sur site le 2/1/2003
-Notre compatriote, saint Adrien,abbé de Canterburry
vénéré en Angleterre
pnha, n°47, déc 1996
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-----Dans le courant de la 2ème moitié du siècle des années 500, un moine nommé Augustin, venu de Rome, probablement envoyé par le Pape Jean III, ou son successeur Benoît 1er, (surnommé Bonose), a fondé en terre d'Albion, un monastère à Canterbury. Le travail accompli en ces lieux y fut tellement remarquable et remarqué, en termes de propagation de la foi chrétienne, que Rome finit par promouvoir le territoire de conversion en diocèse et élever le simple moine Augustin au grade d'Evêque. Et c'est en l'an 601 que le Pape du moment, Grégoire le Grand, intronisa le prélat Augustin dans la dignité d'Archevêque. A la mort de ce valeureux serviteur de l'Eglise, une lente et continuelle dégradation se fit sentir dans l'image, l' oeuvre et l'influence religieuses qui y étaient rattachées. Seul en subsistait le prestige d'un grand renom.

Un moine berbère :Adrien

-----C'est alors que dans la 2ème moitié du siècle composé par
les années 600, le Pape Vitalien décida de relancer l'action catholique sur le plan local anglais. S'agissant de Canterbury, réduit à l'état de
simple monastère, le chef de l'Eglise porta son choix sur un jeune moine de bonne réputation pour "sa grande science de l'écriture sainte, et son expérience consommée dans les voies intérieures de la pitié". Il s'agissait en terre africaine d'un Berbère, nommé Adrien. Ce dernier était passé en Italie pour y mener une vie monastique exemplaire, et était abbé de Nerida, près de Naples.
-----L'humble abbé, pour décliner un pareil honneur, présenta au pape qu'il serait plus avantageux de confier le siège de Canterbury à Théodore, car il estimait celui-ci beaucoup plus capable que lui de remplir ce poste difficile.
-----Adrien ne refusait pas d'ailleurs de partager les travaux de Théodore en l'aidant de ses avis et de son expérience.
-----Le Pape Vitalien accepta cette substitution, mais exigea qu' Adrien accompagnât le nouvel élu, Théodore. Tous deux se dirigèrent donc vers leur mission en passant par la France. Ebroin, maire du Palais, fit arrêter Adrien, car il redoutait en lui un agent de l'Empereur d'Orient, ou un ouvrier qui travaillerait en Angleterre contre les intérêts de la France. Théodore, après avoir passé l'hiver sur le continent, put s'embarquer seul, au printemps de 689 ; quant à Adrien, il fut retenu à Meaux et en d'autres endroits avant d'obtenir l'autorisation de continuer son voyage. Il rejoignit dès que possible l'Angleterre pour y diriger le Monastère Saint-Pierre-SaintPaul qui fut appelé plus tard, Saint-Augustin. Adrien montra un grand zèle pour enseigner à ses moines le grec et le latin et fut, aussi, un exemple dans la pratique des vertus religieuses et humaines. Il édifia toute la contrée par sa vie sainte en même temps qu'il l'éclairait par sa doctrine toute céleste. Il y est décédé le 9 janvier 710.

 

De nombreux miracles

-----Son tombeau a été l'objet deplusieurs miracles. Le plus édifiant a été que son corps fut retrouvé intact et sans corruption en l'an 1090, à l'occasion d'une réfection de sa sépulture , c'est à dire, à près de 4 siècles après sa première inhumation.
-----Son nom figurait régulièrement et en bonne place dans les anciens calendriers d'Angleterre ainsi que, paraît-il, dans le martyrologue des Bénédictins.
-----Toutefois, si notre compatriote Adrien a souvent été dénommé le Saint-Augustin de Canterbury, il convient de ne pas le confondre avec l'Evêque Augustin qui l'avait précédé en ces lieux un siècle auparavant. -----Cela n'enlève rien à sa gloire et à ses mérites tels que les reconnaissent et les célèbrent les fidèles croyants et pratiquants à Canterbury.
N.B. Si vous désirez faire oeuvre utile et honnête, apprenez à ceux qui portent ce nom que le premier dans la liste des Martyrs béatifiés qui ont fait sanctifier ce nom était un de nos compatriotes, un Africain, plus exactement, un Berbère.

Abbé Vincent Serralda et Wynna Nat-IRATEN