-Alger,« le quartier de la marine »
l'avenue du 8 novembre.

En présence des hautes autorités
M. Soustelle a inauguré le monument du 8 Novembre
« Le symbole de cette stèle est de rappeler les idéaux de la France et notre fidélité à sa mission de
liberté et d’humanité. »

Extrait de l'Echo d'Alger du 8-11-1955 - Transmis par Francis Rambert

En présence des hautes autorités
M. Soustelle a inauguré le monument du 8 Novembre « Le symbole de cette stèle est de rappeler les idéaux de la France et notre fidélité à sa mission de
liberté et d’humanité. »


Hier, à 16 heures, s’est déroulée, en présence d’une grande affluence, à l’entrée de l’avenue du 8-Novembre, l’inauguration du monument de l’Association de la libération française du 8 novembre 1942.

Le monument de style moderne, dû au ciseau de notre concitoyen le statuaire Jacques Missé, a huit mètres de haut. Il symbolise une main brandissant un glaive frappé de la croix de Lorraine. Le bas- relief représente sur trois de ses côtés l’insigne des anciens du 8 novembre, le sursaut de l’armée d’Afrique et une scène du débarquement allié sur nos plages. Sur sa face principale, cette inscription :
A l’aube du 8 novembre 1942. avec l’aide de la résistance intérieure, les armées alliées débarquèrent sur les côtes de l’Algérie et du Maroc, marquant ainsi la rentrée dans la guerre de l’armée d’Afrique aux côtés des Forces françaises libres.


https://p6.storage.canalblog.com/61/83/281248/93650623.pdf

Jacques Missé est né le 24 décembre 1919 à Alger.
Il fit ses études à Alger puis devança l’appel, intégrant dans les troupes du Génie quelques mois avant la guerre.
Après sa démobilisation, il décida de s’engager dans la voie de l’art, et plus particulièrement de la sculpture.
Dès 1945, il obtint le Grand prix de la Ville d’Alger pour Le mendiant

Il va dès lors recevoir des commandes d’État et réaliser en 1946 la dalle sacrée du Forum d’Alger ; en 1947 le monument de la Gloire au génie pour l’entré du camp militaire Basset de Beni Messous et des Fables de La Fontaine pour une école primaire d’Alger ; en 1955 le monument du débarquement des Forces alliées en Afrique du Nord, érigé avenue du 8 novembre 1942, mais aujourd’hui détruit ; en 1974 le monument d’Edmond Michelet (1899-1970), résistant, plusieurs fois ministre, monument installé à Brive-la-Gaillarde, place de la Liberté.

Maquette partielle (main qui tenait le glaive) du monument de débarquement des Forces alliées en Afrique du Nord ; 1955, plâtre
doré, diam. 60 cm, ht 115 cm ; coll. Ville de Cusset (cliché : Marie-Anne Caradec

Les commandes privées affluent également : de très nombreux bustes dont celui, imposant du Nègre Bobo en marbre noir de Belgique, ceux de personnalités comme Jacques Chevallier, l’amiral Auboyneau, Monseigneur Lefebvre, et le monument aux morts de Notre-Dame d’Afrique à Alger ...
Monuments, bustes, mais aussi art sacré ; Jacques Missé fut sollicité pour réaliser statues de saints (comme le Saint Dominique pour la chapelle des Dominicains d’Alger), et chemins de croix, comme celui de la maison de retraites spirituelles de Ben Smen, ainsi que celui des mains



mise sur site 30-mars 2026

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En présence des hautes autorités

En présence des hautes autorités

En présence des hautes autorités

En présence des hautes autorités

En présence des hautes autorités
M. Soustelle a inauguré le monument du 8 Novembre « Le symbole de cette stèle est de rappeler les idéaux de la France et notre fidélité à sa mission de
liberté et d’humanité. »


Hier, à 16 heures, s’est déroulée, en présence d’une grande affluence, à l’entrée de l’avenue du 8-Novembre, l’inauguration du monument de l’Association de la libération française du 8 novembre 1942.

Le monument de style moderne, dû au ciseau de notre concitoyen le statuaire Jacques Missé, a huit mètres de haut. Il symbolise une main brandissant un glaive frappé de la croix de Lorraine. Le bas- relief représente sur trois de ses côtés l’insigne des anciens du 8 novembre, le sursaut de l’armée d’Afrique et une scène du débarquement allié sur nos plages. Sur sa face principale, cette inscription :
A l’aube du 8 novembre 1942. avec l’aide de la résistance intérieure, les armées alliées débarquèrent sur les côtes de l’Algérie et du Maroc, marquant ainsi la rentrée dans la guerre de l’armée d’Afrique aux côtés des Forces françaises libres.

Les personnalités

Parmi les nombreuses personnalités, qu’accueillirent M. Achiary. président de l’Association de la libération française du 8 novembre ; le général Pierre Weiss, président de la Maison de la résistance, et les présidents des associations d’anciens combattants, nous avons reconnu, aux côtés de M. Jacques Soustelle, gouverneur général de l’Algérie, et de MM. Clark, consul général des Etats-Unis, et Mill Irving, consul général de Grande-Bretagne ; Lawson, vice-consul : MM. Brahiml, J. Chevallier, Ribère, députés du département.

Le général Lorlllot, commandant la dixième Région ; le général Klentz, adjoint au général commandant la dixième Région : l’amiral Auboyneau, commandant en chef les forces navales françaises en Méditerranée ; le colonel Fauret, représentant le général Firroloni, inspecteur général adjoint de l’armée de l’air, et le général Frandon, commandant la cinquième Région aérienne.

MM. Cuttoli et Urbanl, secrétaire général et secrétaire général adjoint du gouverneur général ; MM. le docteur Goëau-Brissonniére, représentant le président de l’Assemblée algérienne ; Bortolotti, vice-président ; Vignau, questeur ; Bélaïche, délégué de la circonscription ; M. Delahaut, secrétaire général de la préfecture d’Alger, représentant le préfet d’Alger ; MM. Imalhayène, représentant le président du Conseil général ; M. Gardel, directeur des AC ; le général Morin, commandant la gendarmerie : le colonel Bezanger, commandant la dixième Légion ; le colonel Riedel ; MM. Kerdavid, Petauton, Bélicha, Labat, Di Crescenzo, Bisgambiglia, Bouchara, Baldo.

La cérémonie

Le monument était encadré par un peloton de spahis, sabre au clair ; les drapeaux des AC. l’association des policiers résistants du 8 novembre 42. Les honneurs étalent rendus par une compagnie du 9e Zouaves et la musique du régiment.

La cérémonie fut très simple : après les allocutions, M. Jacques Soustelle découvrit le monument de son voile tricolore, puis la musique du 9' Zouaves scanda les rythmes du « Chant des Partisans » et de l’hymne national. Un remarquable défilé de la compagnie d’honneur termina la cérémonie qui, répétons-le, se déroula en présence d'un nombreux public.

Les allocutions

Après avoir salué les personnalités françaises et étrangères, M. Achiary, président de l’Association du 8 novembre, déclara notamment :
« Ils étaient seulement une poignée nos compagnons qui, ce jour-là, avalent donné leur vie pour la réussite de ce débarquement, dont l'idée même avait été plus un acte de foi qu’un acte de raison, comme l’a écrit notre chef militaire le général Jousse.

> C’est pourquoi, ajouta M. Achiary, en s'adressant à M. Jacques Soustelle, nous avons lié à la libération de l'Afrique du Nord, l’épopée de la France libre dont vous avez été et demeurez l’un des plus précieux partisans.

» C’est pourquoi, fidèles à notre idéal, nous nous considérons toujours comme il y a treize ans, les soldats de l’avant-garde, fiers de leur passé, sûrs de l’avenir de leur patrie. C’est pourquoi, nous avons le droit de dire à tous les Africains de toutes origines et de toutes confessions qu’ils doivent faire confiance à la France de Clemenceau et de de Gaulle».

Et après avoir rappelé les mérites d’Alger, capitale de la France en guerre, M. Achiary termina par ces mots d'espérance :
« Puisse notre manifestation d’aujourd'hui marquer pour notre pays, comme il y a treize ans, le début d’une ère de bonheur et de paix ».

M. JACQUES SOUSTELLE

Dans une courte allocution — très applaudie — le gouverneur général exalta l’acte par lequel l’Afrique du Nord est entrée dans la guerre aux côtés des Alliés, acte qui a eu pour le monde et la France une importance capitale. Il a fait pencher la balance entre les forces des ténèbres et celles
de la lumière.

Et M. Jacques Soustelle a poursuivi :
« Jamais rien dans l’histoire n’a été accompli dans le monde sans une grande idée. Il y a treize ans,
c’était celle de la loyauté et de la fidélité envers les Alliés qui nous ont aidés. Sachons rester dignes de cet idéal et demandons à tous de comprendre et d’aider la France dans les difficultés des heures actuelles.

« Le symbole de ce monument, dans ce quartier à la fois si ancien et si moderne, est de rappeler les idéaux de la France, notre fidélité à sa mission de liberté et d’humanité dans le monde ».

Le soir, pour clore cette journée du souvenir, de confiance et d’espérance, les bâtiments publics ont été illuminés; et s’est déroulé un dîner à la Maison des anciens combattants, auquel participèrent les hautes autorités civiles et militaires, ceux du 8 novembre, et les représentants des associations d’anciens combattants.

Le dîner

Le soir, le gouverneur général et toutes les personnalités citées plus haut se retrouvèrent dans la salle des fêtes de la Maison des combattants, où ils furent les hôtes des « Résistants du 8 novembre ».
Il n’y eut point de discours, mais un simple toast de M. Achiary, qui remercia ses camarades de 1942 d’être venus si nombreux au « rendez-vous » des anciens du premier jour de la Libération.
S’adressant à M. Jacques Soustelle, M. Achiary déclara :
« Nous sommes là pour vous dire que nous voulons vous garder longtemps à la tête de l’Algérie. Nous pensons que même des élections anticipées ne vous éloigneront guère de nous, car l’Algérie a besoin de vous ».
Puis M. Achiary donna lecture des messages d'excuses du général Jousse, du Dr Henri Aboulker, du président Baretaud.
Le général Pierre Weiss remit la cravate de commandeur dans l’ordre de la Légion d’honneur à son compagnon, Me Pierre Petauton, et M. Colomb remit les insignes de chevalier de la Légion d’honneur à M. Bouchara, directeur de la S N.E.P.
Enfin, dans un instant émouvant, l’assistance se recueillit en mémoire de ceux qui tombèrent le 8 novembre comme Pillafort et Dreyfus, dont le souvenir sera évoqué aujourd’hui.