TAMANRASSET ou FORT LAPERRINE


" Air France " messager de vie
Tamanrasset, cœur du Hoggar n'est plus qu'à huit heures d'Alger
La présence des ailes françaises dans ces régions déshéritées est d'une importance capitale

Echo du 14-11-1952 - transmis par Francis Rambert
fév.2024

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" Air France " messager de vie
Tamanrasset, cœur du Hoggar n'est plus qu'à huit heures d'Alger
La présence des ailes françaises dans ces régions déshéritées est d'une importance capitale

Dix-sept mois, Monsieur, que je rêve de manger du poisson, nous a dit à Adrar un radio civil. D'ici moins d'un mois, il pourra satisfaire son goût. . .
" Je suis resté un mois et demi sans courrier, sans journaux " nous a déclaré un instituteur de Tamanrasset. Désormais, chaque semaine, la lettre, les nouvelles du monde, arriveront au Hoggar.
Cette régularité, cet apport de vie aux Sahariens, on le devra à " Air France ". Ne s'en tenant pas qu'aux grandes lignes internationales ou de l'Union française, la compagnie nationale, chaque fois et, partout où elle le peut, ouvre des itinéraires intérieurs qui mieux que de vains discours, témoignent de la présence française.

MESSAGÈRE DE VIE
Mardi, " Air France ", après Colomb-Béchar, Touggourt, a inauguré sa nouvelle ligne du Hoggar.
Tamanrasset, oasis du pays des Touareg, n'est plus qu'à huit heures de la mer, du nord, d'Alger.
Dix-neuf cents kilomètres à vol d'oiseau se substituent aux deux mille kms de pistes et routes, au huit jours nécessaires au parcours, aux trois nuits de bivouac au bord de la piste.


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" Air France " messager de vie
" Air France " messager de vie
" Air France " messager de vie
Tamanrasset, cœur du Hoggar n'est plus qu'à huit heures d'Alger
La présence des ailes françaises dans ces régions déshéritées est d'une importance capitale

Dix-sept mois, Monsieur, que je rêve de manger du poisson, nous a dit à Adrar un radio civil. D'ici moins d'un mois, il pourra satisfaire son goût. . .
" Je suis resté un mois et demi sans courrier, sans journaux " nous a déclaré un instituteur de Tamanrasset. Désormais, chaque semaine, la lettre, les nouvelles du monde, arriveront au Hoggar.
Cette régularité, cet apport de vie aux Sahariens, on le devra à " Air France ". Ne s'en tenant pas qu'aux grandes lignes internationales ou de l'Union française, la compagnie nationale, chaque fois et, partout où elle le peut, ouvre des itinéraires intérieurs qui mieux que de vains discours, témoignent de la présence française.

MESSAGÈRE DE VIE
Mardi, " Air France ", après Colomb-Béchar, Touggourt, a inauguré sa nouvelle ligne du Hoggar.
Tamanrasset, oasis du pays des Touareg, n'est plus qu'à huit heures de la mer, du nord, d'Alger.
Dix-neuf cents kilomètres à vol d'oiseau se substituent aux deux mille kms de pistes et routes, au huit jours nécessaires au parcours, aux trois nuits de bivouac au bord de la piste.
Révolue la fatigue, les courbatures causées par la tôle ondulée, les repas frustes, la chaleur accablante et les mouches voraces.
Le DC-3 d'" Air France ", d'un coup d'ailes, a apporté la vie, par sa rapidité, son confort, sa régularité. Par sa présence tout court.
Pour toutes ces femmes, ces enfants, ces hommes assurant avec stoïcisme leur tâche : liaisons radio génie, médecine, enseignement, police.
Pour ceux du Sud enfin, ceux du grand désert, " Air France " a donné la sécurité.

" COURRIER SUD "
Et c'est beaucoup avec l'esprit des hommes chers à " Saint-Ex " qu'" Air France " a mis sur pied ces liaisons régulières du sud avec le nord.
Un homme est à la base de la creation de ces lignes intérieures algériennes. M. Goudant, représentant général de la compagnie nationale en Afrique du Nord. Il en est le promoteur, il a dû convaincre Paris et Alger. Il a surmonté toutes les difficultés. Il en est maintenant l'animateur.
On a parlé de circuits touristiques.
Certes. Mais avant tout, il y a l'esprlt économique, l'intérêt de la présence des ailes françaises sur ces territoires qui priment tout.
" Pour nous, ce service régulier d'" Air France ", nous a dit le chef d'annexe d'El-Goléa, c'est de la viande fraîche, autre chose que du mouton, de la gazelle, du mouflon.
C'est aussi la possibilité d'une évacuation sanitaire non urgente mais nécessaire, toujours difficile jusqu'à maintenant ".
Tout cela n'a pas de prix !

COLLABORATION AIR FRANCE-S.A.T.T.
Vouloir exploiter une ligne saharienne et méconnaître l'existence, le travail de la Société algérienne des transports tropicaux, n'est pas possible.
" Air France " a donc passé une convention avec le colonel Estienne, directeur de la S.A.T.T. Il en est résulté l'établissement d'une coordination judicieuse entre la route et l'avion sur les itinéraires sahariens, pour le mieux des usagers.
Pour assurer la permanence des liaisons aériennes françaises, la Compagnie nationale s'appuie donc sur l'infrastructure importante créée par la S.A.T.T.. au bénéfice de sa filiale, l'" Aéro africaine ".
Terrains, installations au sol, ravitaillement en carburant, sont donc le fait de la $.A.T.T.
Un comité de liaison entre les deux sociétés doit être formé en vue de l'amélioration sensible des services aériens et routiers sur l'axe central algérien, entre les escales d'Alger, Ghardaia, El Goléa. Adrar, Djanet, Tamanrasset. et le prolongement éventuel sur Agadés, Zinder à l'Est, vers Gao à l'Ouest.

PREMIÈRE LIAISON
A 5 h. 45, mardi 11 novembre, un DC-3 a décollé de Maison-Blanche pour accomplir la première liaison officielle sur El Goléa : 680 km. d'Alger, Adrar 1.100 km., Aoulef 1.263 km. et Tamanrasset, terme de la ligne à 1.913 km.
Il était piloté par le commandant de bord Ravien, un vétéran de l'aviation, et à qui Air France a confié le soin d'ouvrir ses nouvelles lignes des confins algériens.
L'appareil avait a son bord 130 kg. de poste, 500 kg. dont 250 kg. de viande congelée pour le personnel militaire ; 300 kg. pour les civils.
Air France avait dû refuser de transporter 250 kg. de matériel de forage destiné aux recherches pétrolières effectuées dans la région d'Adrar, du fait du nombre de passagers effectuant le trajet.
Cette première liaison qui, dans toutes les oasis a cause la joie que l'on imagine parmi les Sahariens, a permis de mettre au point quelques détails de trafic.
L'existence de ce service régulier hebdomadaire, dont l'exploitation durera jusqu'à fin juin - durant l'été, des services d'entretien étant seuls maintenus - va d'autre part susciter un certain mouvement parmi les gens du Sud. Déjà. l'institutrice va rendre visite, entre deux courriers, à ses collègues de Tamanrasset. Le médecin d'Aoulef va prendre contact avec son confrère d'El Goléa.

A VOTRE SERVICE
M. Goudant, qui effectuait le voyage, a constaté l'importance que pouvait représenter la création d'un petit bureau de transit à Alger au bénéfice des Sahariens.
A Tamanrasset, Mme Lecointe, femme du chef d'annexe, désirait du beurre, denrée rare. Et tout au long du parcours, de multiples commissions ont été demandées.
Aussi,. Air France va-t-il spécialiser un employé pour les courses des " blédards " à Alger.
" Cela n'est rien pour nous, disait M. Goudant, et cela rendra de tels services à ces gens... "
Jusqu'au lundi midi, veille du départ de l'avion, Air France se mettra donc au service des habitants des palmeraies.

TAMANRASSET ET LE TOURISME
Agglomération centrale du Hoggar, Tamanrasset est en passe de devenir un centre actif de tourisme. Un tourisme spécial, il est vrai.
Pas question encore de vacances luxueuses au Sahara. Il faut être sportif et admettre un inconfort relatif. Ceci admis, alors rendez vous au Hoggar. Vous ne le regretterez pas. Vous y verrez du chaotique se mêlant au grandiose. De la couleur, des horizons réellement neufs.
La SATT dispose d'un hôtel à Tamanrasset. Jusqu'alors ce n'était qu'une escale. Il convient donc de l'améliorer notablement, en commençant par l'eau courante.
En attendant, les Wagons-lits, ainsi que les agences suisses Hôtel Plan et Kuoni, respectivement représentées au cours du voyage par MM. Devevez et Sutter, y ont installé pour 300.000 francs de matériel de campement. Tout est fourni, sauf le sac de couchage.
Parallèlement, le Touring Club de France. qui était représenté par M. Chabaud, organise depuis deux ans, pour ses adhérents, des expédition sur le circuit de Tamna, compte intensifier cette année son activité qui a été l'an dernier de 250 personnes.

SAISON : DÉCEMBRE-MAI
M. Sutter assure, à compter de décembre, à chaque voyage du courrier d'Air France, une dizaine de touristes, suisses et américains de la zone d'occupation d'Allemagne.
" Ce ne doit être qu'un minimum pour le début_ Songez, nous a-t-il dit, que 1.500 ressortissants suisses viennent chaque année à Bou-Saâda "
Devant la nécessité de renouveler l'intérêt des circuits touristiques, on comprendra la valeur que peut prendre le Hoggar , d'autant qu'Air France assure désormais la permanence du trafic.
Les Wagons-lits mettent actuellement sur pied une organisation parallèle tablant sur des possibilités identiques à celles de Hôtel Plan, prospectant notamment la Belgique et la Hollande.
Enfin, le circuit routier de l'Atakor est assure par la SATT.
Tous les espoirs sont donc permis pour ie développement du tourisme au Hoggar.
De plus en plus le Sahara exerce un attrait considérable en Europe. Suisses,. Scandinaves sont à la recherche de nouveaux horizons, tous descendant davantage vers le soleil
Le Hoggar s'outre à eux grâce à Air France.

MAINTENIR LA LIGNE
La compagnie nationale a fait l'effort voulu. Une collaboration souhaitable s'instaure entre les transports routier et aérien au Sahara.
Les touristes sont là. Les Sahariens s'habituent maintenant à cette notion que leur éloignement est considérablement réduit. Ils s'appretent à utiliser le Dakota pour leurs déplacements, pour leur ravitaillement.
La liaison Alger-Hoggar, comme celles d'ailleurs, de Colomb-Béchar et de Touggourt. est une nécessité vitale. Il faut maintenir ces lignes.
La parole appartient désormais à l'Assemblée algérienne, au Gouvernement général.
Les liaisons du Sahara sont des services publics, au sens le plus humain du terme. Elles doivent vivre et se développer !