-Papon et la manifestation FLN du 1 7 Octobre1961
extrait de " Pieds-Noirs d'hier et d'aujourd'hui, mai 1999, n°101 "

8 Ko / 3 s
précédent
retour
suivant

Papon et la manifestation FLN du 1 7 Octobre1961
Jacques Torres

Cette semaine encore, nos médias "dans le coup" ont fait leurs choux gras de Maurice Papon et de la manifestation du 17 Octobre 61 à Paris.
Un historien qui se déclare lui-même amateur et dont la couleur -disons philosophique- ne fait aucun doute, prétend détenir des preuves d'un massacre qui aurait été perpétré contre les Algériens qui manifestent ce jour-là.
Seule l' ouverture des archives de la guerre d'Algérie et de ses conséquences permettrait d'y voir plus clair.
Or. il y a quelques mois, Madame Trautmann faisait une déclaration enflammée contre Maurice Papon et décidait d'ouvrir ces sacrées archives.
Certains croyaient dur comme fer à cette prochaine ouverture. Je pense que Catherine Trautmann y croyait elle aussi. Elle ignorait sûrement, car elle était un peu jeune à[époque des faits, que , en plus des personnalités de son opposition qu'elle comptait bien mettre dans l'embarras en les associant au Préfet Papon, elle aurait, par contrecoup, mis dans le même sac nombre de ses amis politiques.
On lui a fait rapidement comprendre qu'il valait mieux garder sous le boisseau les archives de la guerre d'Algérie car on aurait pu avoir des révélations sur le soutien que les Dumas, Rocard, Dufoix etc.. .avaient apporté aux ennemis du pays. Quel sort réserva-t-on aux "collabos" en 1945? Et aux traîtres?
Revenons aux faits. Donc, le 17 Octobre 1961, en pleine guerre d'Algérie, suivant les prémonitions menaçantes de Ferhat Abbas de "porter la guerre plus loin que Poitiers, et même jusqu'à Paris", le FLN organise une manifestation en plein Paris, avec drapeaux FLN en tête!
Cette manifestation n'était pas autorisée (il n'aurait plus manqué que cela! Quoique.. On a vu pire depuis ce temps-là...)
Le Préfet de Police Papon prend donc les mesures habituelles pour maintenir l'ordre et mobilise ses troupes. Tout autre Préfet de police de Paris digne de ce nom en aurait certainement fait autant.
Qu'étaient-elles ces troupes? Des gens qui, pour beaucoup avaient fait un séjour en Algérie -où les effectifs de police avaient été singulièrement augmentés pour les besoins de la cause- et qui n'ignoraient rien des pratiques du FLN sur les populations. Certains avaient même servi dans l'Armée en cette période et parmi eux, il y en avait qui avaient été décorés pour actes de bravoure contre l'ennemi FLN. Et voilà que ces mêmes ennemis venaient les narguer et les attaquer sur leur propre sol, dans leur capitale même. N'était-ce pas un acte de guerre?
C'était comme si, pendant la deuxième guerre mondiale, des nazis avaient défilé dans un pays ennemi non-occupé s'entend. S'il y a eu d'innocents travailleurs algériens tués dans le lot des victimes, c'est sans aucun doute regrettable, mais s'ils étaient là, soit c'était parce qu'ils partageaient les mots d'ordre du FLN, soit qu'ils avaient été contraints par la force à se mêler au FLN. Dans cette hypothèse, à qui revient la responsabilité de leur sort?
Aurait-il fallu laisser les FLN tirer sur les forces de l'ordre sans réagir? Légitime défense, vous connaissez? Et une fois l'action engagée, la violence engendre la violence...
En temps de guerre, cette violence est légitime. Elle est associée à la bravoure et au courage. Le héros est celui qui tue l'ennemi! Ce fut le cas, me semble-t-il.
Qui peut jurer de ses propres réactions une fois pris dans l'engrenage?
La justice doit passer.. Nous verrons bien si nous en apprenons plus sur cet épisode tragique des événements d'Algérie

Jacques Torres


Mais une question me revient sans cesse:
S'il est parfaitement légitime et noble pour les médias de vouloir éclairer des faits tragiques et quelque peu obscurs, de rechercher les éventuelles responsabilités dans le cas des quelques victimes du 17 Octobre 1961, pourquoi, oui, pourquoi ces mêmes médias si altruistes et si humanitaires font-ils tellement peu de cas des centaines de milliers de Français Musulmans et de Pieds-Noirs massacrés à cette même période?
L'histoire officielle doit avoir raison, contre la vérité historique. Tant mieux pour la Raison d'État si les journalistes limitent volontairement leur objectivité et leur honnêteté et se tiennent dans le vent de l'histoire. Ils réussiront certainement bien mieux en courbant l'échine de cette façon plutôt qu'en mettant les pieds dans le plat. Ce n'est pas l'idée que je me fais de la vraie presse, mais comment leur en vouloir : ils mettent en pratique l'adage bien connu: "On apprend à hurler, dit l'autre, avec les loups "…