FRAGMENTS MORCELÉS DE MÉMOIRES ÉVOQUÉS à L’EMPORTE-PIÈCE
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Jean-Claude Perez

A propos du prix Veritas qui me sera remis le 21 septembre 2014
à Saint-Laurent du Var

sept.2014
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                          FRAGMENTS MORCELÉS DE MÉMOIRES ÉVOQUÉS Ā L’EMPORTE-PIÈCE  4

Par le docteur Jean-Claude PEREZ,

A propos du prix Veritas qui me sera remis le 21 septembre 2014 à Saint-Laurent du Var …..

Il s’agit de mon livre publié en 2004 : « L’ISLAMISME DANS LA GUERRE D’ALGERIE »

Toutes les références concernant ce livre sont indiquées dans la bibliographie que vous trouverez à la fin de cette étude n° 4

C’est avec entêtement que j’évoque encore l’histoire de la mort de la France en Algérie. Je le fais avec d’autant plus de ténacité que pour moi l’heure de quitter ce monde crépusculaire s’approche inéluctablement.

Deux de nos frères d’armes, hauts responsables de la défense de l’Algérie française, nous ont quittés récemment. Pierre Descaves et Pierre Lagaillarde. Au-delà de la mort, je les salue encore, comme les chefs qu’ils ont été, chacun à son poste.

Ma conviction reste totale.

L’Algérie, immense territoire, aurait dû rester « française » pour devenir « européenne » ensuite. Elle représentait un site de rencontre privilégié, providentiel même, entre l’Occident et le monde musulman.

Le refus obstiné de l’Algérie française, illustre sans aucune restriction, une volonté stratégique : créer les conditions d’une  confrontation inéluctable entre le monde musulman d’une part et le monde non musulman d’autre part.

Il a fallu pour nos ennemis, vaincre dans un  premier temps le christianisme en Algérie. Et à partir de cette victoire, conférer son essor et sa pugnacité invasive à l’arabo-islamisme fondamentaliste.

Les hommes politiques contemporains et tout particulièrement les occidentaux, refusent d’enregistrer la véritable identité de la guerre d’Algérie. En conséquence de cette attitude ils opposent à la révolution fondamentaliste islamiste actuelle, une misérable insuffisance de réaction. Une apathie qui s’explique par leur appauvrissement intellectuel et spirituel. Appauvrissement qui résulte d’une volonté obsessionnelle : ne pas tirer profit du rayonnement qui émane encore de l’astre « Algérie française ».

L’Algérie française est morte, assassinée par des hommes qui souffrent par-dessus tout d’une encéphalopathie gaulliste. C’est-à-dire d’une atteinte gravissime de leurs fonctions intellectuelles supérieures. Encéphalopathie qui les rend réfractaires, aujourd’hui encore, au rayonnement transmis à partir de « l’astre Algérie française ».

L’Algérie française est morte. L’astre Algérie française a disparu lui aussi, tout logiquement. Mais le rayonnement qu’il a généré durant 130 ans, nous parvient encore. Ce rayonnement a survécu….. pour un laps de temps évidemment limité. Il appartient à ceux qui ont encore la foi, à ceux qui nous reconnaissent comme les défenseurs de cette place forte de l’Occident que fut l’Algérie, de ne plus rester soumis à la décérébration gaulliste.

Le djihad universel et actuel que nous connaissons fut déclenché le 1er novembre 1954 en Algérie.

Il y aura 60 ans très bientôt.

« La guerre pour le triomphe de l’arabisme et de l’islam » a déclaré ce jour-là au Caire, El Bachir el Ibrahimi, président de l’association des oulémas d’Algérie.

« Pour le triomphe de l’arabisme et de l’islam » : voilà pourquoi la France fut attaquée par un ennemi à qui fut offerte une victoire aux dépens de notre patrie, par la volonté exclusive de De Gaulle.

Cette défaite, qu’on a imposé à notre patrie de subir en Algérie, j’ai voulu l’illustrer dans un chapitre de mon livre, « l’Islamisme dans la guerre d’Algérie ». Chapitre que je soumets à votre attention à partir des pages suivantes.


Je rappelle que ce chapitre fut écrit en 2004.

5 juillet 2012… Une dernière classe imaginée en Petite Kabylie….

Une dernière classe…

Imaginons une école ultramoderne. En Kabylie. Ultramoderne mais surtout imaginaire, car nous sommes au mois de juillet 2012…

A la fin de l’année scolaire, un instituteur kabyle tenté par l’islamisme, presque un Taleb, donne son dernier cours de l’année à de jeunes élèves. Car nous sommes au mois de juillet.

Il évoque « la » guerre. « Une guerre française » affirme-t-il, « plus importante et plus longue que la guerre de cent ans. La plus longue guerre que la France ait connue », précise-t-il.

« Cette guerre a opposé la nation française à  notre pays, la Régence turque d’abord et plus tard, à partir du 7 mai 1931, la nation algérienne. Cette guerre s’est poursuivie pendant plus de 130 ans ».

Ecoutons avec attention cette dernière classe…. Imaginaire…. donnée au sein de cette école… encore plus imaginaire.

*

*  *

« En Algérie, avant l’arrivée des troupes françaises, la pauvreté était dominante. Tout était rudimentaire, arriéré. Le rayonnement de l’islam était encore laborieux, en raison des querelles tribales qui se déclenchaient, pour un oui ou pour un non, sur notre territoire. Il vous faut savoir, mes chers enfants, que nos rivalités d’origines multiples, en particulier nos rivalités ethniques, n’avaient pas permis à notre nation de voir encore le jour à cette époque-là.

Une fraction non négligeable du peuple berbère, et parmi eux des Kabyles en particulier, restaient parfois réticents à l’égard du message de notre Prophète, qu’Allah veuille bien garder en Sa divine protection. Leur agressivité naturelle, leur perpétuel esprit de rébellion, ajoutés aux difficultés du relief qui les abritait et à la pauvreté extrême des moyens de communication, ne permettaient pas d’instruire pleinement ces populations du message de Mohamed.

Notre pays était pauvre car aucune industrie ne s’y développait encore. Aucune structuration économique n’avait été  élaborée. Nous disposions d’un réseau de communication lamentable. Il ne restait rien des 8000 kilomètres de routes que les Romains avaient tracées.

Pas d’hôpitaux. La situation sanitaire était catastrophique. La mortalité infantile effroyable.

                 A cette époque, nous n’étions pas encore une nation indépendante. Car depuis près de trois siècles, nous nous trouvions sous la domination turque. Les militaires turcs et les janissaires contrôlaient le pouvoir pour le compte du sultan de Constantinople auquel, chaque année, nous devions payer un tribut. Dans l’intérieur des terres, notre peuple se voyait soumis à une véritable féodalité. Les notables n’hésitaient pas à vider leurs différends lors de confrontations qui, parfois, dévastaient le pays.

L’esclavage était florissant. Il s’exerçait surtout aux dépens des travailleurs émigrés, miséreux, morts de faim, en provenance de l’Afrique saharienne. De l’Afrique noire. Les plus riches d’entre eux avaient encore leurs harems avec leurs eunuques.

En ce temps-là, il n’était pas imaginable que la richesse nationale pût naître à partir des ressources naturelles de notre terre. Celle-ci, en effet, était aride, couverte de marécages et de pestilence. La majeure partie du territoire se voyait abandonnée à la friche. Par habitude, nos hommes répugnaient à travailler la terre et nos femmes  ne pouvaient s’acquitter de cette tâche qu’avec des instruments aratoires archaïques.

Notre féodalité, notre élite, ainsi que nos grands négociants n’étaient pas en mesure de faire fructifier des marchés producteurs de profits à partir de nos ressources propres. La pratique de la piraterie se révélait ainsi d’une nécessité vitale pour la Régence.

Grâce à cette piraterie, les esclaves chrétiens complétaient l’effectif des esclaves africains. Mais ils offraient un avantage sur ces derniers. On pouvait les échanger contre une rançon, c’est-à-dire que l’on pouvait les vendre à l’extérieur, ce qui, évidemment, n’était pas le cas des autres esclaves noirs ou métis du sud de l’Algérie et des confins sahariens que l’on achetait et que l’on vendait comme du bétail.

Avant toute chose, le premier but de notre piraterie se proposait d’augmenter notre capital d’esclaves. Ceux-ci représentaient en vérité notre principale matière première. Car c’est du montant des rançons ainsi que de la vente des marchandises récupérées lors des opérations de piraterie, que s’élaborait ce que l’on appelle aujourd’hui, le revenu national. Je précise que certains armateurs italiens très connus, très célèbres, installés depuis longtemps sur le territoire de la Régence, n’hésitaient pas à tirer profit du commerce des produits de la piraterie. Ils se chargeaient de leur transport vers les places commerciales européennes.

Il n’était pas toujours indispensable de ramener nos prises humaines à l’intérieur du territoire de la Régence turque d’Alger, pour en recueillir le prix de vente. J’évoque « la Régence turque d’Alger », car je vous le rappelle, notre pays ne s’appelait pas encore l’Algérie. Je vais vous donner un exemple précis de cet aspect particulier, très peu connu de la piraterie de nos anciens et du négoce d’esclaves.

Lanzarote est une île des Canaries. Donc un territoire espagnol. Des pirates barbaresques débarquent de nuit et capturent ainsi une partie importante de la population d’un village côtier. Le navire pirate s’éloigne de la côte, mais reste bien en vue, à quelques encablures. Dès le lever du jour, un signal est lancé pour ouvrir les négociations avec le reste des habitants et avec les notables de la localité, victimes de notre expédition. Ce signal, c’est un drapeau ou plutôt un pavillon que l’on hisse tout en haut du plus grand mât du bateau pirate.

Les Espagnols, entraînés à cette époque à subir ce genre d’opérations, appellent ce fanion « la bandera del rescate », « le pavillon de la rançon ».

Il signifie que nos anciens sont disposés à restituer les otages contre le paiement immédiat d’une somme d’argent ou contre la remise d’objets précieux. Objets précieux qu’il nous faudra vendre ultérieurement par l’intermédiaire d’armateurs italiens et de négociants livournais.  Ce paiement, une fois effectué, les captifs sont libérés et nos marins peuvent alors s’en aller ailleurs, vers un autre marché qui offrira des ressources aussi profitables.

Evidemment, toutes ces activités n’ont pas manqué de provoquer chez nos voisins chrétiens, de violentes réactions d’hostilité.

En 1830, à la suite d’une dette que la France ne voulait pas honorer au crédit de notre dey Hussein, une armée française débarque à Sidi Ferruch, à l’ouest d’Alger, le 14 juin de la même année. Quelques jours plus tard, nos troupes sont vaincues à Staouéli. Le 5 juillet 1830, notre dey capitule devant le général en chef français, le duc de Bourmont.

Après l’occupation d’Alger, les Français vont entreprendre, avec d’énormes difficultés, la conquête du territoire de la Régence turque d’Alger. Il est important de souligner que notre nation théoriquement suzeraine, la Turquie, reste indifférente à notre destin. On a même l’impression, aujourd’hui encore, qu’elle éprouve, en cette circonstance, un indiscutable soulagement à être séparée du territoire de notre patrie d’aujourd’hui. Il s’agit là d’un comportement facile à comprendre si l’on veut bien ne pas oublier que la Régence ne rapporte rien à cette époque. On peut même ajouter qu’elle n’est d’aucune utilité militaire et stratégique. Je veux vous dire par ces précisions qu’elle n’est en rien nécessaire au rayonnement de la glorieuse nation turque. Celle-ci n’éprouve en conséquence, aucune amertume à l’abandonner à son nouveau destin.

Devons-nous considérer, mes chers enfants, que ce débarquement français fut à l’origine d’une catastrophe pour ce qui, plus tard, deviendra l’Algérie ?

Pas du tout. Au contraire !

Car cette bataille perdue ne fut que le premier épisode d’une très longue guerre qui commençait. A l’origine, certes, d’une occupation de notre territoire qui va durer plus de 130 ans. Paradoxalement, celle-ci va donner l’occasion à nos vainqueurs du moment, de mettre en route grâce à leurs initiatives, une promotion éclatante de notre future patrie. Ils vont la faire naître. Ils vont la façonner de leurs propres mains. Et pourquoi mettre en accusation un accoucheur parce qu’il fait parfois souffrir une femme en couches si, en même temps, il lui permet de donner naissance à un bel enfant ?

Sous l’occupation française, les guerres tribales vont cesser. Le drame sanitaire va s’atténuer d’abord pour disparaître à jamais. Notre population va se développer grâce aux médecins et aux hôpitaux français.

Allons-nous manifester, aujourd’hui encore, la maladresse et surtout l’ingénuité de nous plaindre de quelques fraudes administratives, de quelques trucages électoraux qui ont permis à la France d’exercer son pouvoir ?

Mais pas du tout ! Nous ne sommes pas idiots. Il ne fallait surtout pas, à cette époque, gêner la France. Au nom d’Allah !

« Comment cela est-il possible ? », pourriez-vous soudain protester avec horreur, avec colère. Que moi, votre  maître, après avoir exalté devant vous, pendant toute l’année scolaire, l’histoire de notre patrie, la victoire de notre armée de libération nationale, notre glorieuse ALN, je bénisse, oui, que je bénisse au nom du Seigneur, l’œuvre de la France en Algérie ?

Et bien je vais répondre à votre étonnement et donner à vos intelligences alertées par l’impétuosité de la jeunesse, les explications qu’elles attendent.

Grâce à cette occupation, grâce au développement agricole, à la découverte du pétrole et du gaz, grâce aux constructions françaises, grâce au génie français tout simplement, notre pays a fait un énorme bond dans l’avenir. Un bon qui en a fait, en un temps record, le pays le plus peuplé du Maghreb. Et certainement le plus riche.

Il a été observé très souvent dans l’histoire, que l’évolution et l’essor d’un pays exigent parfois le passage par une très longue période de ténèbres. Mais les « ténèbres » engendrées par la France ici en Algérie, comme l’a déclaré il y a longtemps, un héros kabyle de la révolution algérienne, ont fait de notre terre à cette époque, ce que les Français appellent « un pays de Cocagne ». Notre peuple, en effet, croissait, se multipliait. Il se forgeait une santé, devenait vigoureux et tout cela, grâce à la France.

La paix, un équilibre économique satisfaisant, une indiscutable sécurité sanitaire, une législation sociale dont nous étions, de loin, les  principaux bénéficiaires, une instruction dispensée gratuitement par les instituteurs et les professeurs français, voilà autant de facteurs qui ont contribué à accélérer notre évolution en nous habituant au progrès.

Mais, par-dessus tout, mes chers enfants, n’oubliez jamais qu’il faut attribuer à la France, et seulement à elle, l’initiative d’avoir promu le déploiement de l’islam en Algérie. Une véritable envolée de l’islam, voilà ce que la France nous a offert ! Retenez cela comme la faute la plus grave qui ait été commise par notre ennemi, car elle entraînera la mort historique en Algérie, de notre vainqueur de 1830.

Dans un premier temps, la France a observé une attitude d’abstention. En effet, forte de sa puissance militaire, ainsi que de la foi et de la vigueur de son clergé catholique, la nation française aurait pu en profiter.

Pour ramener dans la foi chrétienne  et romaine des populations berbères que nos ancêtres musulmans avaient réussi certes à convertir à l’islam mais après de grandes difficultés. Pour la plupart d’entre elles d’ailleurs, cette conversion ne s’était effectuée que de façon superficielle.

Pour atténuer au maximum l’expression de notre culte.

Bref, nous réduire à l’état des « mudéjares » et des « tagarins » espagnols. C’est-à-dire à l’état de musulmans autorisés à vivre sur les territoires conquis dans la péninsule ibérique par les chrétiens espagnols.

Mais non ! La France n’a rien accompli de tout cela. Tout s’est déroulé, en réalité, comme si l’islam algérien avait eu besoin de la présence française, des institutions démocratiques françaises, pour se déployer en Algérie avec une vigueur nouvelle qu’il ne connaissait pas auparavant. La foi, dans le message de notre Prophète, s’exprima avec ferveur dans toutes les couches de notre population. La religion musulmane put rayonner, désormais triomphante. L’arabe littéraire fut largement enseigné, la plupart du temps par des professeurs français, diplômés de facultés françaises, qui imprégnèrent ainsi notre terre d’une arabité nouvelle qu’elle n’avait jamais connue auparavant.

Mais le summum de l’imprudence française, le comble de l’indigence intellectuelle de nos vainqueurs de 1830, s’illustra avec éclat en 1931. Le 7 mai de cette même année, notre vénéré cheikh Abdel Hamid Ben Badis, que le Seigneur garde en Sa sainte protection, fut autorisé par nos ennemis français à promouvoir, sur le territoire algérien, l’Association des oulémas. C’est-à-dire le conseil supérieur des docteurs de la foi coranique. Imaginez le roi français Louis XIV, qui a révoqué l’édit de Nantes, supprimant ainsi la liberté du culte aux protestants, en train d’installer une université évangéliste dans une aile du château de Versailles !

Ou bien les Français étaient naïfs !

Ou bien rendus méfiants par le développement accéléré de notre peuple, ils ont voulu créer, dès cette époque, toutes les conditions ethnico-confessionnelles qui rendront notre indépendance inéluctable un peu plus tard.

C’est à partir de cette date, le 7 mai 1931, que vont rayonner sur notre terre, comme les anges de la foi du Prophète, les grands noms de l’islam algérien. Mes chers enfants, je vous demande de vous incliner avec respect devant Ben Badis cheikh, ainsi que devant les cheikhs El Madani et Ibrahim Bachir. Ce dernier est né sur notre terre, pas loin d’ici, à Ras-El-Oued, dans la wilaya de Sétif.

Tous ces hommes ont construit de leurs propres mains, le soubassement du djihad que nos pères vont conduire à partir de cette date, le 7 mai 1931.

Car c’est à partir de ce jour qu’a commencé la deuxième phase de la guerre. Le 7 mai 1931 symbolise, avec éclat, la mort du 14 juin 1830. Plus encore, historiquement cette date efface la capitulation du dey Hussein, le 5 juillet de la même année.  Le 7 mai 1931, grâce au bon vouloir de l’administration française, grâce à la loi française de 1901 sur les associations, marque le jour de la véritable naissance de la nation algérienne. Ben Badis, premier président de l’association des oulémas a déclaré, en effet, à la face du monde : « Ma religion c’est l’islam, ma langue c’est l’arabe, ma patrie c’est l’Algérie ».

A partir  de cet instant précis, mes chers enfants, je vous demande de me prêter toute votre attention. Et ne perdez pas de vue que je suis en train de célébrer devant vous aujourd’hui, la guerre qui a été gagnée par nos anciens en 1962. Cela fait tout juste 50 ans.

Ce djihad silencieux pendant longtemps, va connaître une première manifestation, en termes de guerre ouverte, le 25 janvier 1941 à Maison-Carrée, à l’est d’Alger. Ce jour-là, 800 spahis musulmans vont prendre les armes, tuer un capitaine de cavalerie français et dix sous-officiers de l’armée française. Les glorieux chefs de cette sainte révolte seront fusillés par les Français. Mais nourris du message de l’association des oulémas, ils mourront tous l’index pointé vers le ciel en signe de soumission et de fidélité à la nation arabe. Car 1941, c’est dix ans après la naissance de cette glorieuse association.

Quatre ans plus tard, le 8 mais 1945, notre peuple kabyle va se soulever, appelé à la révolution islamiste par le grand émir libanais Chekib Arslan, que le Seigneur l’accepte sous Sa sainte protection ! Il vivait à Genève, condamné à mort depuis 19 ans par les Français. Mais la France va réagir avec une vigueur inattendue qui étouffera cette révolte. Révolte plus généralement rapportée par les historiens sous le titre des « évènements de Sétif du 8 mai 1945 ».

Le 1er novembre 1954, se déclenche la dernière phase du djihad. A partir du Caire, Ibrahim Bachir cheikh le président en titre et en fonction de l’association des oulémas, nous envoie le message attendu : « le combat est engagé pour le triomphe de l’arabisme et de l’islam », proclame-t-il à la face du monde. Nouvel Abdelmoumen, l’ancien chef des Almohades au XIIème siècle, ce Berbère des Hauts Plateaux sétifiens déclenche la guerre contre la France pour la victoire des Arabes. Et, surprise ! La France ne réagit pas. Elle va se laisser enfermer dans le dernier épisode de cette guerre, qui va durer huit ans, alors qu’une impitoyable fermeté aurait pu anéantir l’effort de nos combattants dès les premiers jours de son déclenchement.

Mais, à cette époque, nous étions protégés par l’opinion internationale. Par la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948.

Nous étions protégés aussi par un appareil politique français devenue complice de notre révolte. Les partis de gauche prétendirent, en effet, faire de notre combat un épisode de la lutte des classes. D’autres partis politiques, d’origine hybride, qui s’intitulaient parfois de droite, en tout cas, anti-communistes, ne tardèrent pas à manifester une conviction différente qui joua cependant en notre faveur : se débarrasser de l’Algérie et surtout de notre peuple parce qu’i était musulman. Parce qu’il était arabe, berbère ou kabyle. Par rejet raciste.

C’est en fin de compte, au service des croyants dans le message de Mohamed, que vont se mettre les droits de l’homme et les hommes politiques français. Et cela, que ces derniers le veuillent ou non. Grâce à tous ces partis, et au général De Gaulle, qu’Allah le garde lui aussi en Sa divine protection ! La victoire fut acquise. Pour le triomphe de notre foi. Pour l’arabité nouvelle de l’Algérie.

Riche de cette victoire, notre peuple peut maintenant s’implanter progressivement, lentement, sur le sol de France. Sur le sol de notre ancien conquérant.

Que vont faire nos concitoyens sur le territoire de nos ennemis ? Gagner de l’argent ? Y chercher le bonheur ?

Non ! Et mes chers enfants, je vous demande votre attention une fois de plus : le djihad continue.

Nos concitoyens défendent sur le territoire de France, ce qui fait la force perpétuelle des musulmans. Je parle de ceux qui ne transigent jamais avec les versets du coran. Ils défendent sur le sol de France la reconnaissance officielle de leur statut personnel.

Ce statut doit s’assimiler avant toute chose, à une forteresse spirituelle, jusqu’à ce jour inviolée, grâce à laquelle nous restons fidèles à l’enseignement de notre Prophète. Cette forteresse, c’est notre vénéré cheikh Abdelhamid Ben Badis qui l’a consolidée, pour en faire l’obstacle sur lequel la France s’est cassée les dents, à partir de 1931.

Au fur et à mesure que l’intégration de la défaite va se développer en France, lorsque les musulmans obtiendront la possibilité légale de jouir de tous leurs droits civiques spécifiques sur le sol de France, d’est à dire de jouir en même temps de la citoyenneté française et de la juridiction coranique, ils pourront affirmer alors avec orgueil : « je ne suis plus un Français de confession musulmane. Je suis, maintenant un Musulman qui vit en France. »

Grâce au charme de ce statut, nous sommes en droit d’espérer la conversion de beaucoup d’infidèles qui seront tentés de se soustraire à la juridiction civile française. Nous pourrons alors rejeter, pour la nuit des temps à venir, cette loi d’Occident qui veut imposer aux hommes d’être :

-      Des citoyens dans la nation,

-      Des religieux à la maison.

Car ce que nous voulons, c’est être « des religieux à la maison et dans la nation ».

Lorsque nous aurons atteint ce but, alors nous aurons gagné la guerre. La guerre qui a été déclenchée contre nous le 14 juin 1830 par le débarquement français à Sidi Ferruch, à l’ouest d’Alger ».

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Voilà le risque auquel « ils » ont exposé notre pays, la France, soumise aux effets de la polarisation Sud-Nord développée à partir du glacis opérationnel que représente l’Algérie.

Un risque que j’ai voulu évoquer par cet évènement virtuel : une classe de fin d’année scolaire, en 2012, dans un village imaginaire de Petite Kabylie».

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BIBLIOGRAPHIE

L’assassinat de l’Algérie française, terreau de la conquête islamiste actuelle. 2012

Un des livres du cinquantenaire, à lire et à faire lire.

Vérités tentaculaires sur l’OAS et la guerre d’Algérie

Stratégies et tactiques, 2006 ; 2e Edition

            Cet ouvrage a été d’un grand recours dans la rédaction de cette étude

L’islamisme dans la guerre d’Algérie

Logique de la Nouvelle Révolution Mondiale, 2004

Le sang d’Algérie

Histoire d’une trahison permanente, 2006 ; 2e édition

Debout dans ma mémoire

Tourments et tribulations d’un réprouvé de l’Algérie française, 2006 ; 2e édition

Attaques et Contre-attaques

Vérités tentaculaires sur l’OAS et la guerre d’Algérie II, 2008

Editions Dualpha

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Site internet : www.dualpha.com

Vous pouvez prendre connaissance des deux interview accordées par Jean-Claude PEREZ :

- la première à Monsieur Olivier CAZEAUX : sur Internet tapez « OAS, le docteur PEREZ parle » ;

- la seconde, à Monsieur BESSOU dans le cadre de la préparation d’un film. Monsieur BESSOU a livré à Jean-Claude PEREZ tout le matériau de son exposé visible sur le site www.jean-claude-argenti-sauvain.com.



[1] Salle Roger Ferrière – Esplanade du Levant – 06700 SAINT LAURENT DU VAR ( à partir de 14 heures)