BENI-MESSOUS
POUR TRAITER LES 25.000 NOUVEAUX CANCERS
ENREGISTRÉS CHAQUE ANNÉE EN ALGÉRIE
Il faut hâter la construction du nouveau centre cancérologique
et améliorer et compléter les installations actuelles

Echo d'Alger du 17-12-1953 - Transmis par Francis Rambert

POUR TRAITER LES 25.000 NOUVEAUX CANCERS
ENREGISTRÉS CHAQUE ANNÉE EN ALGÉRIE
Il faut hâter la construction du nouveau centre cancérologique
et améliorer et compléter les installations actuelles

« Trop de malades meurent faute de moyens suffisants pour atteindre le cancer
dans des conditions optima » nous dit le Pr MONTPELLIER

Depuis quelques années, les pouvoirs publics et les institutions privées partagent les soucis des médecins et des savants qui luttent sans relâche contre le cancer, considéré à juste titre comme le fléau numéro un. Le cancer est de tous les âges. Voilà la triste vérité.
La campagne anticancéreuse qui a été entreprise en France et en Algérie a permis, par des moyens nouveaux, de limiter les dégâts de cette maladie en attendant la découverte du remède.

Ces moyens sont de deux sortes : le dépistage précoce et la modernisation de la chirurgie et de la radiothérapie.
Pour le premier, on peut dire qu’il dépend pour une bonne part de la volonté même de l’individu, encore qu'il appartienne aux collectivités ou entreprises de favoriser les installations nécessaires à ce dépistage.

Pour ce qui concerne la chirurgie et la radiothérapie, en matière de cancer, en ne peut nier les progrès réalisés au cours de ces dernières années.

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POUR TRAITER LES 25.000 NOUVEAUX CANCERS
ENREGISTRÉS CHAQUE ANNÉE EN ALGÉRIE
Il faut hâter la construction du nouveau centre cancérologique
et améliorer et compléter les installations actuelles

« Trop de malades meurent faute de moyens suffisants pour atteindre le cancer
dans des conditions optima » nous dit le Pr MONTPELLIER

Depuis quelques années, les pouvoirs publics et les institutions privées partagent les soucis des médecins et des savants qui luttent sans relâche contre le cancer, considéré à juste titre comme le fléau numéro un. Le cancer est de tous les âges. Voilà la triste vérité.
La campagne anticancéreuse qui a été entreprise en France et en Algérie a permis, par des moyens nouveaux, de limiter les dégâts de cette maladie en attendant la découverte du remède.

Ces moyens sont de deux sortes : le dépistage précoce et la modernisation de la chirurgie et de la radiothérapie.
Pour le premier, on peut dire qu’il dépend pour une bonne part de la volonté même de l’individu, encore qu'il appartienne aux collectivités ou entreprises de favoriser les installations nécessaires à ce dépistage.

Pour ce qui concerne la chirurgie et la radiothérapie, en matière de cancer, en ne peut nier les progrès réalisés au cours de ces dernières années.

Il existe actuellement des appareils de radiothérapie profonde qui permettent d’irradier des tumeurs jusqu’ici inaccessibles et de guérir aujourd’hui des malades qu’on n’aurait pu sauver de la mort il y a quelque temps. 25.000 nouveaux cancéreux par an
En métropole, l’effort indispensable à l’équipement moderne des centres anticancéreux se poursuit à une cadence accélérée, alors que le centre algérien de lutte contre le cancer, à Mustapha, continue à fonctionner avec des moyens sommaires et précaires. Et pourtant, ne devrait-il pas être le mieux aménagé de France si l’on considère que la population algérienne est de près de dix millions d’habitants soit le quart de la population de la métropole, et que l’Algérie compte une proportion encore plus grande d’indigents ou d’« économiquement faibles » ?

De plus, Alger est une importante université qui se développe en même temps que s’accroît la population algérienne. Le centre anticancéreux de Mustapha est appelé à rayonner au delà même des limites de l’Algérie et par conséquent à enrichir ses moyens d’enseignement et de diffusion des connaissances cancérologiques.

« Trop de malades meurent parce que nous n’avons pas un service de radiologie et de radiothérapie suffisant pour atteindre le cancer dans les conditions optima », nous a dit M. le professeur Montpellier, qui voudrait voir un commencement de réalisation à ses projets.
On enregistre en Algérie 15 à 18.000 morts du cancer par an et on compte environ 25.000 cancers nouveaux chaque année. Des solutions urgentes s’imposent donc. Améliorer et compléter les installations actuelles

Pour le professeur Montpellier il y en a deux : la première consiste à améliorer les installations actuelles.

Le Centre devrait disposer immédiatement d’un appareil de « cyclothérapie » qui sert à irradier le malade à l’aide d’un faisceau très diaphragmé, se déplaçant lentement pendant la séance. De sorte que la dose projetée sur le malade reste faible et s’étend en surface, alors que les doses intra-tumorales profondes s’accumulent à un niveau très élevé. Un appareil de radiothérapie de semi-
contact pour les irradiations endo-cavitaires, des accessoires indispensables et des pièces de rechange en cas de panne doivent compléter cette première liste.

Parallèlement, il convient de construire le pavillon de 50 lits à Béni-Messous, un exutoire qui sera encore utile lorsque le grand centre sera édifié.

La construction du nouveau centre

Celui-ci constitue donc la deuxième solution urgente. D’autant plus urgente que les travaux porteront sur trois ans.
Mais cette énumération ne doit pas faire oublier les besoins en personnel technique.

« Ainsi, a déclaré avec fermeté le professeur Duboucher, chef du service de clinique, trois conditions sont à la base du fonctionnement des centres cancéreux : capacité hospitallère et armement technique sans limites ; chirurgiens instruits et légitimement audacieux, collaborateurs ayant l’esprit d’équipe travaillant avec âme et une attention vigilante à la connaissance de la grande maladie cancéreuse. SI ces conditions ne sont pas remplies, l’organisation n’est qu’un leurre ».

Quelle est l’importance des dépenses envisagées ?

Pour le nouvel appareillage : 18 millions.

Pour la construction du nouveau centre de l’ancien parc à fourrage : 600 millions. Pour passer d'urgence aux réalisations
La Sécurité sociale (F.A.S.) a pro mis une aide de 200 millions, dont 50 pour bâtir le pavillon ds Béni-Messous... à condition toutefois que le gouvernement général de l’Algérie consente une subvention d’une valeur au moins égale.

Nous savons que la direction de laSanté publique et l’Assemblée algérienne sont disposées à participer efficacement à cette réalisation.

Il semble que le but n’est pas loin d’être atteint. Si la générosité publique - si souvent sollicitée - permettait de pouvoir résoudre la question de l’appareillage, le nouveau centre de cancérologie pourrait être bientôt construit avec les apports du gouvernement général et du Fonds d’action sociale, à parts égales (300 millions chacun).

L’exemple de la lutte antituberculeuse dont on connaît aujourd’hui les brillants succès, doit être un encouragement à l’effort de même nature en matière de cancer.

Mais il n’y a plus de temps à perdre !