EN FLÂNANT
VERS KOUBA.
Le palmier du tournant du « calvaire »
La réfection
du tournant du « Calvaire » fait partie des initiatives
les plus heureuses. Bien aménagé, il permet avec ses
refuges, dassurer la sécurité des piétons
et des automobilistes, en imposant à ces derniers un sens
giratoire. De ce virage, le point de vue sur la baie dAlger
peut compter au nombre des plus beaux sites. Pourquoi faut-il une
ombre à un si beau tableau ?
Une ombre, c'est beaucoup dire, puisquil sagit dun
arbre déplumé.
Le refuge central est en effet orné de deux palmiers. Chacun
dans leur genre mériterait un commentaire, mais lun
deux surtout nous fait pitié et nous choque. Quel palmier
! Sur son tronc élancé deux pauvres palmes sagitent
au gré du vent, mélancoliques et épuisées.
Elles semblent lasses et honteuses de se trouver en si joli lieu.
Nous nous sommes demandé avec inquiétude sil
restait encore des palmiers en Algérie ?
Ce triste échantillon serait-il le rebut de quelque jardin
? Ou alors, et nous opinions pour cette idée, ce rejeton
de la belle flore algérienne a été planté
à titre dessai. Son emplacement est en effet judicieusement
choisi pour en faire un butoir à lusage des automobilistes
en mal de vitesse. Mais cest encore une erreur psychologique.
Les Koubéens sont des gens sages et pondérés.
Alors, de grâce, que les services compétents remplacent
vite ce palmier par un arbre digne de cette appellation. Il nen
manque pas.
Que lon fasse mentir le vieil adage qui veut quen France
le provisoire soit du définitif.
Et puis, ce nest une confidence pour personne : que lon
songe quà deux pas de lui, un grand, un très
grand artiste, amoureux des belles formes, est là. masqué
par sa verrière... et doit souffrir en silence.
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