Ben-Aknoun
La cité universitaire
Du projet à la réalisation
1.-
La Cité universitaire à Alger.
Afrique illustrée du 27-9-1930 - Transmis par Francis Rambert
mars 2021

Une cité universitaire, digne d'Alger, digne de l'Afrique du Nord va enfin surgir. M. Jean Vassallo, président de l'Association générale des Étudiants a aujourd'hui le droit de pavoiser. Sa pensévérance, son obstination sont enfin récompensées.

LA CITÉ UNIVERSITAIRE FUTURE


Deux commissions s'occupent maintenant de la cité universitaire. Une grande commission nommée par M. le ministre gouverneur général de l'Algérie, M. E. Naegelen. Elle est composée de M. le secrétaire général du G.O., André Pélabon ; M. Ernst, préfet ; M. Gazagne, maire et M. Gau, recteur d'Alger, ainsi que d'architectes du Gouvernement générall ; une sous-commission dont le rôle est essentiellement pratique, formée par M. le recteur Gau, Mme H. Charies-Vallin, M. Poitevin, ingénieur des Travaux publics et des transports ; M. Jean Vassallo, preaident de l'A.G.E.A., travaille activement à la réalisation du projet.

Le projet d'édification de la cité universitaire à Ben-AKnoun a été voté par cette sous-commission. Le vote sera ratifié, sans aucun doute, le 8 avril, jour de la prochaine réunion de la grande commission.

Les travaux commenceront à Ben Aknoun au mois de juin prochain. Il y aura dans la cité universitaire des bâtiments d'utilité générale et des pavillons destinés à des chambres d'étudiants.

Précisions sur les bâtiment;
Au centre de la cité se dressera le grand bâtiment d'utilité générale avec son restaurant apte à servir 2.000 repas : plus de trois cents par service et cela trois fois le matin et trois fois le soir.

Une vaste salle des fêtes avec une scène et huit cents fauteuils, un dancing, une salle de projection cinématographique sont prévus, ainsi qu'une bibliothèque et une salle de travail. Pour les étudiants malades, une infirmerie sera construite : on y prévoit dix lits. Il y aura un salon de coiffure et un bureau des P.T.T. Une blanchisserie lavera plus de trois mille draps par mois. Les étudiants auront à leur disposition une lingerie qui se chargera de blanchir leur linge personnel : ceci s'existe encore dans aucune cité universitaire française.

Enfin, les sportifs ne seront pas oubliés. Le stade de Ben-Aknoun, attenant au lycée, sera mis à la disposition des étudiants à la suite d'un accord intervenu entre M. le recteur Gau et les administrateurs du lycée. De plus, plusieurs petits stades rappelant les classiques.« plateaux Hébert », seront aménagés près des pavillons dans le parc. La cité universitaire d'Alger sera au moins égale en superficie à celle de Paris.

Le premier pavillon
Le premier pavillon (on en prévoit huit à dix) sera construit cet été, à partir du mois de juin. Il sera terminé au mois de novembre et comprendra quatre-vingt à cent chambres. Ce premier pavillon est destiné aux garçons. Mais la cité universitaire d'Alger, tout comme la fondation Deutsch de la Meurthe de Paris sera mixte. Il y aura deux ou trois pavillons destinés aux étudiantes. Chaque pavillon sera muni du chauffage central, aura sa salie de réunion et sera gardé par un concierge particulier.

La chambre type mesurera quatre mètres sur trois et sera affectée d'un lavabo, Des salles de douche seront installées au rez-de-chaussée et dans les deux étages de chaque pavillon.
(suite dans les articles.)


Echo d'Alger des 31/3 + 4/5 + 30/6 + 2/12-1949 - Transmis par Francis Rambert
mai 2020
Voir : la cité, 10 ans d'existence.
Voir :
La cité universitaire d'Alger (Ben-Aknoun)
documents algériens
- Série sociale : université - La cité universitaire d'Alger (Ben-Aknoun) - n°39 - 30 décembre 1952

6.-
Sous le signe de l'austérité
Le premier pavillon de la cité universitaire a été achevé hier
Echo d'Alger du 10-3-1950 - Transmis par Francis Rambert
mars 2021

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.plan prevision
Plan prévision, 1949
cite universitaire
Vue aérienne, 1960,116 ko ...Montage de deux pages

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TEXTE COMPLET SOUS L'IMAGE.
La Cité universitaire à Alger.
La Cité universitaire à Alger.

Nous avons maintes fois signalé la situation pénible dans laquelle se trouvaient nombre d'étudiants de l'Université d'Alger. Ces jeunes gens, venus quelquefois de très loin, avaient à vaincre de multiples difficultés et beaucoup d'entre eux se voyaient contraints, faute de subsides, de mener une vie moins que modeste.

Certains même étaient presque dans la misère

Les propriétaires de chambre se montraient, vis-à-vis de nos pauvres " escholiers ", d'une exigence telle, que ceux-ci devaient se priver et réaliser des prodiges d'économie pour faire face à leur loyer mensuel. Et il fallait, pour pouvoir attendre la fin du mois qui voyait arriver le mandat paternel, ne faire qu'un repas par jour, car aux difficultés du loyer s'ajoutaient celles de la restauration. Les étudiants supportaient ces heures pénibles grâce à l'insouciance de leur jeunesse. Cependant à notre époque de sens pratique, on devait trouver une solution à cet état de choses.

Il n'y avait qu'un moyen de lutter contre pareil état de chose : supprimer les intermédiaires et créer une organisation purement estudiantine.

Mais il y a loin du projet à la réalisation. Les plans et les devis établis, les écueils surgirent, innombrables. A force de travail, de patience, et grâce aussi à certaines générosités, l'adversité finit pourtant par être vaincue, et cette " Cité Universitaire ", depuis longtemps désirée va ouvrir bientôt ses portes, à la grande joie de tous nos étudiants.

A cette occasion, nous sommes heureux de publier ces quelques lignes, persuadés qu'elles ne laisseront pas d'intéresser nos lecteurs.

N. D. L. R.

L'inauguration du stade modèle, qui eut lieu pendant les fêtes du Centenaire, n'était que le premier... stade de réalisation d'un projet beaucoup plus important, comprenant, en plus de vastes terrains de jeux, d'un vélodrome et de tribunes, la Cité Universitaire tant attendue par la nombreuse population estudiantine de la capitale nord-africaine.

Cette deuxième partie du projet est aujourd'hui achevée et nous donnons ci-après une reproduction photographique de la nouvelle Cité Universitaire.

Tout commentaire affaiblirait l'intérêt esthétique de cette splendide réalisation qui porte la marque du talent jeune et audacieux de M. Salvador, architecte.

Le bâtiment comprend 90 chambres d'étudiants, avec un grand vestibule d'entrée situé dans l'axe et indiqué sur la façade en motif central.

Les douches sont installées à tous les étages. Notons encore, sur le plan, la loge du concierge et l'appartement du directeur.

Enfin, des aménagements sont prévus à l'avant du bâtiment pour former une grande terrasse-jardin avec pergola.

C'est, en quelque sorte, la fin de la vie de Bohème à laquelle rêvaient les jeunes bacheliers, alors que leurs parents projetaient de les envoyer à Alger pour y étudier le droit ou la médecine.

Où sont, aujourd'hui, ces vieux étudiants de quarante ans, à longue barbe, au visage fatigué par les veilles, les privations et la noce. La vie n'était pour eux que prétexte à amusements, galéjades et quelquefois ripailles.

Ils savaient initier les jeunes à l'art de bien vivre et à bon compte. Et si leur cours n'avaient rien de comparable à ceux que l'on suivait aux Facultés, ils avaient le charme de l'humour et de la fantaisie.

Cette vie de Bohème n'est déjà plus qu'un souvenir, car les étudiants modernes, aux prises avec les difficultés de la vie, sont devenus, en majeure partie, des jeunes gens qui pensent à l'avenir et songent surtout à leur situation future.

Certes, de temps à autre, nous les voyons passer portant avec eux cette belle gaieté et cette insouciance qui sont la plus magnifique parure de la jeunesse. Mais ce ne sont là que quelques heures de délassement, quelques éclats nécessaires à leur tempérament trop comprimé par l'inaction physique.
Désormais, ils auront le gîte assuré. Finies les chambres malsaines, les mansardes sous les toits, ces pauvres refuges manquant d'air et de lumière, où l'on potassait les matières si ingrates, mais pourtant si utiles parce qu'inscrites aux programmes.

L'étudiant de 1930 connaîtra enfin les douceurs du home confortable, d'un " chez soi " agréable.


En juin, la cité universitaire commencera à surgir sur des terrains de BEN-AKNOUN

La cité universitaire

La cité universitaire

La cité universitaire

La cité universitaire

La cité universitaire


Sous le signe de l'austérité

Sous le signe de l'austérité
Le premier pavillon de la cité universitaire a été achevé hier

" Pour la rentrée de novembre nous espérons disposer de 200 chambres ", nous dit Jean Vassalo vice-président de l'As : " cité universitaire "

Hier a été achevé le gros œuvre du premier pavillon de la cité universitaire. On prévoit que dans une quinzaine de jours, le second pavillon sera lui-même terminé.

- Ainsi, nous dit M. Vassalo, président honoraire de l'A.G.A. et vice-président de l'Association " Cité universitaire ", ainsi s'achève la première tranche des gros travaux de la cité.

L'adjudication de la deuxième tranche a été lancée lundi dernier par M. Bienvenu, l'éminent urbaniste. Elle comprend la construction de deux nouveaux pavillons.

Il est donc permis de prévoir que pour la rentrée de l'année universitaire 1950-1951, nous disposerons de deux cents chambres environ.
- Que vous louerez combien ?..
- Précisément, le bureau de l'Association " Cité universitaire "s'est réuni samedi dernier, sous la présidence de Mme Charles-Vallin, et il a étudié entre autres questions les conditions d'admission que devront remplir les étudiants, ainsi que le prix des chambres qui sera considéré de très près et de telle manière qu'il soit à la portée du budget de tous les étudiants. J'ai proposé 1.500 francs par mois pour la chambre, y compris éclairage, chauffage, fourniture de la literie.

Quant aux repas, ils demeureront au prix actuel pratiqué dans les restaurants universitaires de la
ville.

Sous le signe de l'austérité

Le bureau, poursuit M. Vassalo, a également dû sacrifier à ses désirs d'enjolivement, pour n'envisager que les réalisations strictes de l'habitat.

Nous aurions voulu faire décorer les halls par des artistes ; nous aurions aimé avoir tout de suite
le jardin ordonnancé ; les tennis, les terrains de sport prêts pour la belle saison... Hélas ! nous avons
dû renoncer à tout ce qui n'est. pas obligations d'hygiène. Notre budget ne nous permet que des
réalisations successives et d'ordre strictement pratique ; c'est-a-dire uniquement des chambres et le
maximum de chambres !

La construction des quatre premiers pavillons de la cité a été entreprise sous le signe de l'austérité : aucune fioriture dans l'architecture des pavillons, aucun luxe de décoration. Toutes dépenses
somptuaires ont été rigoureusement écartées.

Les crédits espérés

Et comme nous demandions à M. Jean Vassalo à quelle cadence le comité de la " Cité universitaire " compte poursuivre les travaux, il nous déclare tout net :
- En ce qui concerne la nouvelle adjudication, nous les poursuivrons par les crédits prévus au budget de l'Éducation nationale, crédits qui seront - il faut l'espérer - votés sans discussion, puisqu'il s'agit là de donner aux jeunes la possibilité de poursuivre leurs études et de suivre la voie qu'ils se sont tracés.

Par la suite, conclut Jean Vassalo, le comité de la " Cité universitaire " compte ouvrir une souscription publique et faire appel à l'épargne privée, ainsi que cela a été fait pour la Cité universitaire de Paris où il y a, par exemple, la fondation Deutche de la Meurthe, le pavillon international ( Rotschild), etc...

Quant aux fonds de fonctionnement, le système administratif a été allégé le plus possible en tenant compte, précisément de l'expérience des cités universitaires de France, afin de faire appel le moins possible aux deniers publics et de vivre rapidement sur les ressources fournies par les habitants mêmes de la cité.
Alger au Jubilé de la Cité universitaire de Paris

Et Jean Vassalo conclut :
- Pour étudier de très près ce système administratif des cités universitaires de la métropole et de
l'étranger le comité de la " Cité universitaire " d'Alger a décidé d'envoyer certains de ses membres : Mme Charles-Vallin, M. le recteur Gan, M. Bienvenu, architecte D.P.L.G., des délégués de l'A.G.A. et moi-même, au Congrès international des cités universitaires qui doit avoir lieu à Paris, à l'occasion du Jubilé de la Cité universitaire de Paris, du 28 juin au 4 Juillet prochain.

Ainsi, aurons-nous fait tout ce que nous devons faire pour donner aux jeunes générations algériennes, malgré l'austérité des temps actuels. une cité universitaire vivante et viable.