POUR TRAITER LES 25.000 NOUVEAUX CANCERS
ENREGISTRÉS CHAQUE ANNÉE EN ALGÉRIE
Il faut hâter la construction du nouveau centre cancérologique
et améliorer et compléter les installations actuelles
« Trop de malades meurent faute
de moyens suffisants pour atteindre le cancer
dans des conditions optima » nous dit le Pr MONTPELLIER
Depuis quelques années, les pouvoirs publics et les institutions
privées partagent les soucis des médecins et des savants
qui luttent sans relâche contre le cancer, considéré
à juste titre comme le fléau numéro un. Le cancer
est de tous les âges. Voilà la triste vérité.
La campagne anticancéreuse qui a été entreprise
en France et en Algérie a permis, par des moyens nouveaux,
de limiter les dégâts de cette maladie en attendant la
découverte du remède.
Ces moyens sont de deux sortes : le dépistage précoce
et la modernisation de la chirurgie et de la radiothérapie.
Pour le premier, on peut dire quil dépend pour une bonne
part de la volonté même de lindividu, encore qu'il
appartienne aux collectivités ou entreprises de favoriser les
installations nécessaires à ce dépistage.
Pour ce qui concerne la chirurgie et la radiothérapie, en matière
de cancer, en ne peut nier les progrès réalisés
au cours de ces dernières années.
Il existe actuellement des appareils de radiothérapie profonde
qui permettent dirradier des tumeurs jusquici inaccessibles
et de guérir aujourdhui des malades quon naurait
pu sauver de la mort il y a quelque temps. 25.000 nouveaux cancéreux
par an
En métropole, leffort indispensable à léquipement
moderne des centres anticancéreux se poursuit à une
cadence accélérée, alors que le centre algérien
de lutte contre le cancer, à Mustapha, continue à fonctionner
avec des moyens sommaires et précaires. Et pourtant, ne devrait-il
pas être le mieux aménagé de France si lon
considère que la population algérienne est de près
de dix millions dhabitants soit le quart de la population de
la métropole, et que lAlgérie compte une proportion
encore plus grande dindigents ou d« économiquement
faibles » ?
De plus, Alger est une importante université qui se développe
en même temps que saccroît la population algérienne.
Le centre anticancéreux de Mustapha est appelé à
rayonner au delà même des limites de lAlgérie
et par conséquent à enrichir ses moyens denseignement
et de diffusion des connaissances cancérologiques.
« Trop de malades meurent parce que nous navons pas un
service de radiologie et de radiothérapie suffisant pour atteindre
le cancer dans les conditions optima », nous a dit M. le professeur
Montpellier, qui voudrait voir un commencement de réalisation
à ses projets.
On enregistre en Algérie 15 à 18.000 morts du cancer
par an et on compte environ 25.000 cancers nouveaux chaque année.
Des solutions urgentes simposent donc. Améliorer et compléter
les installations actuelles
Pour le professeur Montpellier il y en a deux : la première
consiste à améliorer les installations actuelles.
Le Centre devrait disposer immédiatement dun appareil
de « cyclothérapie » qui sert à irradier
le malade à laide dun faisceau très diaphragmé,
se déplaçant lentement pendant la séance. De
sorte que la dose projetée sur le malade reste faible et sétend
en surface, alors que les doses intra-tumorales profondes saccumulent
à un niveau très élevé. Un appareil de
radiothérapie de semi-
contact pour les irradiations endo-cavitaires, des accessoires indispensables
et des pièces de rechange en cas de panne doivent compléter
cette première liste.
Parallèlement, il convient de construire le pavillon de 50
lits à Béni-Messous, un exutoire qui sera encore utile
lorsque le grand centre sera édifié.
La construction du nouveau centre
Celui-ci constitue donc la deuxième solution urgente. Dautant
plus urgente que les travaux porteront sur trois ans.
Mais cette énumération ne doit pas faire oublier les
besoins en personnel technique.
« Ainsi, a déclaré avec fermeté le professeur
Duboucher, chef du service de clinique, trois conditions sont à
la base du fonctionnement des centres cancéreux : capacité
hospitallère et armement technique sans limites ; chirurgiens
instruits et légitimement audacieux, collaborateurs ayant lesprit
déquipe travaillant avec âme et une attention vigilante
à la connaissance de la grande maladie cancéreuse. SI
ces conditions ne sont pas remplies, lorganisation nest
quun leurre ».
Quelle est limportance des dépenses envisagées
?
Pour le nouvel appareillage : 18 millions.
Pour la construction du nouveau centre de lancien parc à
fourrage : 600 millions. Pour passer d'urgence aux réalisations
La Sécurité sociale (F.A.S.) a pro mis une aide de 200
millions, dont 50 pour bâtir le pavillon ds Béni-Messous...
à condition toutefois que le gouvernement général
de lAlgérie consente une subvention dune valeur
au moins égale.
Nous savons que la direction de laSanté publique et lAssemblée
algérienne sont disposées à participer efficacement
à cette réalisation.
Il semble que le but nest pas loin dêtre atteint.
Si la générosité publique - si souvent sollicitée
- permettait de pouvoir résoudre la question de lappareillage,
le nouveau centre de cancérologie pourrait être bientôt
construit avec les apports du gouvernement général et
du Fonds daction sociale, à parts égales (300
millions chacun).
Lexemple de la lutte antituberculeuse dont on connaît
aujourdhui les brillants succès, doit être un encouragement
à leffort de même nature en matière de cancer.
Mais il ny a plus de temps à perdre !