sur site le 13/03 /2002
-l'Afrique du Nord
Son histoire, naissance du Maghreb ( texte 1 )
Gaston Bautista
pnha n°50 octobre 1994

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--------Le 2 juillet 2002 marquera la quarantième année du largage de l'Algérie Française.
--------Les informations filtrées qui nous parviennent quotidiennement, de l'Algérie soit disant indépendante. nous apprennent l'intense désarroi de sa population qui souffre, non seulement physiquement et moralement mais aussi psychologiquement depuis que l'Algérie n'est plus la France.
--------Pourquoi et comment expliquer cette situation. L'Algérie, à elle seule, représentait 80% du territoire national. Grâce à la présence et aux apports de la France, les femmes et les hommes de toutes confessions et de nombreuses origines, qui composaient sa population. vivaient heureux et en bonne harmonie. II nous faut pour comprendre, remonter à l'origine de son histoire et en avoir une saine et réelle connaissance.
--------Successivement, je vous parlerai, en quelques raccourcis, de l'Afrique du Nord, depuis ses origines, à la conquête arabe se situant en 647 après Jésus-Christ puis, de cette époque au débarquement français à Sidi-Ferruch, en 1830 et enfin de l'Algérie française, jusqu'au 1er juillet 1962. Je terminerai par une réflexion prospective qui fut celle de ceux qui se sont opposés avec force et conviction à l'abandon de l'Algérie et qui a manqué à nos politiques et intellectuels. Ceux-ci ont été complices des terroristes du F.L.N. à qui ils ont livré toute une population qui se réclamait de la France et forcé nombre de ses enfants à abandonner leur sol natal et leurs biens pour sauvegarder leur vie et celle de leur famille. Ils ont du accepter d'être des personnes déplacées de leur département français de naissance, dans un des autres départements restants du territoire national qui ne représentaient plus que le cinquième de celui-ci. Cela après les massacres, enlèvements, enfermements et génocides perpétrés par les tueurs du F.L.N. Ce sont autant de crimes contre l'humanité dont se sont rendus coupables ceux de nos gouvernants et responsables militaires qui, non seulement ne s'y sont pas opposés, mais en sont à l'origine, par obéissance à l'homme, fut-il le plus grand à un moment de notre histoire, le général de Gaulle pour le nommer, qui avait décidé, après avoir été l'instigateur de l'effondrement de notre Empire, que l'Algérie devait être indépendante, quelles qu'en seraient les conséquences pour la France et ses enfants.
Le reliefet les ethnies du Maghreb
--------L'Afrique du Nord qui ne comprend, aujourd'hui, que le Maroc, l'Algérie et la Tunisie, bien que la Libye lui soit originellement reliée, avait-elle une même ethnie ? Probablement que oui car le système montagneux de l'Atlas dessine une unité géographique. C'est un vaste quadrilatère formé d'un bloc de hautes terres, enserré par l'océan Atlantique, la mer Méditerranée et les sables du Sahara. En fait cette situation conférait à ses populations un isolement quasi insulaire.
--------Mais ses groupements humains dont l'unité repose sur la langue et la culture étaient formés de peuplades sans dénomination et étrangères à la civilisation romaine. C'est pourquoi les Romains les qualifièrent de "Barbares" (Barabi). Par la suite. les Arabes leur donna le nom de Brâber, Beraber, Berber au singulier, Berberi. Plus tard, le nom de Maures leur fut donné par les Romains, bien qu'il était destiné à désigner, tout à fait à l'origine, les populations du Maroc septentrional.
--------En fait, le Maroc, l'Algérie et la Tunisie comptent, aujourd'hui, une majorité de Berbères et non exclusivement des Arabes, comme cela s'entend lorsque l'on désigne l'ensemble des habitants du Maghreb.
Pourquoi "Maghreb" ? C'était le nom donné, par les Arabes, à tous les pays de l'Afrique du Nord, situés à l'Ouest de l'Egypte : "Djezira el Maghreb" se traduit par "Ile de l'Occident".
--------Mais l'autochtone était "Amazigh", au masculin, "Tumuzight". au féminin et, au pluriel c'étaient des "Inazighem". Ces termes signifiaient "Hommes libres", puis. par extension "Nobles". C'était l'appellation que se donnaient certaines tribus, bien avant l'occupation romaine. La géographie physique du Maghreb explique, singulièrement, la résistance de ces groupements humains à l'érosion de l'histoire. La Berbérie ne comporte des basses terres qu'au Maroc et en Tunisie ; ailleurs ce ne sont que des paliers successifs de hautes plaines et de plateaux encadrés par des chaînes qui s'intègrent à l'ensemble montagneux de l'Atlas. Ce nom "Atlas", probablement d'origine indigène, désignait les hauts monts du Maroc et, par extension, fut donné aux chaînes qui s'étendent d'Est en Ouest. Son point culminant se situe au Maroc, le djebel Toubkal (4 165 mètres). En Algérie, dans les Aurès, le djebel Chambi culmine à I 590 mètres. La ville de Blida est dominée, d'une hauteur de 1400 mètres, par l'Atlas mitidjien.
--------A l'exception de la façade atlantique, côte Ouest du Maroc et celle méditerranéenne, le long de la côte Est de la Tunisie, l'Afrique septentrionale est d'un aspect peu accueillant, pour ne pas dire hostile mais combien prenant. Le relief, en contraste avec les plaines, est à l'origine du compartimentage du territoire. De ce fait, le relief a exercé une influence non négligeable sur les destinées du pays au cours de son histoire.
--------Si les communications d'Est en Ouest étaient faciles, il n'en était pas de même entre toute la côte méditerranéenne, au Nord, et l'arrière pays, au Sud s'ouvrant sur le Sahara. Ceci explique qu'à l'exception de la conquête française, la Berbérie a toujours été conquise soit par l'Est, soit par l'Ouest. La géographie qui explique l'aspect du terrain, explique aussi la formation des nombreux groupements humains originaux.
Voilà pourquoi, de tous temps, avant la présence française qui a été le seul facteur d'union entre ceux-ci, l'unité politique a toujours été compromise. Et à l'évidence, cette unité se déchire depuis notre départ, ce qui ne nécessitait pas d'être prophète pour le prévoir.
--------Tous les partisans de l'Algérie française l'avaient prédit. Mais ils n'ont pas été écoutés car l'action psychologique du gouvernement de l'époque, soutenue par certain médias, portait ses fruits sur une population abusée.
--------Pour ceux qui désirent connaître l'origine de l'architecture actuelle de l'Afrique septentrionale, il faut savoir qu'elle résulte de l'orogenèse (formation des chaînes de montagne) qui suivit les phases de sédimentation ù la fin du primaire et pendant le secondaire, des plissements pendant la seconde moitié du tertiaire et des divers effondrements du quaternaire, qui séparèrent de l'Afrique, à l'Est la Sicile, à l'Ouest la Sierra Nevada, face au mussif du Rit.
--------Le climat, dominé par la pluviosité et l'amplitude des températures, allié à l'érosion et au remblaiement des régions privées d'écoulements cers la mer, ont fait évoluer le relief au cours des millénaires.

A la recherche d'une unité politique du Maghreb
--------Je vous ai dit que l'architecture et le relief de la Berbérie ont compromis, de tous temps, son unité politique alors duc l'activité économique pouvait être un élément fédérateur, sans fusion proprement dite des groupements humains, à partir des terres cultivables et pastorales et aussi des richesses de son sous-sol. Mais c'est méconnaître l'esprit formaliste de chacun des membres des familles tribales qui composent ces groupements humains, attaché à ses particularismes culturels, cultuels ou religieux tout autant que linguistiques.
--------La végétation a évolué au cours des siècles et millénaires. Les forêts ont subi des déboisements importants, couvre des hommes pour leurs besoins en combustibles. La prépondérance de la steppe, composée de végétaux xérophiles adaptés au climat sec, a joué également un rôle primordial dans l'évolution humaine de l'Afrique septentrionale. Elle imposa des conditions de vie différentes, soit en éloignant les tribus sédentaires. les unes des autres, soit en imposant à certaines un nomadisme. L'architecture et le relief de la Berbérie ont toujours favorisé l'occupation rapide du pays par la longue voie de près de 3 000 kilomètres, mais bien mince puisqu'elle n'a pas plus de 150 kilomètres de largeur moyenne. Cette voie s'aligne sensiblement du golfe de Syrte, en Libye,à l'Atlantique, au Maroc. La circulation sur cette trop longue et unique artère s'avère difficile.
--------Nous constaterons que toutes les conquêtes qui se sont succédées ont de ce fait, toujours été perdues, à l'exception de celle de la France dont, par la suite. le gouvernement a préféré, pour d'autres raisons politiques, en direction de l'Est de l'Europe, la livrer à des tueurs à la solde du faible parti que constituait le F.L.N., bien que soutenu de l'extérieur.
--------La disposition du Maghreb n'avait jamais permis la création d'un "Centre géographique" auquel se seraient agrégées les diverses provinces : le Maroc tourne le dos à l'Algérie, le Rif, Maroc septentrional, le Sous. Maroc méridional, la Kroumirie, Confins algéro tunisiens, sont isolés des provinces voisines.
--------Voilà une première explication à la non-fusion des populations et partant, à l'introuvable unité politique du Maghreb

.L'Etat Marocain
--------Pourtant le Maroc est un pays ouvert en dépit des obstacles naturels à la circulation que sont le Rif, le Sahara, l'Atlas et l'Atlantique. Cet océan et la Méditerranée étaient et demeurent des voies d'échanges et. par là, des voies de peuplement possible. Le Maroc ne fut pas toujours isolé au cours de son Histoire. notamment à l'époque où régnaient sur le Nord de l'Afrique les Almohades, dynastie berbère, de 1147 à 1269- puis plus tard des Marinides, autre dynastie berbère qui régna au Maroc de 1269 à 1465. Pendant ces trois siècles, quelque peu dépassés, le Maroc a été largement ouvert aux influences méditerranéennes, européennes et aussi à celles de l'Afrique tropicale.
Mais les sultans fermèrent aux XVIè et XIXè siècles, les frontières marocaines.
--------Au Moyen-Age, l'histoire du Maroc est unie, quasi intimement, à celle de l'Espagne. La "Reconquista cristiana " fut une des raisons du repli du Maroc sur lui-même : il voyait sur la rive opposée des ennemis religieux, presque décidés à l'envahir. Le Maroc rompit alors toutes relations avec l'Espagne chrétienne et ne devint plus qu'une province de passage et partant, ne s'ouvrant pas au peuplement.
------Par la suite, les étrangers se fixèrent dans les villes qui eurent une civilisation bien différente voire même indépendante de celles des tribus.
------Deux zones se créèrent dont la rivalité fut légendaire : le royaume de Fès et celui de Marrakech, le premier s'appuyant sur le Maroc septentrional, le second sur le Sud et les oasis. Que de batailles ensanglantèrent les gués des rivières Oued el?Abid et Taçaout. affluents abondants du fameux fleuve Oum er Rebia !


------Comment expliquer. malgré ces luttes permanentes au cours de son histoire, la persistance d'un Etat marocain alors que l'Algérie, soumise aux mêmes luttes, n'en ai jamais constitué un, jusqu'à sa conquête par la France et qu'il soit si fragile trente deux années après son indépendance.
------Une histoire du Maroc peut être écrite car il est partie intégrante du bloc septentrional africain. II constitue néanmoins une région géographique naturelle affirmant sa propre personnalité, voire même son individualisme.
------Malgré des luttes fratricides qui n'ont pas de cesse. persiste un Etat marocain car les populations sédentaires finirent par s'unir aux anciens nomades qui se fixèrent dans les plaines, pour s'opposer à ceux venant du Sahara, bien que l'Atlas qu'ils devaient franchir, les neutralisait.
C'est donc cette sédentarité accrue des populations qui est à l'origine de la création et du maintien d'une certaine autorité respectée des Marocains.
------Le Maroc a eu des capitales dynastiques ou politiques. Elles résultaient de besoins locaux, déterminés:
o Tandja ou Tanger, port sur le détroit de Gibraltar. Avant d'être le port franc international actuel, depuis 1962, il a joué, dans le passé. plusieurs rôles. D'abord ce fut et il demeure la sentinelle avancée du Maghreb, vers l'Espagne, l'Europe. Alors qu'elle était administrée par les Phéniciens tenant du littoral syro palestinien, son agglomération fut la ville principale de la Mauritanie occidentale, jusqu'à sa révolte contre le roi berbère Bogud. Elle fut ensuite le chef lieu d'une partie du Maroc septentrional.
o Fès, ville fondée fin du VII, et début du VIII siècles, par Idris 1er a une situation accidentée favorable à sa défense
au centre d'un carrefour stratégique, elle commande les routes allant vers Marrakech. Rabat, Tanger et le couloir de Taza, entre le Rif et le Moyen Atlas. Les maîtres de Fès ont toujours été les maîtres du Maroc : c'est la capitale religieuse, politique, intellectuelle et économique.
o Meknès, nouvelle ville impériale, makhzen, fondée à 1'emplacement d'une vieille cité, à 60 kilomètres de Fès, par Mülây Isrnaïl, sultan de la dynastie Alawite. Capitale de 1672 à 1727, le maréchal Lyautey l'avait destinée à être le noeud ferroviaire du Maroc.
o Marrakech a été fondée en 1062 par Yusuf Ibn Tachfm, pour servir de base aux guerriers musulmans de la dynastie berbère Almoravides. sahariens. dans leurs offensives contre ceux qui pratiquaient "l'Islam perverti". Cette dynastie régna sur le Maghreb et l'Andalousie de 1061 à 1147. Marrakech est la sentinelle du haut Atlas et l'oreille qui perçoit les bruits venant du désert, des oasis et de la montagne. Elle commande les voies de circulation vers Agadir, port méridional sur l'Atlantique. Taroudannt. ville du Maroc méridional et le Draa, fleuve du haut Atlas, coulant du Nord au Sud, puis vers l'Ouest pour aboutir à l'océan Atlantique. Ce fleuve est jalonné de nombreux oasis.
o Dar el Beida. Casablanca. petit port qui devint le principal du Maroc et, sa petite agglomération, sa plus grande ville. La France en fit la capitale commerciale au débouché de la Chaouïa, et une escale vers l'Afrique occidentale.
o Rabat, port sur l'Atlantique à l'embouchure du Bou Regreb, fin d'une grande splendeur pendant le règne de la dynastie des Amohades, de 1147 à 1269. C'est lu capitale administrative du Maroc et un Centre commercial et industriel.
------Le Maroc eut en fait . deux grandes capitales, mais elles étaient excentriques. La légende laisse à penser, mais sans certitude aucune, que Médinas out Duï, gigantesque cité du Tadla qui est la plaine du Maroc occidental, aurait pu être la capitale centrale ; elle aurait été détruite, d'après la légende par les musulmans, religieux guerriers, de la dynastie des Almoravides.
Voici très succinctement l'histoire de cette partie occidentale de la Berbérie qui constitue non pas une entité mais une réalité pleine d'enseignements concrets pour le devenir de cet Etat que forme aujourd'hui le royaume du Maroc, dans sa même et séculaire diversité.

Algérie-Tunisie
------L'Algéric et la Tunisie ont également, chacune, une histoire car toutes deux sont parties intégrantes, avec le Maroc, de la Berbérie, mais aucun obstacle ne les sépare.
------L'histoire de ces deux pays est intimement liée ;ils ont une frontière commune autre que celle qu'auraient pu offrir les montagnes Or, elle ne suit pas les cimes de l'Ouarsenis, ni celles des Aurès. Mais s'il y a des contrastes. voire des oppositions, il faut les chercher audelà des frontières issues des possibilités d'irrigation qu'offrent les eaux du Tell. Grâce à elles, une bande saharienne échappe au désert. II en résulte de nombreuses frontières qui délimitent des centres de vie sédentaire. Cette sédentarité se retrouve autour des oasis, dans le sud.
------L'organisation humaine de la Berbérie a toujours connu, dans les temps les plus éloignés, des nomades et des sédentaires. Les Phéniciens sont à l'origine de ce sédentarisme qu' ils encouragèrent et partant, du développement des villes. Les Berbères partageaient leur existence entre la vie agricole et la vie pastorale.
------Nous pouvons dire aussi que les conditions stratégiques pour la défense des sédentaires commandaient les tracés de certaines autres frontières entre tribus ou groupements de tribus, voire petits royaumes.
------Les capitules berbères, telle Cirta, Constantine, se développèrent à l'époque où les rois numides sédentarisèrent les nomades. Mais elles étaient loin d'égaler celles duc les Phéniciens créèrent. Carthage, notamment ù la fin du IXè siècle avant Jésus Christ.
L'influence de Rome s'étendit. an cours des guerres puniques, à Tébessa, Guelma, Cirta jusqu'à la région de Bône. Mais c'est Carthage qui, tout particulièrement, influença l'ensemble du Maghreb.
------Sétifis, Sétif, est issue de la colonisation romaine. Ville administrative, elle tut bâtie sur cet immense plateau, isolé de la mer. alors que la paix romaine régnait.
Cherchell, l'ancienne Caesaerea ou Césarée, capitale de lu Maurétanie, est un port au pied d'un massif montagneux.
D'un grand prestige culturel, pendant près de quatre siècles, la cille communique avec la grande plaine de la Mitidja.
------Ni les Vandales ni les Byzantins ne construisirent de cités, alors que les Arabes édifièrent en Tunisie. entre mer et montagne, la ville de Kairouan qui fut une base pour leur conquête du Maghreb.
------Carthage fut détruite. mais sa civilisation urbaine demeura : Tunis, grâce à la protection de sa lagune, prit son essor.
------La ville d" el Djezaïr, métropole turque, est devenue la ville principale d'Algérie, sous le nom d'Alger,
------Donc en résumé, nous pouvons dire que le compartimentage géographique, les communications difficiles, l'absence d'un centre naturel imposé par l'architecture du pays, sa structure en fait, sont les causes originelles et conjuguées de l'absence d'unité. S'y ajoutent l'aspect humain qui fait que les nomades se confrontent aux sédentaires, les hommes de la montagne à ceux des plateaux. Des tribus se sont formées groupant des familles ayant même origine, même croyance religieuse et aussi même langue. Parfois un chef, prestigieux, respecté parce que tort et audacieux, parvenait à grouper en une fédération plusieurs tribus et à conquérir ainsi un large territoire dont il devenait le roi. Certains s'opposaient au cours de "rezzous"jusqu'à l'effondrement de l'une des deux fédérations, pour se reconstituer ensuite. D'après certains ethnologues, il semblerait que, par deux fois, les Berbères furent sur le point de réaliser l'unité du Maghreb : au II` siècle, avant Jésus Christ, sous l'aguellid, le roi, Massinissa, et au XIè siècle, après Jésus Christ, par les Berbères eux-mêmes. La première tentative fut annihilée par les Romains, la seconde par l'invasion des Hilaliens, tribus venant d'Arabie centrale.
------II y a bien eu, au cours des millénaires et des derniers siècles, chez les Berbères, des hommes ayant une forte personnalité. D'aucuns ne parvinrent à catalyser la passion des populations indigènes pour les grouper en un Etat organisé, tant administrativement que politiquement. Les raisons ? Je vous les ai exposées : grand nombre de groupements humains, disparates bien qu'issus d'une même ethnie, vivant dans leurs territoires enserrés par la nature, favorisant une dualité entre sédentaires et nomades, hommes des plaines et montagnards.
------Et puis, il faut le dire, les Berbères n'ont jamais su, seuls, développer les ressources naturelles du Maghreb, qui auraient pu procurer les moyens pécuniaires, indispensables à une bonne organisation sociale et politique, fondement de toute civilisation. Qu'ont-ils fait en quarante années de souveraineté alors que le pays était en pleine expansion, après un peu plus d'un siècle de présence ô combien bénéfique, française ?
Arabisation-Musulmanisation des populations du Maghreb
------A l'autorité qui était respectée dans les villes. s'opposaient les Berbères des Montagnes qui, nous le verrons plus tard résistèrent longtemps à l'arabisation. Celle-ci débuta, dans les plaines, avec la dynastie Alide des Idrisides. fondée par Idris 1er au VIIè siècle. Les descendants de cette dynastie sont considérés comme les seuls héritiers du Prophète par les Chiites "légitimistes", musulmans qui appartiennent à l'une des branches du Chiisme (alawite, druze, duodécimain, ismaélien, zaydite , par extension) né du schisme de Musulmans qui contestèrent la succession d'Abü Bakr à Ali.
------Très rapidement et sommairement. je vous dirai qu'Ali était l'époux de Faluna, fille du Prophète Mahomet (Mohammed en Arabe), fondateur, en 622, en Arabie, de la religion musulmane. Mahomet est mort à Médine en 632.
------Ali fut assassiné en 661, à Küfa dont il était le 4ècalife.
------Le Sunnisme "l'orthodoxie" est le courant majoritaire de l'Islam. La religion islamique repose sur la parole d'Allah, révélée au Prophète, par bribes, à la Mecque, et écrite, plus tard, en langue arabe : c'est "Le Coran" qui comporte 114 Sourates ou Chapitres. Elle s'appuie sur une tradition "Hudith" se rapportant aux actes et aux décisions du Prophète Mohammed ainsi qu'à sa Sounnah ou manière de se comporter.

Gaston Bautista