L'inauguration des nouvelles arènes de Bab-el-Oued
Bulletin d'AFN-Collections, n°32, juillet 2002
.sur site le 25/09/2002...+ septembre 2013

12 Ko
retour
 
inauguration des nouvelles arènes Bab el Oued, corrida
Plaza de toros - septembre 2013

-

-Le 20 novembre 1909 dernier eu lieu, devant une foule énorme, l'inauguration des nouvelles arènes de l'esplanade Bab-el-Oued , à Alger.
------Toréador, prends garde à toi !
------Ce n'est pas seulement un oeil noir qui te regarde, nos Carmen algéroises, toutes aussi farouches que leurs sueurs de Madrid et de Séville, ont leurs prunelles ardentes fixées sur toi
Prends garde, Torerito ! Prends garde aussi Chispa !
------Assurez bien vos épées, vaillants matadors, et bientôt les applaudissements d'une foule en délire salueront vos exploits.
------Les deux novillada intégrales, qui ont servi d'inauguration aux Arènes de Bab-el-Oued, avaient réuni tout ce qu'Alger compte d'aficionados.
------Et si Torerito ne fut pas toujours très heureux, par contre, Sebastian Sylvan Chispa se révéla remarquable espada et conquit, par deux fois, les honneurs de l'oreille.
------Une cuadrilla, complétée par deux réputés picadors, Carlos Magno et Mariano de Sesma, combattit avec art de superbes toros andalous ; ce fut tout un régal de suertes savantes.
------Avec un soin jaloux, la Direction des nouvelles Arènes avait tenu à donner des courses aussi brillantes que celles courues en Espagne ou dans le Midi de la France ; ses efforts ont été couronnés de succès, nul doute qu'elle cherchera à faire encore beaucoup mieux.
------Mis pour tous ces fils d'Espagne .... ces enfants de Catalogne, des Baléares ou d'Andalousie, qui n'avaient pas eu le temps d'oublier les passions du pays natal, la grande, l'irremplaçable attraction, c'était la course de taureaux. " Les Arènes " occupaient l'emplacement du marché moderne. C'était, disent les anciens, "un grand trou qui allait depuis la POMPE jusque CHEZ GRAS " ; le public s'asseyait sur les pentes. Les " Toros " étaient lâchés au fond du trou. Et sous une lumière plus transparente encore que celle d'Espagne sous un ciel plus léger au fond duquel chantaient les grâces un peu mièvres de la Méditerranée, se déroulaient les phases du terrible jeu du sang, du soleil et de la mort...

---La majestueuse cérémonie d'un rite aux arcanes compliqués que les barbares jugent cruel niais qui est un reflet somptueux et farouche de l'âme d'un peuple qui a su élever à la fois le goût et le mépris de la mort au rang d'un art.
------Pour les jeunes garçons, les matches de football ont remplacé les courses de taureaux. Mais il suffirait de bien peu de choses pour rallumer le feu qui couve avec des souvenirs confus de sang lentement pompé par le sable d'une arène, d'esquives fulgurantes, d'attitudes majestueuses, et de cris à travers lesquels passe l'éternelle angoisse de la vie et de la mort qui prête à la corrida l'essentiel de sa noblesse.

Jean-Marc LABOULBENE
Bibliographie : L'Afrique du Nord Illustrée du 04/12/1909 .
Alger -Bab-El-Oued -Jean Brune 1956