
De Freha à
Port-Gueydon
L électrification de la Kabylie
M. le sous-préfet BYR et les élus de la région
ont inauguré la ligne Fréha Port-Gueydon
Trente mille volts courent
depuis hier matin entre Fréha et Port-Gueydon. Cette nouvelle
ligne sétire sur 40 kilomètres ; 300 pylônes
à haute tension, 700 poteaux à basse tension et 11 transformateurs
la jalonnent, sans rien enlever de la sauvage beauté des paysages
kabyles. Promoteurs et réalisateurs
Vendredi à 9 h tous les promoteurs et les réalisateurs
de ces installations se retrouvaient au rendez-vous de Fréha.
Linauguration de la ligne commençait dans ce petit centre
et devait se poursuivre la journée durant. Le cortège
officiel refit en effet litinéraire qui avait coûté
plus dune année de travail aux techniciens.
Cette manifestation était placée sous la présidence
de M. Byr, sous-préfet de Tizi-Ouzou, accompagné de M.
Daney, administrateur détaché à la sous-préfecture,
et MM. les Administrateurs de Port-Gueydon, de Mizrana et dAzazga.
(Ce dernier, M. Battestini, est en quelque sorte le parrain de la ligne,
car il est président du syndicat délectrification
intercommunal de la région).
Parmi les élus on reconnaissait : M. le sénateur
Tamzali ; M. le bachagha Ait Ali, questeur de lAssemblée
algérienne ; M. Papillon, délégué à
lAssemblée algérienne ; M. Fayolle, conseiller général,
maire de Tizi-Ouzou. Côté technicien, on notait : M. Bernard,
directeur du service de lElectrification rurale ; MM. Serisé,
directeur régional de lE.G.A. ; Lombard, chef de service
des
travaux ; André, chef de subdivision ; MM. De Langlade, Dunoyer,
Kemal, M. Delye, directeur et ses collaborateurs de la Société
Générale dEntreprise. Se joignirent à eux
au cours de la visite ; MM. les Présidents de centres municipaux,
de nombreux conseillers municipaux représentant les communes
qui vont bénéficier de la nouvelle ligne ; MM. Ponçot,
Labbé, Bertholon, Prouvet, MM. les Caïds... sans oublier
le maréchal des logis-chef Ritzzo qui, avec ses gendarmes, eureut
la tâche délicate dorganiser le périple. A
la zaouïa de Sidi-Mançour
Après Fréha, les visiteurs sarrêtèrent
à Taguercift, où M. Aïtouara leur souhaita la bienvenue
et précisa toute limportance des installations qui allaient
transformer la vie quotidienne de ses administrés.
Lune des étapes les plus émouvantes fut sans contredit
celle de Timizar : le cheikh Sidaoui, un
grand érudit et chef vénéré de la zaouïa
de Sidi Mançour, déclara :
« La France aujourd'hui nous apporte la lumière dans nos
foyers, comme elle nous lapportera bientôt dans nos cerveaux
». Le cheikh Daoui qui enseigne le coran à 150 jeunes disciples,
désire depuis longtemps que lon adjoigne à la zaouïa
une école française. Quel plus bel hommage pouvait-on
rendre à la culture française ? Le progrès pénètre
dans les montagnes kabyles
Tout au long du parcours la caravane était amicalement saluée
par de jeunes Kabyles et traversa de
pittoresques villages, pavoisés aux couleurs de la France. M.
Byr ne manqua point de remercier de cette attention les chefs de village.
Un succulent méchoui fut servi à quelques kilomètres
des Ahgribs, non loin dune maisonnette édifiée il
y a quelques décades, par M. le sous-préfet Firrbach,
grand chasseur devant lÉternel. Dans ce décor charmant,
M. Battestini prit la parole :
« Cest une réalisation de plus de deux cents millions
que nous fêtons aujourdhui ensemble ». Puis
il rendit hommage aux élus. M. Papillon lui succéda pour
déclarer que le progrès en Algérie ne pouvait se
faire que dans lunion de tous, et après avoir salué
lAdministration, ajouta que la France pouvait tirer un légitime
orgueil de son uvre.
Ce thème de lunion, facteur de progrès, fut repris
par M. Byr : rendant hommage à ses collaborateurs et aux élus
de la région, il poursuivit en ces termes : « La France
continue ici sa mission de civilisation et de paix en dépit des
calomnies de ceux qui ne savent que prêcher la haine ».
« Aimez la France comme elle vous aime »
Les exigences de lhoraire hâtèrent le départ
des convives vers les autres installations de la ligne :
Ighil-Mani, Tigzirt (Les Fermes) et Port-Gueydon où furent également
mis en route les nouveaux transformateurs locaux. (Port-Gueydon était
alimenté, en énergie électrique, jusqualors
par une petite centrale qui ne correspondait plus aux besoins de ses
deux mille habitants).
M. le bach-agha Aït Ali devait y prononcer le dernier discours
de cette journée mémorable. Après
avoir remercié toutes les personnalités présentes
il exprima la joie des élus dassister à la réalisation
dun projet pour lequel ils avaient considérablement uvré.
Cette réalisation na été possible que grâce
à la compréhension de la Haute Administration et au dévouement
des techniciens. Cette nouvelle ligne apportera le confort à
quelque quinze mille âmes. (Il y a pour linstant 500 abonnés
sajoutant à ceux de Port-Gueydon). Se tournant vers les
musulmans présents, lorateur leur déclara : «
Aimez la France comme elle vous aime ».