sur site le 1-1-2003
Le trésor de la Casbah.

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------On a beaucoup épilogué sur ce sujet. Beaucoup exagéré. Beaucoup dénaturé.
------Le maréchal de Bourmont avait eu la charge, extrêmement délicate, de dresser l'inventaire du Trésor Public. Une commission fut instituée à cet effet.
------M. Firino, payeur général de l'Armée en faisait partie. C'est lui qui reçut des mains du "khasnadji" (trésorier en chef) les clefs de la porte des Réserves.
------Ce trésor était conservé dans une salle basse coupée en son milieu par une cloison. Elle contenait des "Boudjoux", monnaie algérienne de la valeur de 3,60 F. Une seconde porte, formant équerre avec la première, fut ouverte. Elle donnait accès à une salle plus vaste, éclairée par une fenêtre grillagée. Cette salle renfermait trois coffres. Deux contenaient des boudjoux, le troisième des lingots d'argent.
------Trois portes s'ouvraient sur des salles obscures. L'une de ces salles renfermait des monnaies d'or jetées pêle-mêle ; l'autre des piastres du Portugal ; la troisième des piastres d'Espagne.
------On plaça le tout sous scellé. Un poste de gendarmerie garda les accès.
------Puis on passa à l'atelier de fabrication des monnaies. On y trouva des lingots d'or pour une valeur de 25 à 30 000 francs. Les scellés furent également apposés sur la porte de l'atelier et on y plaça une sentinelle.
------Or une ouverture pratiquée durant la nuit, dans une cloison en maçonnerie, rendit ces précautions inutiles. Les lingots furent enlevés. On ne sut jamais par qui.
------On trouva encore, dans les appartements du dey et les dépendances, une caisse contenant des sequins d'or pour une somme de 30 000 francs environ. Une seconde caisse, 30 000 sequins d'Alger, fut réclamée par le dey comme lui appartenant personnellement. Elle lui fut rendue.

-----L'intendant général Denniée avait été frappé par la quantité d'or et d'argent offerte à sa vue, au cours de sa reconnaissance. Il avait estimé à environ 80 millions la valeur de l'ensemble. Chiffre que d'autres, laissant libre cours à l'imagination, portaient à 100, voire à 200 millions.
------Après avoir fait la part de l'imagination, voici le tableau officiel de l'inventaire du trésor algérien
7 212 kilos d'or à 3,434 francs le kilo : 24 768 000 F.
------108 704 kilos d'argent à 220 francs le kilo : 23 915 000 F. soit au total : 48 683 000 F.
------Là-dessus, 43 millions furent envoyés en France, par caisses chargées, pour l'or sur les frégates: le "Marengo", le "Duquesne", le "Scipion" ; pour l'argent : le "Nestor", et la "Vénus".
------Les 5 millions restant, en espèces monnayables dans la Régence, furent affectés aux dépenses publiques en Alger.
Extraits de " Esquisses anecdotiques et historiques du Vieil Alger ",Fernand Arnaudies, Collection Outremers, éditions A.Barthélémy, Avignon, 1990.