LA PLAINE DE LA MITIDJA AVANT 1962
RAPIDE SURVOL DES COMMUNES DE LA MITIDJA

ROUIBA

Georges Bouchet

mise sur site le 10-6-2011...+ le 25-6-2011

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ROUIBA

ROUIBA
Origine du nom : arabe. Rouiba était le nom utilisé par les indigènes avant l'arrivée des Français, pour désigner un lieu-dit. Il a été logiquement gardé après 1962.

Origine du centre : française. Des Européens vinrent s'établir en ce lieu bien avant la création officielle d'un village de colonisation. Ce fut possible grâce à la sécurité assurée après 1842, grâce à la proximité d'Alger et grâce au passage de la route principale vers l'est. Le lieu-dit Rouiba était au carrefour avec le chemin d'Aïn-Taya situé sur la côte. Il a d'abord été intégré, en 1846, à la vaste commune de La Rassauta.
Le centre est officiellement créé par un décret de l'Empereur du 30 septembre 1853, le Maréchal Randon étant Gouverneur Général. Il est réellement créé l'année suivante pour une trentaine de familles, parmi lesquelles les Mahonnais étaient majoritaires.
Il fut promu CPE en août 1861.

Le territoire communal est entièrement dans la plaine de la Mitidja. Il ne touche, ni à la mer, ni à l'Atlas. Les altitudes y sont partout très basses ; de l'ordre de 20m ; et même moins de 10 près de l'oued el-Biar qui limite la commune à l'est. Tout est plat, à la petite exception près de la ride des Haraouas à l'extrême nord, qui atteint 50m.

A l'ouest les méandres serrés de l'oued el-Hamiz soulignent la faible pente de l'oued et le risque d'inondation ; du moins avant la construction du barrage inauguré, dans la montagne, en 1883 et qui a permis de régulariser le débit.

La commune est traversée par la grande route de Constantine (la RN 5) d'ouest en est, et par la route d'Aïn-Taya à Fondouk, du nord au sud (RD 121).

La gare fut inaugurée en 1879, tout près de la place centrale du village. C'est la seule gare de la commune. La ligne passe au sud du village. En 1879 son terminus était à l'Alma, en 1881 à Ménerville et en 1886 à Constantine. Son trafic était important : après 1950 la voie fut doublée jusqu' à l'Alma.

Les sols sont riches et cultivés. Les fermes sont nombreuses et desservies par des routes rectilignes.

A noter, dans le coin sud-est, l'étonnante indication " champ de courses ". Ce détail suffit à prouver que Rouiba n'était pas une commune banale, et qu'elle était riche.

Les activités furent agricoles d'abord, agricoles et industrielles ensuite.

        

Agricoles. Après 1890, la richesse de la commune, c'est la vigne. Sur la carte de 1935 il y en a presque partout. Seules exceptions ; au sud les terres des ouled Ben Choubane et au nord celles des Ben Zerga. Les populations indigènes ont associé à l'embauche sur les fermes des colons, des cultures traditionnelles et un petit élevage. Il est probable que quelques colons aient, eux aussi, pratiqué l'élevage, de façon plus intensive. Ce qui permettrait de justifier l'ouverture d'un abattoir dès 1918.

   
         Industrielles. Cela a commencé par la briqueterie de l'oued el Hamiz. Puis après 1918 par des ateliers de petit matériel agricole et de fabrication de peintures. Après 1945 s'installèrent la brasserie " La Gauloise " et surtout l'usine Berliet ; ou mieux les deux usines Berliet. Bien sûr il ne s'agissait que de montage de pièces venues de Lyon. Mais les deux bâtiments, au bord de la RN 5 étaient imposants : c'était, de loin, les plus grands de la zone industrielle dite de Rouiba-Réghaïa. La société africaine des automobiles Berliet (la SAAB) a été créée en 1957. La première usine a été inaugurée en 1959 ; elle était prévue pour monter 120 camions par mois, adaptés aux besoins de l'Afrique et plus précisément aux besoins des recherches pétrolières au Sahara. La seconde, un an plus tard, était destinée à monter des autocars interurbains appelés " Randonnée ". Le siège social de la SAAB était à Alger, immeuble Maurétania.
Les usines Berliet vues d'avion. Photo du sud vers le nord. On aperçoit aussi 2 ou 3 fermes françaises
Les usines Berliet vues d'avion. Photo du sud vers le nord. On aperçoit aussi 2 ou 3 fermes françaises

Le village centre est classique jusqu'aux années 1950. Ensuite des HLM à 2 et 4 étages, ont accompagné l'industrialisation. Le village, en 1962, était en passe de devenir une petite ville. Il était desservi par le train et par les cars de 13 sociétés d'autobus.

Deux particularités

        

L'existence d'une Ecole d'Agriculture. Elle avait été ouverte en 1881 sur le domaine de l'ancienne ferme Décallet. En 1905 elle fut transférée à Maison-Carrée. Elle délivrait un diplôme " maison ".

   
         L'inauguration d'un hôpital en 1962.

Population en 1954 : 12 162 dont 2 387 non musulmans (soit 19,63%). C'est beaucoup.
Population agglomérée en 1948 : 2 341. C'est déjà, avant Berliet, plus qu'un village.

Grain de sel de B.Venis : sur ce site, quelques documents sur Rouiba : clic