René ALEMAN
NOTRE GALERIE DES CHAMPIONS
René Alleman 5 fois champion de France de poids et haltères

Note du site : dans les journaux, on trouve les orthographes : Aleman, Alleman, Allemand...
sur site le 18-10-2010

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René Aleman 5 fois champion

René ALEMAN
NOTRE GALERIE DES CHAMPIONS
René Aleman 5 fois champion
de France de poids et haltères

René Aleman, 5 fois champion de France de poids et haltères, catégorie poids légers, brille dons le sport obscur de la fonte. Et nombreux sont les Algérois, même peu sportifs, qui connaissent le modeste et laborieux champion de force, chargé du plus glorieux palmarès qu'un Algérien ait jamais eu là où triomphèrent Rigoulot, Cedine, Vasseur et tant d'autres.

Aleman naquit à Alger en 1914, eut une jeunesse sans incidents. Adulte, c'était un garçon de taille moyenne (1 m. 61) à la silhouette trapue. a boxe l'attira et le vit s'entraîner quelque temps sous les conseils de Munoz ; elle ne le retint pas. La gymnastique le séduisit à son tour et il ne tarda pas à réussir de beaux équilibres, des planches libres et d'autres exercices qui étonnent le profane. Dans un coin de cette salle, une barre abandonnée que soupesaient de temps à autre des curieux lui fit réaliser sen premier exploit. Il put charger et mettre à bout de bras dans la même séance 90 kilos. Pour un garçon de 18 ans, pesant 65 kgs, cela compte, si vous vous rappelez que l'on est stupéfait d'apprendre que Rigoulot, au même âge, pesant 80 kgs, avait réussi 100 kgs à son premier entraînement. Dès lors René s'était trouvé une vocation qui lui coûtera bien des sacrifices et qui trouvera bien peu d'imitateurs.

Avec un acharnement encore jamais vu dans ce sport, René de dimanche en dimanche surprenait les amateurs de fonte. La barre toujours plus lourde obéissait, ignorant la pesanteur. Les records nord-africains n'avaient guère le temps de vieillir, et sur les tablettes le nom d'Aleman faisait tâche d'huile. Il n'y eut bientôt plus que le sien dans les légers, tout comme Taris, à la même époque, en natation, sur les tablettes françaises. Physiquement, il était devenu un garçon impressionnant à la musculature abondante et très en relief. Il n'y eut bientôt plus d'adversaires à sa taille, même dans les catégories supérieures. Seul le barrait avec succès notre poids lourd Junqua.

Ayant opté pour une carrière sportive, il dut partir à Paris en 1935, où il signa au Métro. 1936 le voit faire son service militaire à Montpellier, pépinière haltérophile qui doit former les Ferrari, Souladou, Marchal, etc... Les casernes ne sont pas outillées pour ce sport. Qu'à cela ne tienne, René n'arrête pas son entraînement : des blocs de pierre lui serviront de gueuse, le style souffrira mais la force n'y perdra rien. Cette même année il se qualifie pour les champiennats de France ; il en sort second, classement honorable, qu'il maintient en 1937. ll lui était difficile de taire mieux lorsque vous saurez que le premier était Duverger, champion olympique.

1938. Dans les vestiaires, quelques minutes avant de défendre son titre, Duverger lançait à la cantonnade à quelques pas de René : " Dans un instant je vais être champion de France pour le dixième fois ". Aleman dut puiser en lui des forces ignorées qui décuplèrent sa volonté et lui permirent de ravir le, titre tant envié. Le flambeau changeait, de mains. A l'inamovible Duverger, René, succédait, devenu aujourd'hui aussi inamovible que son prédecesseur.

Il devait participer à de nombreuses rencontres internationales s'y classant avec plus ou moins de bonheur.

1940 le voit prisonnier pour plusieurs années. A la libération il reprend son entraînement et monte un numéro de main à main avec Rizzo, son camarade du Ralliement, champion de gymnastique. De nombeux cabarets de notre ville le voient exécuter un numéro de force et d'acrobatie qui n'est pas toujours apprécié à sa valeur.

1947. Malchance, le Montpelliérain Bouladou lui enlève de justesse et avec contestation, son titre. Depuis, Bouladou a fait son chemin dans les poids moyens.

1948. Les Jeux olympiques : la qualification exige un pointage élevé : 330 kgs. René s'en approche et réussit aux éliminatoires 327 kg . On le qualifie, mais Londres lui réserve une grande déception : il se classe dixième avec 315 kgs (alors qu'avec 330 kgs il fût sorti sixième), ayant commis l'imprudence de maigrir de 3 kg , 24 heures avant l'épreuve. Depuis il se maintient toujours en tête dons sa catégorie et l'on ne voit pas qui lui succédera honorablement.

Pour le prestige du sport nord-africain, il continuera à défendre son titre et va s'efforcer d'élever les records à un niveau très haut. Il se doit d'améliorer le record de France de l'épaulé jeté détenu par Bugnicourt avec 131 kg 500, René ayant épaulé à plusieurs reprises 132 kg . Nous espérons que la nouvelle année le verra réaliser cette performance qui sera le plus beau fleuron de son palmarès.

Marcel TOMAS.

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