Algérie, Alger : l'enseignement
La scolarisation dans toute l'Algérie
a depuis deux ans marqué d'énormes progrès.

Textes et croquis extraits de Alger-Revue, été 1960 - collection Bernard Venis
mise sur site le 10-1-2008

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C 'EST un fait - encourageant entre tous: ces deux dernières années ont vu, dans toute l'Algérie et pour toutes les branches de l'enseignement, un fort accroissement des effectifs scolaires. L'exposé ci-après, d'après le Rectorat, est, dans sa sécheresse voulue, de la plus haute éloquence.

La planche 1 permet de comparer les différentes régions de l'Académie d'Alger au point de vue des effectifs d'élèves fréquentant :
- d'une part, les écoles primaires élémentaires publiques (il n'est pas tenu compte dans ces tableaux, concernant uniciuement les écoles régulières de type métropolitain, des enfants d'âge scolaire préscolarisés dans les Centres Sociaux ou dans les classes militaires de pacification ( 57 Centres Sociaux sont en service à la fin de 1959. En principe, chaque Centre Social doit recruter chaque année 215 enfants d'âge scolaire au minimum. Cela fait une clientèle moyenne de l'ordre de 10.000 enfants entrant annuellement dans les Centres Sociaux existants. Les renseignements fournis nar l'Autorité militaire indiquent au 1"r octobre 1959, 70.864 élèves et 1.283 maîtres militaires dans les écoles de pacification de l'Armée.).

- et, d'autre part, l'ensemble des établissements publics d'enseignements du niveau du second degré (lycées, collèges, cours complémentaires d'enseignement technique ou professionnel).

effectifs au 5 novembre

Enseignement primaire élémentaire public.

Les effectifs d'élèves admis à la rentrée de 1959, dans les écoles primaires élémentaires publiques, se classent par région, dans l'ordre décroissant suivant :
1° Alger, 2° Oran, 3°Constantine, 4° Sahara.

Toutefois, si on considère le nombre d'enfants scolarisés dans les classes primaires pour 1.000 habitants, le classement par ordre décroissant est un peu différent :
1° Oran (96), 2° Alger (74), 3° Constantine (58), 4° Sahara (environ 50).

Ainsi, malgré les accroissements relatifs considérables des effectifs de l'enseignement primaire dans chacune des régions, l'équilibre des taux de scolarisation est encore loin d'être établi entre elles.

Toutefois, c'est vers l'établissement progressif de cet équilibre entre les régions d'Algérie que tend l'effort général de scolarisation. Le classement des régions d'Algérie par les accroissements relatifs d'effectifs au cours des deux dernières années est, en effet, inverse de celui qui résulte des taux de scolarisation : 1° Constantine (75,2 %) ; 2° Alger (60,3 %) ; 3° Oran (48,2 %). Le Sahara (31,5 %) pose des problèmes particuliers et les développemcnts de son enseignement primaire public sont traités indépendamment de ceux des trois régions d'Algérie.

Enseignement du niveau du second degré.

Les effectifs, totalisés à la rentrée de 1959, d'élèves fréquentant l'ensemble des établissements d'enseignement public du niveau du second degré, classent les régions d'Algérie et le Sahara, dans le même ordre que les effectifs de l'enseignement primaire élémentaire.

Les accroissements relatifs au cours des deux dernières années des effectifs d'élèves dans les enseignements du niveau du second degré, d'autant plus grands que les régions étaient moins avancées, ont tendu vers un meilleur équilibre : 1° Sahara (77,6 %); 2° Constantine (32,4 %) ; 3° Alger (30,1 %); 4° Oran (27,1 %).

Mais l'expansion des enseignements moyens étant liée aux possibilités de recrutement d'élèves formés par l'enseignement primaire élémentaire se trouve forcément dominée par l'inégale répartition des entrées dans l'enseignement primaire il y a six à huit ans.

Ce lien qui existe entre les possibilités d'expansion des enseignements moyens et l'évolution préalable de l'enseignement primaire élémentaire, explique le développement relatif encore inégal des effectifs des enseignements moyens par rapport aux effectifs de l'enseignement primaire élémentaire dans les différentes régions :

Elèves de l'enseignement primaire élémentaire : Région d'Oran 100, Région d'Alger 100, Région de Constantine 100, Sahara 100.

Elèves dans les enseignements du second degré : Région d'Oran 13,5, Région d'Alger 13, Région de Constantine 10,5, Sahara 4,8.

Répartition des enseignements du second degré.

La planche II fournit, par région, les détails de répartitions des effectifs d'élèves dans les divers enseignements du niveau du second degré:
- lycées et collèges (enseignements classique, moderne et franco-musulman), écoles normales d'instituteurs, cours complémentaires d'enseignement général, établissements d'enseigne-ment technique ou professionnel.

effectifs secondaires



Les régions d'Alger et d'Oran, les deux plus avancées au point de vue de l'enseignement primaire élémentaire, ont atteint des effectifs comparables au point de vue des enseignements généraux du niveau du 2e degré (lycées, collèges et C.G.E.G.). La région d'Oran avait quelque retard au point de vue des C.C.E.G. par rapport à la région d'Alger, ce retard a été comblé au cours des deux dernières années.

La région de Constantine et le Sahara, beaucoup moins avancés que les deux régions précédentes au point de vue de la scolarisation élémentaire voient l'ensemble des enseignements de ni-veau moyen se développer, surtout grâce aux C.G.E.G. et aux établissements professionnels.

Le Sahara n'a pas encore de lycée ou collège. Il ne pourrait: faute d'un nombre suffisant d'élèves issus du Premier Cycle, et aussi par suite des distances, alimenter un établissement de Second degré complet et moins encore plu-sieurs établissements de ce type. Par contre. les cours complémentaires d'enseignement général et les établissements d'enseignement professionnel sont en essor marqué.

Voici, ci-dessous, la répartition des enseignements du second degré par villes:

Lycées et Collèges
Effectifs en 1959
Ecoles Normales d'instituteurs
Effectifs en 1959
1. Alger
2. Oran
3. Constantine
4. Mostaganem
5. Bône
6. Tlemcen
7. Sétif
8. Orléansville
9. Tiaret
10. Tizi-Ouzou
11. Médéa
12. Batna
16.252
11.722
5.178
2.691
2.320
2.236
1.514
923
673
409
400
378
1. Alger
2. Oran
3. Constantine
4. Bône
5. Tlemcen
6. Mostaganem
7. Orléansville
8. Sétif
550
395
158
84
54
53
45
27
Cours complémentaires d'enseignement général
Effectifs en 1959
Cours complémentaires d'enseignement technique et professionnel
Effectifs en 1959
1. Alger
2. Oran
3. Constantine
4. Bône
5. Mostaganem
6. Tlemcen
7. Sétif
8. Tiaret
S. Orléansville
10. Batna
11. Médéa
12. Tizi-Ouzou
7.290
5.617
2.331
2.078
1.087
995
972
905
673
663
387
316
1. Alger
2. Oran
3. Constantine
4. Bône
5. Sétif
6. Mostaganem
1. Tizi-Ouzou
8. Orléansville
9. Tlemcen
10 Tiaret
11. Médéa
12. Batna
5.139
3.769
2.628
2.171
1.599
1.104
837
710
698
658
589
428

Les départements à très gros centre urbain : Alger, Constantine, se classent en tête et dans le même ordre pour toutes les catégories d'enseignements . Dans chacun de ces départements, les effectifs des cours complémentaires d'enseignement général sont approximativement moitié de ceux des lycées et collèges.

Viennent ensuite les départements de Bône et de Mostaganem, le premier ayant relativement plus d'élèves dans ses C.C.E.G. et dans ses établissements techniques et professionnels, que le second, mieux équipé en lycées et col-èges ;

puis les départements de Tlemcen et de Sétif, le premier s'appuyant davantage sur ses lycées et collèges et le second sur ses C.C.E.G. et ses établissements d'enseignement professionnel ; enfin les départements, essentiellement ruraux, d'Orléansville, Tiaret, Tizi-Ouzou, Médéa et Batna. On doit noter que le classement du département de Tizi-Ouzou se trouve considérablement amélioré au point de vue de l'enseignement technique par la présence à Dellys de la seule Ecole Nationale Professionnelle d'Algérie qui draine par son internat, des élèves venant, pour le plus grand nombre, d'autres départements (à la rentrée de 1959, l'Ecole Nationale Professionnelle de Dellys comptait 285 élèves ; elle en avait 190 'a la rentrée de 1957).

Classement des effectifs par département.

Enseignement primaire élémentaire
Effectifs 1957
1959
1. _ Alger
2. Oran
3. Constantine ..
4. Bône
5. Sétif
6. Mostaganem
7. Orléansville
8. Tlemcen
9. Tizi-Ouzou
10. Tiaret ...:
11. Batna
12. Médéa
122.958
96.571
47.656
35.777
27.104
29.410
19.835
21.438
14.006
15.070
11.916
9.935
176.708
138.322
79.081
59.857
51.252
44.690
38.281
31.160
30.407
26.586
24.379
21.299
Enseignements du niveau du second degr - :Effectifs 1959
1. Alger
2. Oran
3. Constantine
4. Bône
5. Mostaganem
6. Sétif
7. Tlemcen
8. Orléansville
9. Tiaret
10. Tizi-Ouzou
11. Batna
12. Médéa
29.224
21.503
10.295
6.653
4.935
4.112
3.983
2.371
2.236
1.562
1.469
1.376

Les deux classements sont très voisins, ce qui est normal puisque les développements des enseignements du niveau du second degré sont commandés par le nombre d'élèves issus de la scolarité primaire élémentaire complète.

Les différences s'expliquent simplement par l'essor récent de la scolarisation primaire élémentaire qui a pu inverser, à ce point de vue, depuis deux ans le classement de quelques départements, Mostaganem et Sétif, Tlemcen et Orléansville, Tiaret et Tizi-Ouzou. Ces changements n'ont pas encore d'action sur les possibilités de recrutement des enseignements moyens et on constate que les départements se classent identiquement par les effectifs des enseignements moyens en 1959 et par les effectifs des enseignements secondaires en 1957.

On notera que dans les deux listes les départements à gros centres urbains se placent en tête et dans le même ordre : 10 Alger, 2° Oran, 3° Constantine, 4° Bône.

Taux d'accroissement (très différent) des enseignements généraux et' des enseignements techniques.

Au point de vue de l'expansion relative des enseignements généraux d'une part, et des enseignements techniques ou professionnel d'autre part, au cours des deux dernières années, les départements se classent de la façon suivante:

Ensemble des enseignements généraux :
Enseignements technique ou prof essionnel :
1. Batna
2 Médéa
3. Tizi-Ouzou
4. Tlemcen
5. Tiaret
6. Sétif
7. Orléansville
8. Mostaganem
9. Alger
10. Oran
11. Constantine
12. Bône
65,5 %
45,5 %
39,4 %
37,4 %
37,0 %
32,4 %
32,3 %
32,0 %
23,2 %
21,8 %
19,8 %
17,8 %
1. Tizi-Ouzou
2. Constantine
3. Orléansville
4. Oran
5. Sétif
6. Batna
7. Alger
8. Bône
9. Mostaganem
10. Médéa
11. Tiaret
12. Tlemcen
84,2 %
82,2 %
64,0 %
60,9 %
67,3 %
56,2 %
42,0 %
41,8 %
37,8 . %
37,6 %
37,4 %
20,6 %

Accroissement maximum chez les ruraux.

Au point de vue des accroissements relatifs qui mesurent en quelque sorte la vitesse de développement des enseignements au cours des deux dernières années, les classements sont les suivants :

Enseignement primaire élémentaire:
Enseignement du niveau du second degré
Médéa
Tizi-Ouzou
Batna
Orléansville
Sétif
Tiaret
Bône
Constantine
Mostaganem
Tlemcen
Alger
Oran
120,4 %
117,0 %
104,6 %
92,7 %
89,1 %
76,4 %
67,3 %
65,9 %
51,9 %
45,3%
43,7 %
43,2 %
Batna
Tizi-Ouzou
Orléansville
Sétif
Médéa
Tlemcen
Tiaret
Mostaganem
Constantine
Oran
Alger
Bône
62,7 %
60,2 %
44,6 %
43,5 %
41,7 %
34,1 %
33,4 %
33,3 %
31,3 %
27,2 %
26,1 %
24,7 %

On constate ici, que les accroissements relatifs les plus importants intéressent des départements ruraux qui étaient jusqu'ici les moins bien partagés. L'expansion relative est particulièrement forte, pour les enseignements élémentaires comme pour les enseignements du niveau du second degré, dans les départements de Médéa, de Tizi-Ouzou, de Batna, d'Orléansville, de Sétif, de Tiaret.

Le développement relatif est encore considérable dans tous les autres départements puisqu'il ne descend pas au-dessous de 43,2 % en ce qui concerne les effectifs d'enseignement primaire élémentaire et 24,7 % en ce qui concerne les enseignements du niveau du second degré.

L'expansion relative des enseignements généraux a été particulièrement grande dans les départements ruraux, soit par un développement simultané des établissements du second degré et des C.G.E.G., comme à Batna, Médéa, Tlemcen, Tiaret, soit par le développement exceptionnel des établissements du second degré comme à Tizi-Ouzou, soit essentiellement par une forte expansion des C.C.E.G. comme à Sétif, Orléansville, Mostaganem.

effectifs technique



L'essor relatif des enseignements techniques ou professionnels se répartit géographiquement de façon moins simple que celui des enseignements généraux. Mais on doit noter que les départements à gros centres urbains (Constantine, Oran, Alger, Bône) où existent les meilleures possibilités de placement et le département de Tizi-Ouzou, exportateur de main-d'oeuvre, se classent mieux au point de vue des progrès de l'enseignement technique et professionnel qu'au point de vue de l'essor des enseignements généraux.

Les départements ruraux de Tlemcen, Tiaret, Médéa qui ont le moins progressé relativement quant à l'enseignement technique et professionnel sont parmi les premiers par les accroissements relatifs de leurs enseignements généraux.