Cagayous

MUSETTE

Deuxième partie
Les amours de Cagayous
Chapitres 9-10-11-12

mise sur site le 9 juin 2010

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CHAPITRE IX
VICENTA ELLE VEUT
QUE JE FAIS GARÇON D'HONNEUR


Un qu'on y dit Longo-Touil y vient un jour à la maison et y me demande si je veux faire garçon d'honneur pour le mariage de Vicenta.
- Quand c'est qu'elle se marie !...
- Samedi prochain.
- Et qu'est-ce qu'il faut faire quand on se met garçon d'honneur ?
- Qu'est-ce que je sais moi ! Tu te portes un bouquet et tu marches à côté la mariée.
- Le bouquet qui c'est qui l'achète ?
- Çuilà qui veut.
- Je mets les gants ?...
- Et alorss ! Si ti as honte les mettre, tu te les tiens dans la main.
- Oùsque je me sors des gants ? Tu te crois je m'en vais f... à la mer une pièce de quinze ou vingt sous pour rien !
- C... ! dis-y à Tonico qui te prête ceuss-là qui s'a sorti pour la noce de sa soeur.
- Et si des fois y veut pas ?
- Pourquoi y veut pas. Qu'est-ce qu'il en f... lui des gants ! Tout neufs y sont, tu sais. Moi je m'en rappelle qui s'a essayé rentré les doigts dedans et que jamais il a pu, que même, de rage, y s'a f... le chapeau par terre.
- Ça va bien ! Avec moi bessif la main elle rentre. A présent tu vas dire qui c'est qui t'a dit que moi je ferai garçon d'honneur.
- C'est Vicenta, oilà ! Elle a dit comme ça : M. Cagayous qu'il a l'habitude et tout, y fera un garçon d'honneur première classe. Qui c'est qui va y demander si y veut. Alors moi j'a dis : moi ! Pas pluss.
- Bon. T'y diras à Mamoiselle Vicenta que je fais le plaisir marcher à côté d'elle. Où c'est le rendez-vous ?
- A une heure après-midi, samedi, dedans la rue Sidi-Ferruch, numéro 15.
- Et toi tu viens ? - Moi ?
- Oui.
- Aouah ? Moi je donne un coup de main vee Bacora pour le manger et aller chercher des chaises et des assiettes à Moustapha, chez
la belle-soeur à Vicenta.
- Bacora y vient ? Qui c'est qui se l'a invité ce m... là ?
- Vicenta. Tu fais fâché vec lui, toi ?
- Tu sais pas que çuilà quand y rentre dans un endroit y porte la peste ?
- Dis : ma parole !
- J'te jure.
- Challah ! qui se casse la jambe en tombant les scaliers. Ah ! Adios !


CHAPITRE X
LE MARIAGE DE VICENTA

Le jour qu'il a dit Longo-Touil, je m'amène dedans la rue Sidi-Ferruch et je marche à la maison de Vicenta.

Tout plein du monde y avait. Des femmes et des enfants y s'avaient assis en devant les portes, dedans les collidors, dessur les scaliers pour voir la mariée. Tous quand on m'a vu vec le bouquet entortillé de le papier blanc, y commencent à dire : Ah ! oilà le garçon d'honneur.

Pas pour blaguer : aucun de tous tant qui z'étaient y pouvaient s'aligner vec moi pour le costume. Tout noir, foulard blanc, bottines bleues, gants chocolat que Tonico y m'avait donné. Epatant !

Ces fants de... gants-là trois heures y s'a fallu pour qu'elle rentre la main. Ma mère et ma soeur y s'ont empoigné chacune un côté et vingà de tirer, tirer. A force, à force, touss les doigts y s'a enfoncés dedans les tuyaux. Seurement quand même j'a ôté le cuir de le bras qui donne la force, personne il a été capable grafer les trucs qui ferment à cause que mes mains elles sont venues enflées et lourdes comme le plomb.

Oilà, je rentre dedans la chambre et je me vois Vicenta habillée en blanc que des femmes elles y arrangeaient ça qu'on met dessur la tête pour la première communion.
Elle venait pluss jolie que les autes fois vec la robe blanche et tout, cette fant de sa mère là !

Quand elle m'a vu, tout de suite elle a venue rouge à cause que...

Enfin, ça fait rien ! Aïe, si nous arrions été seuls moi et elle !

L'autre côté de la chambre, y se tenait Pépé Pardal, son fiancé à elle, qui parlait à des hommes. Vicenta elle a voulu que j'y touche la main, et après nous avons fait camarades tous les deux.

Ce type-là il est pas vilain, vous savez ; seurement, je crois qui se tient pas beaucoup la force.
Après, une femme que c'est la mère à Vicenta, elle m'appelle pour que j'y parle à une fille que c'qui paraît c'était la demoiselle d'honneur fumelle.
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Amane ! Jamais vous avez vu une carabasse comme ça ! Pas de la viande ; des oss, basta. La figure qui se ressemblait un chat crevé, vec les dents grandes et la bouche qu'elle avait pas assez la peau pour qu'elle ferme.

Moi, quand je me vois cette fille-là, je me pense que Vicenta elle a fait esprès pour me monter le coup et qui me vient la rage qu'elle se marie.

Je vous jure, quand cette gonzesse que je dis elle m'a engantché le bras pour descendre les scaliers, y m'a venu le goût de mourir. Et elle, elle me lâchait pas, hein ! Elle se faisait des fantasies, des osquinferies pareille une demoiselle riche. Elle me donne que je tiens sa robe, son éventail... Maledetta ! si je me retiens pas qué castagne dessur le nez !...

En bas la rue Bablouette y se tenait une ch... de calèches, mais aucun y voulait rentrer dedans pourquoi la mère à Vicenta y s'avait pas encore descendu.

Alors un homme y monte pour dire qu'elle se dépêche. Mais l'homme comme y restait longtemps, Vicenta elle commence à crier après sa mère, et Pépé Pardal il a monté dans la chambre pour voir ça qu'il était arrivé.

En tendant qu'on descend, des hommes et des femmes de la noce qui se tenaient le bras, y s'assient dessur la pierre des portes de les magasins, mais sans se quitter le bras pourquoi c'est pas poli.

Enfin, oilà que la mère à Vicenta elle s'amène vec une petite fille qu'elle pleurait à cause qu'on voulait pas l'y mettre le chapeau des plumes.
- Allez, nous marchons à présent ? y parle Pépé Pardal qui s'avait f... un col de la chemise tant serré qui s'éclatait le cou.

Nous commençons grimper dedans les calèches. Moi je me mets vec la tête de mort que je vous ai parlé, dans la voiture de Vicenta oùsqu'y s'a mis la vieille, un homme que je sais pas d'où y sort, la petite fille qu'elle pleurait et un enfant à côté le cocher.

Dans les autres calèches y t'ont monté la compagnie en faisant un tas des histoires.

Hue cheval ! Roulez !

Moment après nous arrivons à la Mairie et nous nous assions dessur des bancs pour voir comment on fait le mariage. Ceuss-là qui sont témoins on les met par un côté, et pis Vicenta et Pardal y se prend un fauteuil chaque devant la table.

Un mecieu y rentre vec une ceinture en drapeau que c'est çuilà qui marie et un autre mecieu qu'il écrit dessur des livres.

Balabalabala... le mecieu y parle, y parle des choses qu'on se comprend pas, Vicenta elle dit oui, Pépé y dit oui. Tout le monde y dit oui.

Après on s'écrit son nom dessur les livres trois ou quatre fois et oilà, ça y est !

Marche à l'église.

A l'église, quand le curé et l'enfant de choeur Ÿ z'ont fini parler en latin et qu'on y a mis la bague à Vicenta, nous rentrons dedans la sacristie pour mettre le nom dessur des livres et donner la pièce au curé pour qu'il boit le café maure à la santé de nous autres. Et escapa.

Maitenant Vicenta elle s'appelle Madame Pardal !...

Tenez, çuilà qui m'attrapera à moi à faire le mariage, y mange pas encore le pain !...

Ce coup-là, en sortant, nous avons changés les places.

Qué bouillabaisse !

Si ça serait pas été à cause du manger, que toujours on rigole dans les noces, je m'aurais cavalé. Mais mamoiselle Thérésine - la fille d'honneur qu'elle a pas assez la peau pour fermer la bouche, elle m'a dit qu'elle s'appelle comme ça - elle me tenait le paletot pour que je prends pas une voiture qui a pas la place pour elle.

A la fin, à la fin, après des disputes, on s'a sorti un homme et un enfant d'une et nous avons monté.

Nous avons parti côté la Pointe-Pescade pour prendre l'anis, l'absinthe et des autes choses, et à six heures, comme ça, nous avons revenu à la rue Sidi-Ferruch.
Moi je voulais pas parler, mais mamoiselle Thérésine tout le temps elle me demandait que j'y splique ça que je faisais, comment on s'attrape les oublades, combien je suis capable goulper des chouf as d'un coup, et si des filles elles en pincent pour moi.

Je commençais répondre, mais chaque coup que j'y régardais la figure, le goût y s'en allait, et je me sortais une cigarette faite, à cause qu'avec les gants y avait pas moyen rouler le tabac.

CHAPITRE XI
BOULOTAGE DE LA NOCE ET PIS DES AUTRES CHOSES QU'ON SE VERRA

En haut de la chambre on s'avait enlevé les lits, la commode, la malle de le linge et tout, et on s'avait arrangé une table longue, la même chose une planche pour plonger, vec tout plein des chaises autour.

Premier, avant manger, nous avons commencé ôter le paletot, les gants - gué saloperie cette invention-là ! - et désaboutonner le gilet ; le chapeau, basta, nous avons laissé.
Les femmes elles ont sorti le corset et pis je sais pas quoi pour pas faire des tâches.
- Mecieu z'et dames à la soupe ! y se f... à crier Longo-Touil en rentrant vec un tablier blanc qui se ressemblait un cuisinier véritable.

Chacun y s'assit où y veut. Vicenta elle se met en devant Pépé Pardal - à la mode, quoi - et moi je m'attrape un bout de la table, pourquoi de tant serré qu'on était on se pouvait pas bouger les bras.

Je me pensais que mamoiselle Thérésine elle s'arrait enquillée par là-bas, à côté les femmes, pour blaguer, mais ce carcan-là elle s'a collée juste contre moi, et à cause d'elle ma main gauche elle remue plus. Même qu'en mangeant les olives et les anchois du commencement je m'ai renversé toute l'huile de l'assiette dessur le pantalon.

Et encore, comme si je serais été son domestique, tout le temps elle me faisait sercher le sel, la bouteille de l'eau, les feuilles de la salade...

Ho ! quantocassir ! D'un peu elle me sort le mouchoir neuf de la poche pour s'essuyer les mains. Si seurement elle s'avait ressemblé une miquette à Vicenta, pantience ; mais elle se sortait des dents qu'on s'arait dit les blocs du môle. Je vous jure, de la misère qu'elle me faisait passer et pas moyen rien dire, l'envie de pleurer y me vient.

A cause de tout, le boeuf y m'attrapait. Par en dessous je me régardais Vicenta, le goût y me venait de l'y mordre la bouche et de me l'emporter je sais pas dans quel endroit. Elle, par en côté de elle voyait bien que son broumitche y me rentrait dedans la viande, et pour me faire enrager elle régardait tout le temps Pépé Pardal.

Voir-moi combien de la malice les femmes elles se sortent !

Entre moi-même, je me pensais que tout-àl'heure ce fant de loup de cocher de mes... il allait se l'emmener dans sa maison et que moi je marche tout seul !

Fou de peste, j'étais !

Pendant tout ça, mamoiselle Thérésine elle me demandait que j'y mets dedans l'assiette un morceau de la poule, après du riz, après de la sauce, après à boire...

Christo ! qué topza dessur l'aubergine j'y arais f... si nous serions été moi et elle, tout seuls !

Reusement le dîner il était fini et on apportait le café, le cognac et les bonbons. Et vingà de chanter.

Vicenta elle a chanté une chanson jolie qu'elle dure longtemps et que les paroles elles donnent le goût aller promener dessur l'herbe.

Pépé Pardal qu'il a la voix qui se ressemble une chèvre qu'elle a perdu son petit, y s'a mêlé aussi de chanter des choses.

Ehou ! Moi si j'arais une voix comme ça, je m'ensauverais en dessous la terre !

Un que je le voyais pas, sans que personne y lui dit rien, y se lève et oilà qui commence gueuler une romance qu'on s'aurait dit qu'on y avait volé la montre. Vous savez quand les bourriquots y font le kif et qui lâchent le grand morceau de l'opéra d'eusses ? Eh ben, la mème chose. Tout le monde il était venu blanc de peur.
Amane !...

Maintenant c'est le tour à mamoiselle Thé- résine. Gare les tâches ! Celle-là là elle s'a choisi une chanson triste qu'elle a f... la flème à tous.

Moi j'a pas voulu chanter rien à cause que j'avais le noir en plein.

Alors tout le monde y s'a mis ensemble à chanter les Montagnards :
             Montagnes Pyrénées
             Vous êtes mes amours...
Si j'aurais su je m'arais emporté mon billenbô pour compagner les autres.

Le choeur que je dis il était pas encore fini, que oilà qu'on entend une musique dedans la cour qui se met à toucher une sérénade vec les guitares, les mandolines et l'accordéïon. On s'a levé tous et vingà de taper les mains.

Après, Pépé Pardal il a descendu chercher les musiciens pour qui montent boire un verre.

Moment après, nous sommes été tous dedans la cour, en bas, oùsqu'on s'avait arrangé des lanternes vénitiennes pour faire le bal.

CHAPITRE XII
OÙSQUE LES CHOSES ELLES S'EMBROUILLENT ET APRÈS ELLES SE DÉSEMBROUILLENT TOUTES SEULES

Le monde des autes maisons il avait venu pour voir et on pouvait pas bouger.

Tout d'un coup quelqu'un y me tire le paletot et je me vois Embrouilloun et Loulou.
- La fête ! qui dit Embrouilloun, ti as pas un cigare ou deux pour les camarades !
- Y me reste que çuilà-là, basta. Monte en haut, c... y en a plein des assiettes.

Alors lui y monte vec Loulou, et tous les deux y se sont barboté des bonbons, du cognac et des paquets de cigarettes.

Ce sacatrape d'Embrouilloun y se tenait la chemise pleine de tout, et encore y voulait monter un aute coup pour licher un verre du sirop de mandarines qui s'avait oublié. Qué filou !

Pendant ce temps, la danse elle avait commencé. Vicenta elle s'avait fait une mazurka vec Pépé Pardal, et mamoiselle Thérésine qui me serchait partout, elle m'empoigne et elle me dit qui faut que je fasse la danse vec elle, autrement qu'elle fait fâché pour toujours.

Qué misère ! Si je m'arais choppé çuilà qu'il a venu l'idée de me sortir cette fille-là demoiselle d'honneur, par la mort de sa mère, j'y arrache tout la broussaille qu'il y pousse des- sur la peau !

Pantience ! nous commençons danser moi et elle, et pour pas que cette crape-là elle fait le goût, sans faire semblant, j'y tape des coups de genou dedans les jambes, et à la fin, comme elle disait rien, j'y f... la main par en bas...

Récoyons ! moi que je me pensais qu'elle s'en allait me coller une forchette à cinq pattes dessur la figure, oilà qu'elle se fait des oeils de sépia et qu'elle commence à me jeter du broumitche... Si c'est pas malheureux qu'elle soye été si wagon !

Mais le demi-kif qui me venait, y s'a cavalé tout d'un coup, quand j'a vu Bacora qui s'emmenait Vicenta pour faire la valse apolitaine.

Tout d'un coup je me jette Mamoiselle Thérésine et je rentre dedans le monde qui régardait pour voir.

Bacora y faisait le malin ; je sais pas quoi y blaguait, mais Vicenta elle rigolait et moi je m'enfonçais les dents dans le foulard, du manche qui m'avait venu.

- Lui y danse vec elle et moi je danse pas ; alorss oui !

A peine Bacora il a fini, moi tout de suite je rentre et j'y demande à Vicenta si elle veut que je fais un coup de polka vec elle.

Vicenta elle dit oui, et nous nous attrapons fort, et vingà de sauter.
- Comme ça vous en pincez pour Bacora ?
- Moi ?
- Pourquoi vous y parlez la même chose que si vous seriez camarades de l'ancien temps !
- C'est lui qui commence. Vous voulez que j'y réponds pas. Qu'est-ce qui dirait le monde ?
- Ça va bien... Vous avez raison. Et moi vous me disez plus rien à présent que vous vous avez mariée.
- Pourquoi non ? La même chose qu'à les autres.
- Alors vous me connaissez plus. Et si moi je veux ?
- De quoi ?
- Parler vec vous un aute jour... à votre maison.
- Ça c'est défendu. Dans le temps, ça que j'ai fait ça compte pas ; mais maintenant c'est mon mari, basta, qui commande.
- Pas besoin qu'on y demande la permission.
- Macache. Aucun y me touche. Rigoler, oui, mais pas des autes choses.
- Et si moi je vous aimerais... et que je vous fais cadeau des boucs-d'oreilles et de la bague en or.
- Faisez tout ça qui vous passe par la tête, mais moi je viens tranquille à présent que je reste vec Pépé Pardal.
- Un ! vous voulez ?
- Non !
- Deux ! vous voulez pas ?
- Non !
- Trois !...
- Pisque je vous dis que non 1
- Eh ben, allez-vous en à la pillancoul et lui avec ! Moi j'ai pas besoin de vous : des filles tant je veux j'en ai, aussi taïba que vous.
- Tant mieux !

En voyant combien des embarras cette gonzesse-là elle faisait, de la rage qui me venait j'a f... le camp dehiors pour m'en aller à la maison.
A la porte je me trouve Bacora.
- Ho ! Cagayous ?
- Et pis après ! Tu veux je te porte à l'hôpital ?
- Allez, assez ! Ti es encore fâché ?
- Une supposition que tu parles à un qu'il est mort...
- Allez, basta ! Moi je vais t'espliquer comment tout ça c'est arrivé.
- Pas la peine : je connais la même chose de toi.
- Laisse-moi que je parle. Primo, le coup de couteau, c'est sans faire esprès. Que le bon Dieu y m'enlève la langue si c'est pas la vérité, tiens !
- Et le coup de la montagne ? Dis que ti avais la tasse et que tu te croyais que j'étais une boîte des ordures.
- Ça c'est la jalousie qu'elle est cause ! Si j'arais su ça que c'était cette fille de... jamais je m'aurais fait tant des histoires pour sa binette.
- Alors ti en pinces ?
- Comme toi.
- Moi j'y p... au... !
- Elle a pas voulu que ti ailles à sa maison, dis la vérité ?
- Ça c'est mes affaires à moi !
- Pourquoi tu dis pas ça qu'elle a dit. A moi, elle m'a parlé que maintenant des dattes elle donne. Quand j'a vu ça, j'y ai dit qu'elle s'en aille se faire... par les Grecs.
- Et toi qu'est-ce tu vas faire ?
- Rien je fais. Hé ! y en a tant qu'on veut dans la rue des chouarris comme ça.
- T'y parles plus ?
- Mieur qu'on m'enlève les...
- Eh ben moi, si jamais elle me demande une olive, de la poison et de la poudre j'y mets dedans le noyau.
- Mella ! Touche la main ici ! 131

Moi et Bacora nous nous avons touché la main et nous avons embrassé le doigt. Après nous sommes été faire un verre de l'anis chez Valéro.

C'est couyon ça, hein Longtemps, chaque nuit, je me pensais toujours à Vicenta.

L'aute jour je me l'ai vue qu'elle marchait dans la rue Philippe vec la barrique pleine.

Je sais pas si çuilà qui va sortir y se ressemblera à moi, à Bacora, à Pépé Pardal ou à un autre.

Tout ça qui faut c'est qui s'appelle pas Cagayous, pourquoi, moi, quand je fais quéque chose, je veux pas qu'aucun y me donne un coup de main !

TABLE DES MATIERES

PRÉFACE PAGE 9

PREMIERE PARTIE : Pochades Algériennes
Mon livre 23
Peau Neuve 27
Candidat 31
En Espagne 35
La réforme de l'orthographe 41
Au café-concert 45
Un faux Cagayous . 51
Chez le photographe 57
Cagayous contre Cagayoux 65
Le rhume 69
Grand Kouskous 73

DEUXIkME PARTIE : Les Amours de Cagayous
I. Ousque Cagayous y se fait connaissance avec Mamoiselle Vicenta 81
1I. Dans cuita-là on se voit Bacora qui fait le malin et Cagayous qu'il y vient le bœuf 85
III. On se verra ici comment y faut parler à une fille 89
IV. Cuila-ilà on peut se l'intituler un sale coup pour Cagayous 95
V. Aller et retour à chez Mme Pinattd 99
VI. Ousque Cagayous y se rencontre une typesse qui se connaît . 103
VII. Ousque un sale mec y fait le souprieux par force 107
VIII. Pour faire voir que Cagayous y se connaît travailler médecin 109
IX. Vicenta elle veut que je fais garçon d'honneur 113
X. Le mariage de Vicenta 117
Xl. Boulotage de la noce et pis des autres choses qu'on se verra 123
XII. Ousque les choses elles s'embrouillent et après elles se désembrouillent toutes seules 127

Cet ouvrage a été imprimé
sur les presses de
" EMCO ", imprimeurs
pour les
" EDITIONS BACONNIER "
311, Avenue de la Capelette
13 - Marseille (10e)
Dépôt légal : 2me trimestre 1969