sur site le 7-4-2003
- Divers textes sur Alger, l'Algérie, les Pieds-Noirs,...
A propos de PIEDS-NOIRS ET NOUS
pnha, n°101, mai 1999

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  Les étymologistes ont perdu de leur temps
Pour étudier ce terme impropre à tous les temps,
Ce tatouage grotesque, brûlure indélébile
Dont la France a marqué les parias en exil.

Peu importe l'origine de ce sigle tendancieux
Il est péjoratif et d'un emploi vicieux.
Nous ne sommes pas dupes, encore moins renégats
Et pour nous ce label nous unit au combat...

Vous nous avez, hélas, brocardés par mépris
Attisant une rancoeur qui nous laissa surpris
Au foyer misérable de vos piètres rancunes,
La Raison fut détruite, jugée inopportune

NOUS, nous avions pour la France cet amour indicible, Naïf,pur, authentique d'une foi irréversible
Que le seul drapeau et la seule Marseillaise
Eveillaient les frissons d'une fierté française!

VOUS, attachés aux provinces, aux villes et aux villages Laissés par vous aïeux en précieux héritage,
VOUS contestiez nos droits qu'ils fussent du sol, du sang Insensibles au tragique que l'exilé ressent.

NOUS, abreuvés de soleil jusque dans nos racines
Liés à cette terre par les liens qu'on devine
Fidèles au patrimoine et garants tutélaires,
Victimes expiatoires d'une douloureuse "affaire".

VOUS, dans vos discours, vous cultivez la haine
Aux jardins complaisants des mensonges à la chaîne
Que l'outrance amplifie sur un terrain propice
Où la rancoeur tient lieu de jugement complice;

NOUS,au piège d'un dilemme "la valise, le cercueil"
Le dos au désarroi, étrangers sur le seuil
D'une terre tant aimée et irriguée du sang,
De sueurs et de larmes et du drame naissant,

VOUS, dont la mémoire frivole a oublié la guerre
Et ces soldats honnis, nul ne s'en soucie guère !,
Pourtant, ils sont venus ignorant la bravade,
Vous délivrer du joug sans nulle jérémiade.

NOUS, dans l'exode de la honte, nous avons enduré
Insultes et quolibets d'une écoeurante curée
D'un consensus perfide où le maudit Pieds-Noirs
Au banc de l'infamie, fut traduit sans espoir...

VOUS, malgré l'usure du temps, vous restez impassibles Figés dans un contrat sournois, incoercible,
Vous cautionnez encore les idées scélérates,
Les porteurs de valises, les discours et les ... dates

Mais NOUS, avons la foi d'un croyant de la bible,
Le Feu de la CONSCIENCE dévorant, invincible, Jusqu'après le trépas vous poursuivra sans fin

SOUVENEZ-VOUS
"L'OEIL ETAIT DANS LA TOMBE ET REGARDAIT CAIN".

MUVIEN Etienne Pierre