COMMENT PERDRE DES VOIX !
Le silence n'est pas toujours d'or et la parole n'est pas toujours d'argent !
Lucienne Pons,
février 2007

sur site le 4-2-2007

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Quelques semaines après la piteuse visite de Monsieur DOUSTE-BLAZY lors de son voyage en Algérie et l'échec de sa prétention d'un projet d'un traité d'amitié entre les deux pays, traité d'amitié qui de toute façon auraient été conditionné de plates excuses de notre part , et certainement de généreuses subventions " réparations " et de la reconnaissance de griefs imaginaires entretenus et amplifiés par le FLN et les Français anciens porteurs de valises leurs complices, à l'encontre de la France et de son œuvre colonisatrice, c'était le 13 Novembre 2006 au tour de Monsieur Sarkozy, armé de sa canne de pèlerin politique " international " et en plus officiellement coiffé de sa casquette à double visière, Ministre de l'Intérieur d'un coté et présidentiable de l'autre, de se rendre dans nos anciens départements Français d'Algérie, pour une rencontre qualifiée d'amicale par Abdelaziz Bouteflika, lequel apparemment guéri préfère maintenant rester chez lui pour recevoir et critiquer sur place sinon les insulter, avec une certaine satisfaction sans doute mêlée de mépris, nos visiteurs politiques qui eux s'imaginent consolider leur stature d'homme d'état tolérant, bien pensant et bien disant à leur manière, en allant jouer les carpettes chez nos " décolonisés " ( n'ayons pas peur des mots) dont les dirigeants ne ménagent pas la France à toutes occasions de leurs accusations injustes.

Ces accusations leur valent en retour , de la part de nos politiques, des témoignages de considération et d'amitié et des satisfactions parfaitement injustifiables, comme ont peut en juger par la dernière visite de Monsieur Sarkozy en Algérie. Entre autres satisfactions aussi bien morales que matérielles, " nos amis algériens " ont reçues à l'occasion de cette visite, sur un plateau d'argent et sans contrepartie la suppression de la consultation européenne pour l'obtention des visas pour les Algériens qui souhaitent venir en France, ce qui leur permettra de raccourcir le délai d'obtention des visas de quinze jours

Il est tout à fait contradictoire de plaider en France pour une concertation Européenne en matière d'immigration et de s'en démarquer aussitôt pour satisfaire les revendications incessantes de l'Algérie qui se trouvait agitée d'une forte irritation à ce sujet. Les voilà satisfaits mais toujours pas contents et encore revendicatifs.

Voilà qu'une fois de plus, qu' en remerciement de cette générosité, de ce passe-droit pourrions nous dire, la France tout aussitôt s'est trouvée une fois de plus, mise en accusation pour son action coloniale dans les discours des gouvernants Algériens demandant encore des excuses à Paris " , sans qu'aucun de nos hommes politiques en poste n'osent répondre pour relever son honneur et sans que Monsieur Sarkozy présent en Algérie n'ait osé répondre . Cette fois s'en est trop !

Mais non, avec une sorte de repentance implicite Monsieur Sarkozy comme bon nombre de nos politiques Français multiplient des gestes de connivence et de platitude inexcusables.

C'est ainsi que Monsieur Nicolas SARKOZY dont je ne sais s'il agissait en qualité de Ministre de l'Intérieur, numéro deux du Gouvernement Français, ou en qualité de futur candidat à la Présidence de la République Française, ou encore en son nom personnel a-t-il été jusqu'à déposer une gerbe aux martyrs FLN de l'indépendance et pour se donner bonne conscience vis-à-vis des anciens Français d'Algérie, est allé ensuite se recueillir au cimetière chrétien et juif de Saint Eugène puis au Monastère de Thibérine à la mémoire des moines sauvagement assassinés il y quelques années , sans doute pour faire bon poids de ses condoléances au FLN dans un souci d'impartialité . Qui embrasse trop mal étreint !

Eh ! bien c'est justement cette impartialité qui me navre : on ne peut pas rendre hommage dans une démarche de représentation politique ou personnelle, à la fois aux assassins et à leurs victimes : il faut choisir Monsieur Sarkozy. Et quand à moi je vous déclare franchement que mes ancêtres enterrés au Cimetière de Saint-Eugène bien avant l'indépendance ou peut-être déterrés depuis par les bons soins de profanateurs anonymes, n'ont pas besoin de votre mémoire, ils sont vivants dans la mienne et c'est bien suffisant. Je sais qu'ils ont œuvrés honnêtement en Algérie, qu'ils n'étaient pas racistes encore moins profiteurs, c'étaient des gens dignes comme la majorité des ancêtres de mes compatriotes Français d'Algérie, ils sont morts avant l'indépendance et que vous les impliquiez dans votre piété malencontreuse à la guerre d'Algérie me parait outrageant pour eux et pour nous.

Ils n'ont pas besoin de votre geste qui les met à égalité vis-à-vis de l'opinion publique désinformée, avec les FLN que vous auriez sans doute nommés " assassins " bien plus que racailles, si vous aviez vécu sur place la guerre d'Algérie et je peux vous garantir que le karcher n'aurait pas été suffisant pour vous défendre à ce moment là.

En conclusion, Monsieur Sarkozy en multipliant vos gestes de duplicité sur place en Algérie vous espériez que les gouvernants Algériens n'oseraient formuler en votre présence des demandes d'excuses. Eh bien ils l'ont fait, ils ne sont pas gênés pour discourir sur ce sujet alors que vous vous trouviez encore en voyage officiel sur le territoire Algérien et vous n'avez pas pipé mot en réponse. C'est LAMENTABLE de votre part Monsieur Sarkozy, mais il est évident qu'il est beaucoup plus confortable de traiter des délinquants " racailles " en banlieue parisienne que de l'ouvrir sur place en Algérie ne serait-ce que pour remettre les pendules à l'heure. Mais votre silence coupable, est aussi à votre insu une parfaite démonstration de la méthode " Comment perdre des voix " …. en allant jouer en pure perte (c'était à prévoir d'avance) les conciliateurs en Algérie.

La presse Algérienne ne vous a pas ménagé non plus : je relève dans un article d'Omar Khartoum du 14 Novembre 2006 (El Watan) ce que la majorité des algériens pensent de vous :
Reproduction de cet article :

" Le très médiatisé ministre français de l'Intérieur, présidentiable en puissance en avril 2007, est dans nos murs. Nicolas Sarkozy, hospitalité généreusement algérienne oblige, a reçu des autorités de notre pays l'accueil chaleureux qu'il ne méritait pas. Pour plaire au représentant du gouvernement français, nos responsables politiques iront jusqu'à déroger aux usages protocolaires en initiant dans le programme de visite le dépôt d'une gerbe de fleurs au sanctuaire des Martyrs, alors que cet hommage posthume n'est habituellement réservé qu'aux chefs d'Etat et de gouvernement. Animateur d'une droite française de jour en jour plus à droite, Sarkozy a enjambé la Méditerranée visiblement pour être perçu sous de meilleurs auspices par les électeurs black-beurs des banlieues françaises qu'il n'a pas cessé, ces deux dernières années, de martyriser à l'aide d'expédients vulgaires et musclés. L'opinion publique, de ce côté-ci de la mer, a appris à connaître et abhorrer ce personnage ambitieux et provocateur, manipulateur roublard au verbe tranchant, qui a bouleversé les bonnes mœurs de la vie politique française en allant brouter sur les pâturages nauséabonds de l'extrême droite lepeniste. Après les péripéties pathétiques de communautés religieuses accablées, de sans-papiers davantage précarisés et d'enfants d'immigrés culpabilisés, Nicolas Sarkozy se rend compte aujourd'hui que ces citoyens quelque peu français mais tout de même électeurs risquent de constituer cette poignée de suffrages qui aura son poids dans le décompte présidentiel final. Alors qu'il serait en baisse dans les sondages, il ne trouve rien de mieux qu'un saut de sauterelle pour charmer, rassurer et tenter de réchauffer des relations rendues glaciales par la promulgation de la loi sur les bienfaits de la colonisation. Même sur ce dernier chapitre sensible chez les Algériens, il ne fera aucune concession par l'entremise de son conseiller politique, Gérard Longuet, qui trouvera consternantes, la veille de la visite de son ministre, les exigences de notre peuple de reconnaissance par la France des crimes commis en Algérie. La main lourde lorsqu'il s'agit de réprimer les banlieusards et le geste magnanime quand il vient nous annoncer l'allégement dans la procédure de délivrance des visas, M. Sarkozy il aura à le savoir ne peut accorder à notre pays le traitement de n'importe quelle république bananière. Il ne le pourra pas parce qu'un contentieux moral né de la colonisation et de la guerre d'indépendance qui a coûté à notre nation un million et demi de morts reste posé entre les deux pays qu'" une mer de sang sépare ", pour reprendre les propos du défunt Houari Boumediene lorsque les relations étaient au plus mal en 1974, quasiment pour les mêmes raisons. Depuis, beaucoup d'efforts ont été faits par les gouvernements successifs des deux côtés de la Méditerranée pour jeter des passerelles amicales durables. Jusqu'au 23 février 2005... Libre à la droite française de s'émouvoir aux larmes jusqu'à pénaliser l'atteinte à l'occultation du génocide arménien. Sur cette terre a également été commis un génocide dont l'auteur est identifié. Notre colère ne vient pas, loin de là, d'une rancune tenace. Alors, de grâce, que l'on ne nous prenne plus pour des " indigènes "...

Omar Kharoum - El Watan - 14.11.2006 "
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De retour en France, Monsieur Sarkozy, vous avez tenu à écrire au Président algérien Bouteflika une lettre officielle dans laquelle je relève ce paragraphe : " …. J'ai été également heureux de recueillir vos analyses si sages sur le sens de l'amitié franco-algérienne à laquelle, comme vous j'attache la plus grande importance. Vous pouvez compter sur ma détermination à ancrer cette relation dans l'avenir, car elle doit servir de modèle d'association pour l'ensemble des relations entre la Méditerranée et l'Union Européenne " ……
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Le sens de l'amitié franco-algérienne Monsieur Sarkozy tel que vous le définissez ne correspond pas à la réalité. Le sens de l'amitié franco-algérienne n'a qu'un seul sens Paris-Alger assorti de très substantielles subventions puisés dans la poche des contribuables français pour servir les intérêts des algériens du sommet et des néocolonialistes français véreux leurs complices.

Pour le reste en retour dans le sens Alger-Paris des accusations injustes et des demandes d'excuses officielles : vous en aurez la démonstration officielle le 5 juillet 2007 dans le discours qui sera prononcé par le Président Algérien et don une radio-libre parisienne a déjà fait connaître quelques échos peu flatteurs pour la France.

Ceci dit, Monsieur Sarkozy, je ne veux en aucune façon influencer les Français qui voteront chacun selon son choix en son âme et conscience, mais j'ai tenu ouvertement à faire connaître mon opinion et inutile de vous préciser que vous êtes rayé de la liste des présidentiables pour moi, comme l'est d'ailleurs votre rivale Madame Ségolène Royale, qui tombant son masque ouvertement elle, passe son temps, non pas à se taire coupablement comme vous l'avez fait, mais à accuser les " colonialistes " de tous les pires méfaits, et à discourir à tort et a travers sur l'indépendance de nos départements et territoires d'Outre mer, jusqu'à aller jusqu'à prétendre en se faisant piéger par un humoriste que " les français seraient contents (ou heureux ) " si la Corse devenait indépendante ", sans compter son discours tendancieux au Québec sur la " souveraineté ", discours qui a failli déclencher un incident diplomatique, si la maladresse de sa déclaration n'avait pas immédiatement été ressentie comme une de ces bavure dont elle est coutumière et qu'il ne convenait pas de relever au niveau international.

Lucienne PONS (2007)