle-là, tirée du XXe chant de l'Apocalypse :
« Le temps des mille ans s'achève. Voilà que sortent les nations qui sont
aux quatre coins de la terre et qui égalent en nombre le sable de la mer.
Elles partiront en expédition sur la surface de la terre, elles investiront
le camp des saints et la ville bien-aimée » .


http://jeanraspail.free.fr/divers18.htm