

En présence des hautes autorités
M. Soustelle a inauguré le monument du 8 Novembre « Le
symbole de cette stèle est de rappeler les idéaux de la
France et notre fidélité à sa mission de
liberté et dhumanité. »
Hier, à 16 heures, sest déroulée, en présence
dune grande affluence, à lentrée de lavenue
du 8-Novembre, linauguration du monument de lAssociation
de la libération française du 8 novembre 1942.
Le monument de style moderne, dû au ciseau de notre concitoyen
le statuaire Jacques Missé, a huit mètres de haut. Il
symbolise une main brandissant un glaive frappé de la croix de
Lorraine. Le bas- relief représente sur trois de ses côtés
linsigne des anciens du 8 novembre, le sursaut de larmée
dAfrique et une scène du débarquement allié
sur nos plages. Sur sa face principale, cette inscription :
A laube du 8 novembre 1942. avec laide de la résistance
intérieure, les armées alliées débarquèrent
sur les côtes de lAlgérie et du Maroc, marquant ainsi
la rentrée dans la guerre de larmée dAfrique
aux côtés des Forces françaises libres.
Les personnalités
Parmi les nombreuses personnalités, quaccueillirent M.
Achiary. président de lAssociation de la libération
française du 8 novembre ; le général Pierre Weiss,
président de la Maison de la résistance, et les présidents
des associations danciens combattants, nous avons reconnu, aux
côtés de M. Jacques Soustelle, gouverneur général
de lAlgérie, et de MM. Clark, consul général
des Etats-Unis, et Mill Irving, consul général de Grande-Bretagne
; Lawson, vice-consul : MM. Brahiml, J. Chevallier, Ribère, députés
du département.
Le général Lorlllot, commandant la dixième Région
; le général Klentz, adjoint au général
commandant la dixième Région : lamiral Auboyneau,
commandant en chef les forces navales françaises en Méditerranée
; le colonel Fauret, représentant le général Firroloni,
inspecteur général adjoint de larmée de lair,
et le général Frandon, commandant la cinquième
Région aérienne.
MM. Cuttoli et Urbanl, secrétaire général et secrétaire
général adjoint du gouverneur général ;
MM. le docteur Goëau-Brissonniére, représentant le
président de lAssemblée algérienne ; Bortolotti,
vice-président ; Vignau, questeur ; Bélaïche, délégué
de la circonscription ; M. Delahaut, secrétaire général
de la préfecture dAlger, représentant le préfet
dAlger ; MM. Imalhayène, représentant le président
du Conseil général ; M. Gardel, directeur des AC ; le
général Morin, commandant la gendarmerie : le colonel
Bezanger, commandant la dixième Légion ; le colonel Riedel
; MM. Kerdavid, Petauton, Bélicha, Labat, Di Crescenzo, Bisgambiglia,
Bouchara, Baldo.
La cérémonie
Le monument était encadré par un peloton de spahis, sabre
au clair ; les drapeaux des AC. lassociation des policiers résistants
du 8 novembre 42. Les honneurs étalent rendus par une compagnie
du 9e Zouaves et la musique du régiment.
La cérémonie fut très simple : après les
allocutions, M. Jacques Soustelle découvrit le monument de son
voile tricolore, puis la musique du 9' Zouaves scanda les rythmes du
« Chant des Partisans » et de lhymne national.
Un remarquable défilé de la compagnie dhonneur termina
la cérémonie qui, répétons-le, se déroula
en présence d'un nombreux public.
Les allocutions
Après avoir salué les personnalités françaises
et étrangères, M. Achiary, président de lAssociation
du 8 novembre, déclara notamment :
« Ils étaient seulement une poignée nos compagnons
qui, ce jour-là, avalent donné leur vie pour la réussite
de ce débarquement, dont l'idée même avait été
plus un acte de foi quun acte de raison, comme la écrit
notre chef militaire le général Jousse.
> Cest pourquoi, ajouta M. Achiary, en s'adressant à
M. Jacques Soustelle, nous avons lié à la libération
de l'Afrique du Nord, lépopée de la France libre
dont vous avez été et demeurez lun des plus précieux
partisans.
» Cest pourquoi, fidèles à notre idéal,
nous nous considérons toujours comme il y a treize ans, les soldats
de lavant-garde, fiers de leur passé, sûrs de lavenir
de leur patrie. Cest pourquoi, nous avons le droit de dire à
tous les Africains de toutes origines et de toutes confessions quils
doivent faire confiance à la France de Clemenceau et de de Gaulle».
Et après avoir rappelé les mérites dAlger,
capitale de la France en guerre, M. Achiary termina par ces mots d'espérance
:
« Puisse notre manifestation daujourd'hui marquer pour notre
pays, comme il y a treize ans, le début dune ère
de bonheur et de paix ».
M. JACQUES SOUSTELLE
Dans une courte allocution très applaudie le gouverneur
général exalta lacte par lequel lAfrique du
Nord est entrée dans la guerre aux côtés des Alliés,
acte qui a eu pour le monde et la France une importance capitale. Il
a fait pencher la balance entre les forces des ténèbres
et celles
de la lumière.
Et M. Jacques Soustelle a poursuivi :
« Jamais rien dans lhistoire na été
accompli dans le monde sans une grande idée. Il y a treize ans,
cétait celle de la loyauté et de la fidélité
envers les Alliés qui nous ont aidés. Sachons rester dignes
de cet idéal et demandons à tous de comprendre et daider
la France dans les difficultés des heures actuelles.
« Le symbole de ce monument, dans ce quartier à la
fois si ancien et si moderne, est de rappeler les idéaux de la
France, notre fidélité à sa mission de liberté
et dhumanité dans le monde ».
Le soir, pour clore cette journée du souvenir, de confiance et
despérance, les bâtiments publics ont été
illuminés; et sest déroulé un dîner
à la Maison des anciens combattants, auquel participèrent
les hautes autorités civiles et militaires, ceux du 8 novembre,
et les représentants des associations danciens combattants.
Le dîner
Le soir, le gouverneur général et toutes les personnalités
citées plus haut se retrouvèrent dans la salle des fêtes
de la Maison des combattants, où ils furent les hôtes des
« Résistants du 8 novembre ».
Il ny eut point de discours, mais un simple toast de M. Achiary,
qui remercia ses camarades de 1942 dêtre venus si nombreux
au « rendez-vous » des anciens du premier jour de la Libération.
Sadressant à M. Jacques Soustelle, M. Achiary déclara
:
« Nous sommes là pour vous dire que nous voulons vous garder
longtemps à la tête de lAlgérie. Nous pensons
que même des élections anticipées ne vous éloigneront
guère de nous, car lAlgérie a besoin de vous ».
Puis M. Achiary donna lecture des messages d'excuses du général
Jousse, du Dr Henri Aboulker, du président Baretaud.
Le général Pierre Weiss remit la cravate de commandeur
dans lordre de la Légion dhonneur à son compagnon,
Me Pierre Petauton, et M. Colomb remit les insignes de chevalier de
la Légion dhonneur à M. Bouchara, directeur de la
S N.E.P.
Enfin, dans un instant émouvant, lassistance se recueillit
en mémoire de ceux qui tombèrent le 8 novembre comme Pillafort
et Dreyfus, dont le souvenir sera évoqué aujourdhui.