L'Armée
d'Afrique
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-----Novembre
1942, la France par son empire, relevait la tête, et les chantiers
de jeunesse implantés en Afrique du Nord, apprenaient que le geste
qui préludait à la libération, venait de s'accomplir,
et leur permettrait de participer à la bataille. -----Cette nouvelle devait faire entonner par tous ces jeunes, le crédo de l'espoir en leur insufflant la volonté de secouer la chaine. Car depuis l'occupation nazie, les chantiers de jeunesse étaient mal aimés, puisque fondés par le gouvernement de Vichy. -----Les cartes étaient donc jetées, mais avec quels atouts ! Toute une vaste masse de moyens, apportés en Algérie, par les Etats-Unis, avec le débarquement de ses troupes au Maroc début Novembre 1942, puis en Algérie (Alger) ensuite. -----L'armée française reprenait ainsi sa place historique avec une large part à la libération de la Tunisie, à laquelle les chantiers de jeunesse, participaient modestement, mais héroïquement à la lutte. -----Le 14 Novembre, tous les chantiers de jeunesse d'Afrique du Nord étaient militarisés et rappelés en quantité considérable avec ses anciens militaires de carrière et appelés. -----A la suite de classes intenses, un premier bilan permettait de verser à l'armée, une masse de jeunes gaillards disciplinés, sains de corps, riches en vertus morales, qui devait faire la joie des chefs de corps. -----Ils étaient plus de 2000, nés en Algérie, au Maroc, en Tunisie ou en Afrique, de toutes confessions religieuses ou politiques, qui venaient ainsi, de se transformer en soldats, et dont plusieurs avaient déjà combattu magnifiquement en Tunisie. -----Que pensaient pendant ce temps ceux qui étaient chargés d'éduquer ces jeunes Français, tous ces officiers et sous officiers ayant déjà combattu en France ou ailleurs. Tous n'avaient qu'une pensée, la libération de la patrie, la victoire, la liberté. -----Tous ceux-là rongeaient leur frein, mais remplissaient, sans se plaindre, le rôle d'éducateurs que le commandement leur avait confié. -----L'un d'entre eux, le Commissaire en chef Van Hecke qui avait participé à l'élaboration du débarquement des Américains à Alger, songeait comme eux, mais en plus, agissait pour eux. -----Le commandement comprit tout de suite quelles ressources il pouvait tirer de gens qui avaient bien saisi l'intêret de la France en se consacrant à sa jeunesse 24h/24, ne quittant jamais leurs hommes, vivant avec eux en leur donnant l'exemple de la résistance physique. C'est cela en somme qui constituait la recette de la réussite des chantiers de jeunesse, que personne ne contestait. "PAR NOUS LA FRANCE RENAITRA" -----C'était là leur devise, sur laquelle flamboyait le coq gaulois. Et un jour comme une trainée de poudre, la magnifique nouvelle circula. Un régiment de tradition allait être formé, sous le commandement du Commissaire en chef des chantiers de jeunesse d'Afrique du Nord, Lieutenant-Colonel Van Hecke. -----Le P-V de sa création fut signé le 19 Avril 1943. Sa base principale se situait à Ben Chicao, au sud de Médéa dans le département d'Alger. C'était un Régiment de Cavalerie, il se nommait 7è Régiment de Chasseurs d'Afrique. -----La ruée vers ce flambeau fut formidable. Tous voulaient avoir l'honneur d'appartenir au régiment de tradition et, comme il y avait beaucoup moins de places que de demandes, on sélectionna. -----Sélection difficile pour le chef qui aimait ses collaborateurs et ses hommes, et qui aurait voulu les prendre tous avec lui. Le chef du nouveau corps, ou plutôt de celui qui renaissait (car le 7è Chasseur d'Afrique a son histoire lui aussi) choisit les meilleurs. -----II s'agissait de ne former le Régiment qu'avec des éléments des chantiers de jeunesse, chefs évadés de France ayant rejoint l'Afrique du Nord ou Pieds-Noirs d'origine reprenant leur grade qu'ils avaient dans l'armée et jeunes d'Afrique du Nord de la classe 43 récemment incorporés. Et que ferait ce régiment ? A des hommes nouveaux ne fallait-il pas une formule nouvelle ? -----A ce moment, les tanks destroyers Américains de récente création, se couvraient de gloire en Tunisie, avec leur mission de chasse, d'action, de violence et de ruse. Voilà bien une tache à la taille de cette jeunesse, et le Lieutenant-Colonel Van Hecke demanda et obtint ce que ses officiers et ses hommes voulaient avec et derrière lui. Tanks destroyers, ce qui voulait dire moyens puissants, chevauchées de fer et d'acier, destruction au maximun de tous engins qui nous avaient détruits en 1940. Ce qui voulait dire aussi, revanche écrasante, poussée irresistible, bousculade de l'envahisseur. Ce rêve épique devenait la réalité à portée de la main de tous ces jeunes hommes fiers de porter le n°7, et dont l'ambition était d'être accueillis favorablement par la grande soeur "l'armée" pour contribuer à sa gloire. -----Quant à l'armement du 7è chasseur il faut le juger par ces quelques chiffres : 36 canons de 76,2 sur tanks destroyers, 130 mitrailleuses lourdes et légères, quelques 600 fusils mousquetons et 200 pistolets mitrailleurs. Pour la liaison, une centaine de postes radio. -----Tout ce matériel ultra moderne avec les derniers perfectionnements de la technique, véhicules lourds, motos, camions, jeeps etc... -----Pour l'équipement il était complètement Américain, avec tout son confort, sa qualité. -----Quelle joie pour ces jeunes, chaque fois que du matériel montait, c'était une ruée vers les camions, les engins, les armes qui arrivaient, et il en arrivait chaquejour. -----Avec ce matériel et cet armement c'était les manoeuvres de jour et de nuit "tous terrains" et tirs fréquents. -----Enfin vint à ce régiment l'honneur de défiler à Boufarik le 23 juin 1943, devant sa majesté le roi Georges VI entouré des généraux Giraud, De Gaulle et bien d'autres grands chefs Français et Américains. -----Le Commandement français et américain envoyait souvent d'éminents représentants, pour inspecter le régiment et assister à ses évolutions, dans le département d'Oran à Mostaganem et Aréa 4. ----Tous ces chefs qualifiés
revenaient de leur inspection très impressionnés de la façon
dont le matériel s'employait, se soignait, s'utilisait et surtout
de l'esprit qui animait les cavaliers et officiers du régiment.
Ils sentaient que là battait une âme, s'affirmait une volonté
farouche, un désir ardent de se lancer avec ce matériel
magnifique et bien en main, vers le combat, d'où devait sortir
le sort du monde. LEPAGE Edmond ('1) en présence des généraux De
Lattre de Tassigny, Devers, De Montsabert, Guillaume, François
Mauriac et bien d'autres. |