-Alger, la Casbah
la Synagogue
, 2 cartes + un texte
place du Grand Rabbin Bloch, prolongement rue Randon
Texte extrait de la revue n°56 de AFN-Collections. Si vous adhérez, vous pourrez - entre autres - participer à des bourses trimestrielles (ventes ou achat) de cartes postales..
mise sur site le 9-08-2003...+ le 16-8-2008

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la Synagogue

Dans un classeur, soigneusement rangées -et de ce fait malheureusement oubliées depuis de nombreuses années- je viens de retrouver un certain nombre de coupures de journaux d'Alger .

Celles des années 1950-1953, contiennent en particulier la rubrique de Marcel Paviot "Petite histoire de nos sanctuaires", illustrée de dessins de Charles Brouty. On y retrouve décrits et resitués dans leur contexte urbain et historique un ensemble de sites religieux, églises, chapelles, temples, de notre ville d'Alger. Ci-dessous un de ces articles

LE TEMPLE ISRAELITE GRAND RABBIN BLOCH

Etroites et grouillantes de marchands ambulants et de portefaix, les rues Randon et Marengo font leur jonction sur une petite place au bord de laquelle s'élève un bel et imposant édifice. C'est la grande synagogue d'Alger qui porte le nom du grand rabbin Abraham Bloch.

Inaugurée en 1885, elle est, malgré son aspect extérieur, la plus riche et la plus importante de la ville. En effet, sous ses lignes sobres et sa façade originale devant laquelle s'avance un large escalier de granit, le temple abrite de véritables trésors.

Dans les faisceaux de lumière que diffuse le superbe lustre suspendu à la grande coupole centrale on peut admirer tout
d'abord la splendeur architecturale du dôme et de ses corniches sous lesquelles se découpent, en forme de " table de la Loi ", des ouvertures garnies de beaux vitraux.

Autour de la chaire finement sculptée, deux plaques de marbre, ornées de plaques de bronze portent le nom des soldats israélites morts pour la France. D'autres plaques apposées à chaque angle des murs rappellent le souvenir des bienfaiteurs de la communauté.

Le grand orgue magnétique, témoin des événements joyeux ou douloureux, s'y associe, par ses sons harmonieux.

Enfin, dans le Tabernacle sont pieusement rassemblés des souvenirs. Parmi eux figurent des " sépharim " dont un remonte au XVe siècle.

Il convient de noter aussi une relique des rabbins Barchichat, et Duran, fonda teurs du judaïsme en Algérie. C'est une coiffure espagnole, espèce de toque de drap, que certaines familles d'Alger, descendants directs de ces deux personnalités, ont coutume de porter encore à cer taines cerémonies.

Cette synagogue est très fréquentée depuis la démolition de celle de la rue' Volland. On ne peut ne pas évoquer en, cette circonstance cet édifice de style hispano-mauresque aux imposantes colonnes de marbre, aux sculptures dentelées, aux riches mosaïques. Il avait été construit à l'emplacement même où existait déjà, sous la domination turque, un des premiers temples israélites.

Pour terminer, rappelons un souvenir émouvant de l'ancien grand rabbin d'Alger et ancien aumônier militaire, signalé par M. Henry Aioun, secrétaire général du consistoi re d'Alger, dans un de ses ouvrages :
" C'était pendant la guerre 1914-1918. Un soldat blessé mortellement au cours d'un combat, demanda au grand rabbin Bloch -qu'il prit pour un prêtre catholique- d'embrasser le crucifix. Méprisant le danger, l'aumonier juif alla le chercher alors que la mitraille faisait rage. Il revint, la croix à la main, jusqu'au moribond. A cet instant, frappé d'une balle en pleine poitrine, il tomba pour ne plus se relever ".

Par Marcel PAVIOT
Transmis par Raphaël PASTOR

sinagogue