LA PLAINE DE LA MITIDJA AVANT 1962
RAPIDE SURVOL DES COMMUNES DE LA MITIDJA

BOUFARIK

Georges Bouchet

mise sur site le 10-5-2011

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BOUFARIK

La commune est si grande que j'ai dû scinder sa carte en deux parties : est et ouest.

BOUFARIK : partie occidentale.

BOUFARIK : partie occidentale.

C'est la partie du territoire communal la plus humide. Vers 1935 elle est encore largement marécageuse, du moins dans sa moitié nord. Les canaux de drainage, ou de dessèchement, sont très nombreux. Les indications de marécages sont multiples : les fermes sont peu nombreuses et les routes rares. C'est là que, dans les années 1950 on a introduit la riziculture. On y trouve les altitudes les plus basses de la Mitidja (14m) le long de l'Oued Fatis. On voit nettement le principal canal de dessèchement qui vient du nord de Boufarik et se jette dans l'oued Fatis près de Farghen.

BOUFARIK : partie orientale

BOUFARIK : partie orientale

C'est la partie la moins marécageuse de la commune car les altitudes y sont un peu plus élevées. D'ailleurs le drainage se fait d'est en ouest, par l'oued Tleta et par des canaux de dessèchement, vers la trouée du Mazafran toute proche. Près de la ferme des mûriers le marais est celui des Ouled Mendil : il avait été préservé pour y mener des études sur les moustiques et pour améliorer la lutte contre le paludisme. C'est aussi la partie la mieux cultivée et la plus riche. On y trouve la majorité des fermes ; la principale étant celle du domaine de Souk-Ali, créé en 1844 par Borély-la-Sapie qui, en 1852, deviendra, pour 10 ans, le premier maire de Boufarik.

C'est par là aussi que passent, et la RN1, et la voie ferrée d'Oran par Blida.

La route d'Alger suit le pied du Sahel jusqu'au village manqué des Quatre-Chemins : la voie ferrée coupe au plus court depuis Maison-Carrée.

Origine du nom : arabe. C'est le nom d'un lieu-dit de 1830 situé sur un espace toujours sec entouré par des marécages de tous les côtés. C'est la raison pour laquelle s'y tenait un Souk et-Tnine où, chaque lundi, se retrouvaient les fellahs de cette zone de l'Outhan des Beni-Khelil. Il y avait donc déjà de la vie et de l'élevage dans ces marécages à la triste réputation..

Origine du centre : française. Création en plusieurs étapes à partir de 1834 ; avec deux figures symboliques. Pour le camp militaire primitif c'est le général comte d'Erlon qui transforme, en 1835, le premier bivouac en camp permanent fortifié pour 1500 hommes et 600 chevaux. Comme toujours, en pareil cas, des civils sont venus s'installer auprès de cette clientèle assurée de revenus réguliers : cantiniers, cabaretiers et marchands en tous genres.

Pour le village civil c'est le gouverneur Bertrand Clauzel qui métamorphosa le hameau spontané en centre officiel de colonisation, le tout premier dans la Mitidja, en septembre 1836. Ce hameau fut, pour peu de temps, appelé " Medina Clauzel ".

Les débuts furent très difficiles à cause des maladies, paludisme et dysenterie surtout, et des Hadjoutes. Les Hadjoutes se soumettent en 1842 ; pas les moustiques. Néanmoins la sécurité parut suffisamment établie en 1849 pour qu'une gendarmerie remplace les soldats.

Le territoire communal a pour limite, vers Oued el Alleug, un affluent de l'Oued Fatis. Au nord sa limite est confondue avec la route qui longe le pied du Sahel. Vers Beni-Méred et Birtouta les limites sont de pure convention. On a déjà vu que ces terres, malgré de gros travaux d'assainissement étaient, dans la moitié nord, restées très humides et insalubres.
Donc un territoire de plaine parcourue de canaux de drainage, invisibles de loin. Le passant aperçoit bien, par contre, les alignements de platanes qui ombragent les routes rectilignes ; et les haies de protection des cultures arbustives.

Deux centres de peuplement européens : un grand et un tout petit.

         

Boufarik est le grand. Cet ancien village de colonisation avait gardé son plan en damier ; mais les cartes ci-dessus montrent que le damier des origines avait beaucoup grandi. Avec ses 7 rues ou avenues méridiennes Boufarik était devenu une petite ville, dont le caractère urbain est souligné par la présence d'immeubles et d'équipements tels qu 3 collèges ou un théâtre. Et même si l'hippodrome est dans la campagne, ses spectateurs sont des citadins. Après 1945 un aérodrome militaire avait été établi dans la zone du camp d'Erlon. Cet investissement avait été en partie financé par l'OTAN, bien que Boufarik ne se situât pas vraiment dans l'Atlantique nord.

   
          
Les Quatre Chemins est le petit. Ce modeste hameau aurait dû être un vrai village si la Société algérienne de colonisation à laquelle l'Etat avait cédé les terrains, avaient rempli ses engagements.

Les activités présentes dans la commune sont agricoles ou liées à l'agriculture.
Les productions n'ont pas toujours été les mêmes. Au tout début les colons récoltaient des fourrages qu'ils vendaient à l'armée. Mais une fois le camp d'Erlon fermé il fallut se mettre à cultiver. Trois cultures jouèrent un rôle moteur : le tabac, la vigne et les agrumes. La riziculture fut très tardive et limitée à l'angle Nord-ouest, le plus humide. Les activités liées sont celles qui permettaient d'expédier en France le tabac et les agrumes ; conditionnement et emballages. Ce sont aussi les pépinières à un bout de la chaîne, et à l'autre bout la fabrication de jus de fruit. La firme Orangina est née à Boufarik en 1936.

Valeur symbolique de Boufarik : une colonisation parfaitement réussie qui a transformé, non sans souffrances, un sinistre marécage en splendide verger. Symbole reconnu officiellement avec, dans le cadre des cérémonies du centenaire en 1930, la construction, à la sortie de la ville à droite vers Blida du monument à la gloire du génie colonisateur français.

Population en 1954 : 22 165 dont 5 577 non musulmans (soit 25,16% : c'est beaucoup)
Population agglomérée en 1948 : 11 447.

Grain de sel de B.Venis : sur ce site, quelques cartes postales et photos de classes de Boufarik : clic