
En présence du général
VAILLAUD et de M. GASTEBOIS, directeur central des P.T.T.
LA STATION DE INTERNATIONAL DES CONTRÔLE ÉMISSIONS
A ÉTÉ INAUGURÉE A ALGER
Cette station sera une
véritable « POLICE DE L'IONOSPHÈRE »
Caserne dOrléans. Sur lemplacement de bâtiments
détruits en 1943 au cours dun bombardement aérien
qui fit 117 victimes, toutes militaires, sélèvent
deux pavillons. Modernes, leur architecture et la blancheur de leur
ravalement contrastent singulièrement avec les vieilles bâtisses
alentour.
Dans lun deux est installée la station de contrôle
international des émissions. Un étage est occupé
par le matériel et le personnel que dirige lIngénieur
F. Lenolr.
Hier, mardi, aura été pour cet homme une grande journée.
Elle aura vu le couronnement de sa persévérance. Et la
consécration de ses mérites.
Le général Vaillaud, commandant les transmissions dAfrique
du Nord, et M. Gastebois, ingénieur général directeur
central des P.T.T. et président du Comité de coordination
des télécommunications de lAfrique du Nord, ont,
en effet, procédé linauguration de la station avant
que le général Vaillaud remette la croix dofficier
de la Légion dhonneur à M. Lenoir. Encombrement
de l'éther
A quoi répond cette station ? Le nombre de stations démissions
augmente constamment. Alors que le spectre des fréquences radioélectriques
nest pas extensible. Il a donc fallu attribuer aux stations émettrices
dune même région des fréquences très
rapprochées les unes des autres.
Chaque fréquence est cependant utilisée une cinquantaine
de fois dans des pays en zones différentes, selon la Convention
dAtlantic-City de 1947.
Mais lencombrement de léther est tel que, malgré
la technique des appareils émetteurs actuels, très poussée
vers la stabilité, il se trouve que bien des émissions
interfèrent, rendant souvent le trafic de quelques-unes impossible.
Dautres stations augmentent ou diminuent leur fréquence
pour mieux écouler leur trafic. Elles utilisent même quelquefois
des fréquences qui ne leur appartiennent pas. Tout ceci au détriment
dautres liaisons qui sont, à leur tour, considérablement
gênées.
A quoi tient cet encombrement de léther ? Au développement
croissant de la radio. Depuis la guerre, la technique a évolué
et lon sest aperçu quil était plus aisé
détablir des liaisons radio que demployer !e téléphone.
Tous les grands services publics possèdent leurs stations démissions.
Sans parler, évidemment, de larmée, de la marine,
de laviation. Le résultat ? Le Comité dattribution
de fréquences est débordé.
En Afrique du Nord on compte 1.733 stations démissions
radio à poste fixe. Sans compter les postes mobiles de larmée.
La gamme de fréquences la plus encombrée va de 3.000 à
4.500 kilocycles. Lorsque lon sait que chaque station a au moins
quatre fréquences à sa disposition on imagine la sensationnelle
anarchie qui pourrait régner dans lionosphère.
Une police de l'ionosphère
Il a donc été indispensable dassurer une police
de lionosphère par des stations de contrôle mesurant
avec précision les fréquences en service. Certains de
ces centres assurent un contrôle international. Cest le
cas de la station dAlger.
Le rôle des stations de contrôle international des émissions
est de :
1° Relever les infractions commises par nimporte quelle station
et den faire part à lI.F.R.B. (Bureau international
denregistrement des fréquences, à Genève).
2° Intervenir en cas de brouillage de deux stations.
3° Mesurer pour leur information personnelle les émissions
des stations qui en font la demande.
Il existe dans le monde de nombreuses stations de contrôle. Toutes
ne sont pas classées internationales. En France, il en existe
quatre possédant ce statut : le centre des Molières, celui
de Noiseau, de Paris et enfin dAlger.
La station de la caserne dOrléans voit son contrôle
sexercer particulièrement dans le bassin méditerranéen
et porte sur le trafic officiel. Elle a également la possibilité
et le droit de mesurer lémission des postes de radiodiffusion
et, éventuellement, de leur signaler leurs erreurs. Elle peut
ainsi, à la demande, déterminer la fréquence de
tous postes démissions français ou étranger.
Elle exerce donc une véritable police de lionosphère.
La station ne recherche toutefois pas le délinquant pour sévir,
mais pour le conseiller, afin de ne pas gêner les autres émissions.
En plus des mesures auxquelles elle procède, la station dAlger
peut intervenir directement auprès des émetteurs en faute
au moyen de quatre postes démissions. Quelle que soit la
catégorie de ces stations : fixes, mobiles, maritimes ou aéronautiques.
De même, elle peut les régler dans 1a. minute qui suit,
en émettant pour elles leur fréquence normale de trafic.
Les appareils de mesure de la station de contrôle dAlger
sont en effet précis à une période près
sur dix millions de périodes.
A lissue de cette inauguration, au cours dun vin dhonneur,
le général Vaillaud a remis la croix de la Légion
dhonneur à M. Lenoir et la médaille militaire à
ladjudant Serrano.
A tous deux nous présentons nos vives félicitations.
Nota, Dixit Francis RAMBERT :« ...le
Félix Lenoir dont il est question, était un cousin de
ma mère, son fils René Lenoir a été secrétaire
dÉtat à l'action sociale, auprès de Simone
Veil et son petit-fils, Frédéric est une philosophe qu'on
entend souvent sur les radios et télés à propos
des religions )